zaOza, la rareté n’est plus ce qu’elle était
zaOza, la plate-forme d’échange payante de Vivendi a engrangé 600 000 utilisateurs, vise l’équilibre pour la fin 2010, et va bientôt lancer une déclinaison en Allemagne.
Il faut un certain courage, de nos jours, pour parier sur la valeur des contenus dématérialisés sur l’Internet. Et il faut sans doute un peu de folie pour proposer un réseau d’échange de musiques, de photos, de vidéos et de jeux, avec des limitations, un droit d’entrée payant, comme s’il s’agissait de prendre sa carte de membre à un club de masochistes ! Voilà pourtant résumé zaOza, filiale à 100% de Vivendi. Lors de sa présentation en février 2008, le concept faisait déjà figure d’iconoclaste, et pour les connaisseurs, il avait un arrière goût de Vizzavi, ce portail multi-plateformes tant vanté par Jean-Marie Messier en pleine bulle financière de la nouvelle économie, et depuis tombé dans l’oubli le plus total.
Et pourtant, il semblerait qu’il se passe quelque chose du côté de zaOza. Aussi surprenant que cela puisse paraître, le modèle est en cours de validation, et plusieurs annonces sont prévues la semaine prochaine. Première bonne nouvelle, zaOza rapporte de l’argent. Le chiffre exact n’est pas public, mais Cédric Ponsot, le patron à bord, affirme que le service a attiré 600 000 utilisateurs, dont 350 000 comptes payants depuis son ouverture. "Une grande majorité sont actifs et paient 3 euros par mois", souligne-t-il. L’objectif d’un équilibre financier pour la fin de l’année prochaine en France est plus que jamais possible donc, d’autant qu’entre temps, zaOza lance une v2 de son site et une application pour iPhone. "70% des utilisateurs de notre service le sont à partir de leur téléphone mobile", indique Cédric Ponsot. Une version allemande du site est aussi en préparation.
Valeur de la rareté
Pour faire simple, en acquittant ce droit d’entrée fixé à 3 euros par mois, renouvelable chaque mois sans obligation, l’utilisateur du service zaOza peut piocher dans un réservoir de contenus - environ 20 000 éléments sont disponibles en permanence - et les échanger avec ses amis, à condition qu’ils soient aussi membres. Raffinement dans le masochisme, à l’heure de Facebook et des réseaux P2P, zaOza ne permet en moyenne que 5 échanges par contenu !
Une stratégie bien étrange... Alors que tous cherchent une solution pour valoriser la création dans une économie des réseaux, caractérisée par la profusion de l’offre et sa totale gratuité pour celui qui se donne les moyens d’aller fouiner dans le darknet, zaOza a fait le pari d’un retour de la valeur des contenus par la rareté !
L’accent est mis actuellement sur les jeux vidéos. Pour la plupart, il s’agit de petites productions, parfois distribuées en exclusivité sur zaOza. Les droits sont négociés en amont avec les ayant droit. Et zaOza s’adapte à tous les schémas. Une rémunération peut être calquée sur l’échange du contenu, sa vente, ou même au titre d’une co-production du contenu avec la filiale de Vivendi. L’unique contrainte étant que ce reversement à l’ayant droit ne doit pas excéder les 3 euros par utilisateur, sinon le modèle devient inopérant.
Vivendi avait annoncé vouloir atteindre le demi million d’abonnés pour la fin de l’année dernière. L’objectif n’a pas été atteint, mais zaOza n’a pas été rayé d’un trait de plume comme Vizzavi.
- Clefs
- C. ponsot iPhone J.M. Messier P2P vivendi
