Protéger les arts et défendre la culture
Lors de ses voeux au monde de la culture, Nicolas Sarkozy a clairement revendiqué le rôle traditionnel sous la V ème République du chef de l’Etat protecteur des arts et défenseur de la culture.
Un rôle qu’il a assumé en annonçant sous les applaudissements que les crédits du Ministère ne feraient l’objet d’aucun gel budgétaire en 2010 « la culture étant une réponse à la crise ».
Là où le président était le plus attendu , c’était sur son appréciation des mesures proposées par la mission Zelnik.
Une appréciation globalement positive puisqu’ il a clairement approuvé quelques une des mesures phares du rapport et en particulier la carte jeune musique et au grand dépit des majors sévèrement tancées, la mise en place de systèmes de gestion collective pour développer la musique en ligne.
Ceux qui n’avaient de cesse au moment de la loi Hadopi de prétendre que l’Elysée roulait pour les multinationales devront s’ils conservent un brin d’honnêteté intellectuelle reconnaitre leur erreur.
Le président a aussi en termes forts rappelé qu’il ne transigerait pas sur le respect du droit d’auteur:
« Les modèles économiques doivent évoluer avec les pratiques culturelles mais je reste convaincu qu’ily a des principes intangibles, à commencer par l’exigence du respect des auteurs. Je ne transigerai pas
avec cette exigence, quelles que soient les pressions. Le droit d’auteur n’est que l’expression d’une
nécessité vitale : chaque auteur doit être libre de disposer de sa création. C’est la France qui a inventé
le droit d’auteur. C’est la France qui a porté dans le monde la question de la protection des auteurs. Si
on ne respecte pas le droit d’auteur, il n’y aura plus de création dans notre pays. Il ne s’agit donc pas
simplement de passer de l’ombre de la caverne physique à la lumière du numérique, il faut aussi éviter
que le numérique nous renvoie à l’âge de pierre des rapports humains en spoliant les artistes du fruit
de leur travail. Si certains artistes veulent mettre à disposition gratuitement leur travail, c’est le droit.
Pour le reste, je ne serais pas à la hauteur de mes responsabilités de protecteur de notre culture, si je
ne faisais pas respecter ce droit. Pour cela il faut déployer une stratégie globale. »
Une stratégie globale qui consiste pour le livre à étendre le prix unique de l’univers physique à l’univers numérique et de façon plus large comme l’a suggéré le Forum d’Avignon d’appliquer à la culture numérique la fiscalité indirecte favorable des supports traditionnels.
Quant à Google, le président a demandé que l’ensemble de ses activités soit soumis à l’avis de l’Autorité de la concurrence comme le demandait la mission Zelnik et que ses recettes publicitaires en France soient fiscalement appréhendées .
Une mesure de justice souhaitée par la SACD, car il est temps que cesse l’incroyable discrimination positive dont bénéficient des opérateurs peu respectueux du droit d’auteur qui prestant leurs services dans notre pays échappent sous prétexte d’Internet à l’impôt et aux contributions mises en oeuvre pour financer la création.
Certains à cet égard ont parlé d’enfer fiscal, un mot qu’il devraient manier avec précaution de peur d’être accusés de trop penser au paradis.
Le spectacle vivant a eu le droit à une sérieuse remontrance pour son incapacité à se réformer, à sortir de l’immobilisme et à proposer de nouveaux modèles ,une remontrance tout autant dirigée à l’encontre de l’administration que des professionnels de la profession.
Enfin l’éducation artistique a vu sa nécessité reconnue, le président admettant que ce chantier avait encore insuffisamment progressé.
Le discours était dense, mais comme toujours en politique, c’est sur les actes qu’il faudra juger en espérant qu’une vision globalement juste se traduira par des mesures concrètes positives pour les créateurs en réalisant l’objectif prioritaire de démocratisation de l’accès à la culture
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