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L’industrie musicale peut-elle vivre du streaming ?

Le 03 Février 2012 dans So_cult’ par Philippe Astor

La part du streaming dans les revenus des artistes et des producteurs de musique promet de croître de manière significative dans les années qui viennent. Mais le streaming est loin d’être rentable pour tout le monde, et se voit souvent décrié pour la faible rémunération qu’il procure. De nombreux efforts devront encore être fait, pour empêcher la concentration de ce marché entre les mains de quelques plateformes internationales, et favoriser une bien plus grande diversité dans la consommation des catalogues.

Le dernier album Mylo Xyloto de Coldplay est disponible sur Spotify depuis mercredi matin, alors que le groupe anglais avait volontairement « blacklisté » les sites de streaming lors de sa sortie dans les bacs et en téléchargement il y a quelques semaines, pour ne pas cannibaliser ses ventes. Il en va de même de tout le catalogue de Bob Dylan, qui a fait un retour en force sur Spotify après en avoir longtemps été banni. Mais ni les Black Keys, ni Adele n’ont renoncé pour l’heure à ce blacklisting des plateformes de streaming. « Les artistes ne voient pas le bénéfice financier qu’il y a à travailler avec Spotify », a déclaré Paul McGuiness , manager de U2, lors de son intervention au Midem fin janvier.
« Spotify est finalement une bonne chose, a-t-il dit, souhaitant une large adoption du service. [Mais] est-ce un moyen de monétiser la distribution ou un canal de promotion ? Pour le moment je suis enclin à le traiter comme un canal de promotion. » Pas au point, cependant, de le privilégier lors de la sortie d’un album : « Je préfère l’envoyer à un DJ dans une grande station de radio, […] ce sont des gens avec qui nous travaillons depuis longtemps », a déclaré le manager de U2. Pour le guitariste-chanteur des Black Keys, Daniel Auerbach, « [Spotify] est un truc cool à utiliser si vous êtes dans un nouveau groupe et que voulez vous faire entendre. Mais si vous êtes un groupe déjà connu qui souhaite vivre de la vente de ses enregistrements, ce n’est vraiment pas l’endroit où se trouver. »

Quelques dizaines d’écoutes pour un téléchargement

Le streaming est pourtant aujourd’hui le principal levier de développement du marché numérique de la musique enregistrée sur nombreux territoires. En France, il a pesé près de 40 millions d’€ en 2011 (+ 73 % sur un an), soit une part du marché numérique de 36 %, selon les chiffres rendus publics par le SNEP en début de semaine à Cannes ; contre 56 millions d’€ pour le téléchargement (+18,4 %) et une part de marché de 51 %. Si ces taux de progression se maintiennent, le streaming pourrait peser 69 millions d’euros en 2012, contre un peu moins de 67 millions d’euros pour le téléchargement. De quoi anticiper un basculement rapide du marché numérique vers le streaming ? « On assiste à une segmentation naturelle du marché en fonction des usages », a commenté Pascal Nègre, président d’Universal Music France, lors de la conférence de presse du SNEP. Mais « il est trop tôt pour dire quelle sera la structuration finale du marché », a complété Denis Ladegaillerie, le président du syndicat des éditeurs de phonogrammes français.
Une chose est sûre, la part du streaming dans la consommation de musique en ligne, avec ou sans fil, sera de plus en plus importante. Et se posera tôt ou tard cette question : l’industrie musicale peut-elle vivre du streaming ? « Les revenus du streaming proviennent pour les 2/3 de l’abonnement, or le débat sur sa faible rémunération porte sur le streaming gratuit financé par la publicité », a fait remarquer Pascal Nègre au Midem, ajoutant que « 20 écoutes sur abonnement rapportent autant qu’un téléchargement ». Interrogé sur ce nouvel élément de langage, Denis Ladegaillerie estimait plutôt à 70 le nombre d’écoutes sur abonnement qu’il faudrait comptabiliser pour rapporter autant qu’un téléchargement.
Dans le rapport de l’Hadopi sur le partage de la valeur dans la musique en ligne rendu public en amont du Midem, les auteurs évaluent, sur la base de données de marché agrégées, le revenu moyen par écoute à 0,04 € pour l’abonnement PC + mobile, à 0,02 € pour l’abonnement PC seul, et entre 0,001 € et 0,002 € pour le streaming gratuit financé par la publicité. Avec une part phono de l’ordre de 70 % en moyenne dans la répartition de valeur du téléchargement, toujours selon le rapport d’Hadopi, soit 0,69 € par titre, il faut 18 écoutes pour rapporter autant qu’un téléchargement dans l’abonnement PC + mobile, 35 écoutes dans l’abonnement PC, et plusieurs centaines dans le streaming gratuit.

Un marché porteur pour les majors

D’une manière générale, les majors se félicitent du développement du streaming. « Le développement de Spotify s’est révélé positif de manière incrémentielle et il ne ralentit pas les ventes en téléchargement », a affirmé l’ancien PDG de Warner Music Group, Edgar Bronfman Jr., lors de la conférence D : Dive Into Media du blog AllThingsDigital (WSJ), qui se déroulait le week-end dernier aux États-Unis. Spotify rallonge la durée de vie des titres et devient un vraie source de revenus pour les artistes, a encore argumenté Edgar Bronfman. Des propos en contradiction avec ceux qu’il tenait il y a encore un an, quand selon lui Spotify n’apportait « aucun bénéfice net » à Warner Music.
Pour Rob Wells, responsable de la stratégie globale d’Universal Music dans le digital, qui s’exprimait lors d’une conférence de l’IFPI à Londres il y a une dizaine de jours, à l’occasion de la sortie du Digital Music Report 2012, « l’idée que Spotify cannibalise les ventes est bidon ». Et il rejette aussi cette autre idée que « blacklister » les services de streaming serait profitable en terme de business. Il faut dire qu’au global, le streaming rapporte plutôt bien aux majors ; d’autant que la part phono, de 59 % en France en 2010 sur le gratuit mais de 84 % sur l’abonnement, selon l’étude d’Hadopi, capte l’essentiel de la répartition de valeur. Citant des recherches qui ciblaient quatre artistes maison et leur dernier album, Rob Wells, d’Universal Music, a indiqué à Londres qu’« au cours de la période considérée, chacun de ces artistes a tiré plus de revenus de son album sur Spotify que sur n’importe quel autre service. » Et les perspectives de ce marché sont plutôt bonnes.
Dans ses projections de ventes de musique sur les mobiles dévoilées au Midem, Informa Telecom prévoit une montée en puissance significative du streaming, dont la part de marché sur les mobiles passerait de 9 % en 2010 à 25 % en 2016 (sur un marché de 12 milliards de dollars) ; avec pour conséquence une stabilisation durable de toutes les autres sources de revenus (sonneries, téléchargement, ringback tones) autour de 8 milliards de dollars en 2016 à l’échelle mondiale. Or c’est sur le mobile que le streaming est le plus rémunérateur.

Effet Facebook

Leur intégration à Facebook depuis quelques mois, qui leur permet de toucher plus de 800 millions d’internautes dans le monde, va également favoriser l’adoption par le plus grand nombre de services comme Rdio, Deezer ou Spotify. Depuis quatre mois, 5 milliards de chansons ont été "échangées" entre les utilisateurs de ces services de musique en ligne sur le réseau social, a dévoilé au Midem Dan Rose, vice-président de Facebook en charge des partenariats. Le rapprochement avec Facebook a considérablement aidé Spotify à recruter plus de 3 millions d’utilisateurs aux États-Unis depuis son lancement outre-Atlantique. Et le champion suédois affiche un taux global revendiqué de conversion de ses utilisateurs actifs en abonnés de 20 % aujourd’hui, contre 15 % au mois de novembre dernier, selon PaidContent UK.
Tous ces services de streaming profitent par ailleurs de l’intégration à Facebook pour se lancer dans une ruée à l’international qui pourrait changer en profondeur le paysage de la musique en ligne dès 2012, et faire croître la part du streaming dans l’économie mondiale de la musique enregistrée. Deezer vise une centaine de territoires en Europe, en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie du Sud-Est. A peine arrivé aux États-Unis, Spotify lorgne déjà sur d’autres territoires en Europe (Allemagne, Autriche, Suisse...), mais aussi en Asie, Australie, Nouvelle-Zélande. La même fièvre saisit des challengers comme l’américain Rdio, qui a ouvert en Allemagne et en Autriche, quand le rachat des actifs internationaux de Napster va permettre à Rhapsody de pénétrer en Allemagne et au Royaume Uni. Sans oublier le petit français Qobuz, qui s’est lancé en Suisse, en Belgique et au Luxembourg.

Concentration à tous les étages

Ce mouvement de fond, cependant, risque de favoriser les artistes mainstream et les fonds de catalogue anglo-saxons des majors. Le streaming ne profite pas de la même manière à tous les artistes, a reconnu Rob Wells, d’Universal Music, lors de la conférence de l’IFPI à Londres : « Nous avons effectué beaucoup d’analyses au cours des six derniers mois sur la valeur que les artistes ou des genres musicaux spécifiques peuvent tirer des services sur abonnement dans le monde, par rapport à d’autres modes de consommation. Et [elles] ont presque toutes démontré que certains genres et certains artistes voyaient cette valeur s’infléchir beaucoup plus rapidement que d’autres. » Sur Facebook, la prime des titres les plus échangés, qui sont aussi les plus écoutés par les internautes sur les plateformes de streaming partenaires, va sans surprise au hit parade. « Nous avons regardé le top 100 des titres échangés, et cela ressemblait beaucoup à ce que vous pouvez trouver dans le Top 100 de Billboard », a indiqué Dan Rose à Cannes.
Le vice-président de Facebook pointe cependant quelques exceptions, avec des artistes qui sans avoir une notoriété internationale, sont portés par un fort ancrage local : « Skrillex en est un exemple. Ce n’est pas vraiment un artiste qui figure dans le top 10, mais deux de ses chansons étaient dans notre classement. C’est là que l’on peut mesurer la vraie puissance des choses à ce niveau. Il ne s’agit pas seulement de renforcer la notoriété des chansons que tout le monde écoute déjà, mais de permettre aussi à des artistes d’être découverts d’une manière qui n’avait jamais été possible jusque là à cette échelle. » Ces exceptions ne font cependant que confirmer la règle. Même si les services de musique en ligne favorisent la consommation d’une plus grande diversité de références, s’en remettre à des exceptions au rouleau compresseur du mainstream ne suffira pas pour garantir cette diversité et un accès de tous au marché du streaming, dont le gâteau promet de grossir très vite, mais devra être partagé par une multitude croissante d’artistes et de labels craignant de n’en percevoir que les miettes.

Barrières à l’entrée

La « personnalisation de masse » et la « révolution des formats » chères à l’analyste Mark Mulligan, venu partager sa vision au Midem, font probablement partie de la solution. Et nombre des nouveaux formats dont il appelle la création de ses vœux s’appuieront sur des applications musicales innovantes capables d’exploiter les API (interfaces de programmation) des plateformes de streaming, qu’il s’agisse de mettre en avant la discographie d’un artiste ou le catalogue d’un label auprès de publics cibles. Mais il faudra aussi lutter contre la concentration du marché du streaming aux mains d’une poignée de plateformes internationales, en abaissant ses barrières à l’entrée pour des acteurs de taille plus modeste, qui souhaiteraient adresser des marchés locaux ou de niche et travailler des catalogues plus difficiles et plus diversifiés, dont la visibilité reste encore aujourd’hui extrêmement faible. Un objectif que compromet largement la fragmentation des répertoires d’œuvres musicales entre grandes sociétés d’auteurs européennes, laquelle impose désormais de s’adresser à de multiples guichets « uniques » pour obtenir des licences auprès de l’ensemble des auteurs et des éditeurs, pas seulement au niveau pan-européen mais également national. Mettre en place une gestion collective des droits voisins, ce qui pourrait faciliter l’obtention de licences auprès des artistes et des producteurs – une idée à laquelle les artistes-interprètes de l’ADAMI et les labels indépendants régionaux de la fédération CD1D n’ont pas renoncé -, ne changerait malheureusement rien à l’affaire.

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16 Commentaires

  1. Basta le 4 février 2012

    Cet article est honteusement partial, vous êtes un vendu au système des majors.Des artistes crèvent du streaming, vous feriez mieux d’y penser un peu plus au lieu de vous gargariser avec ce style pédant qui sent le ptit four du midem. Pitoyable



  2. @yvesriesel le 4 février 2012

    Je ne sais pas si on peut dire que cet article est partial. Ce qu’il dit sur le rouleau-compresseur du mainstream dans les abonnements populaires survient simplement tard ici : ne s’est pas ce qu’on a lu sous la plume de PA depuis deux ans, ce qui aurait été utile à la reflexion générale. Je me permets de rappeler que je le dis depuis très longtemps dans le désert. Mais pour la solution (car il faut en trouver UNE !) cet article s’en remet finalement aux solutions de « personnalisation de masse » et de « révolution des formats », cad, comprenez-le, au modèle du gentil Spotify, ses API et ses apps pour trouver une réponse. Imaginatif.

    Alors que, la segmentation c’est et ce sera tout autre chose, si le but est de créer des revenus sérieux pour les artistes et leurs producteurs dans les domaines des répertoires fragiles et des artistes en développement et des indépendants.

    Bref, ce qui est gênant ici je ne sais pas si ce sont les petits fours. Mais c’est la prime au plus friqué qui semble toujours devoir avoir inéluctablement raison d’abord et en premier lieu, même quand les faits lui donnent tort rapidement derrière.

    Ainsi va le monde, et ainsi vont surtout les analyses des futurs business-models de la musique, un peu comme les supputations et prédictions des spécialistes au moment d’une élection qui en fin de compte accouche de rapports de force différents de ceux qui étaient communément imaginés.



  3. Philippe Astor le 4 février 2012

    @basta, cet article est surtout une analyse de l’état actuel du marché du streaming (je ne vois pas en quoi il serait partial), il dit clairement que si ce marché est porteur, il profite surtout aux majors à l’heure qu’il est, et qu’il faudra en faire baisser les barrières à l’entrée, pour de nouveaux opérateurs de services et pour une plus grande diversité de catalogues, afin d’éviter qu’il ne se concentre entre les mains de quelques plateformes et gros labels. Je n’ai pas honte de ce que j’ai écrit, ni ne me sens pitoyable :-).

    @yvesriesel, je te renvoie à tout ce que j’ai pu écrire sur mon blog digitaljukebox.fr sur Zdnet depuis non pas 2 mais 6 ou 7 ans, tu serais surpris. Ma réflexion sur le sujet est bien plus nuancée que ce que tu avances. Pour en venir au fond, je penses que tu fais une erreur fondamentale : celle de négliger ce qui fait la véritable force de Spotify (au delà de sa capacité à lever des fonds, et à réaliser des montages financiers ultra-optimisés sur le plan fiscal, ce que je suis le seul à avoir démontré dans une enquête à laquelle peu de journalistes se sont livrés). Cette force, elle repose sur le développement d’un véritable logiciel, en pur code, lui aussi ultra-optimisé et qui met à profit le P2P, logiciel qui fournit une expérience musicale qui n’a pas d’égal aujourd’hui. Et ce ne sont pas les petits bidouilleurs de javascript, php et consorts, qui ne savent pas faire autre chose que s’appuyer sur le cœur d’un navigateur, qui vont pouvoir s’aligner. Ni chez Deezer, ni chez Qobuz. Je suis abonné à des services de musique en ligne depuis 2005, j’ai utilisé Rhapsody, Napster, Yahoo Music Unlimited, Deezer, Qobuz et pour finir Spotify. Tu peux sonder la diversité des catalogues que j’écoute sur Spotify sur mon profil Last.fm (last.fm/makno). C’est un excellent outil (le meilleur, de mon point de vue) pour sonder en profondeur les catalogues, et l’introduction de nouvelles applis dans le logiciel ne fait que rajouter à cette force. C’est l’innovation logicielle qui donnera un nouveau souffle à l’industrie musicale, peu importe les business models qu’il y aura derrière. Et cette innovation logicielle peut favoriser la diversité. Je l’ai déjà écrit il y a longtemps. J’en suis convaincu. Je prêche dans le désert depuis plus longtemps que toi :-).



  4. antanof le 4 février 2012

    @Philippe encore une fois et comme beaucoup dans le monde de la muique, vous utilisez le terme innovation alors que ce n’est pas son sens ici. Quand vous parlez du logiciel utilisé par Spotify il faut parler d’OPTIMISATION, qui n’a rien à voir avec l’INNOVATION. Par contre l’innovation vient des créateurs (des artistes :)) ou plutôt un travail conjoint entre artistes et chercheurs.Ces "modèles" présentés comme innovants ne sont portés que par des business men ou des marketeux, ils sont à des années lumières de ce que pourrait représenter une application innovante.Merci pour l’article :)



  5. @yvesriesel le 4 février 2012

    tu persistes, et @antanof a raison. Les applis ouvertes d’un Spotify ou autre, quelles que soient les qualités techniques de ce dernier, tout-à-fait incontestables bien sûr, c’est pour le cuisinier la possibilité d’aller faire ses courses chez Metro avec le référencement Metro comme unique capacité de choix, et pour ce cuisinier d’avoir le droit de customiser l’assiette, de mettre un brin de persil ou trois tomates-cerises sur le coin de l’assiette. Libre à toi et à d’autres de penser que c’est suffisant pour ne pas décevoir tes/leurs amis sur Last.fm ou ailleurs. C’est pas mon avis et pas celui d’autres amateurs de musique ici et ailleurs, et c’est pourquoi nous sommes des légions à espérer de la musique en ligne autre chose que le mainstream. Ce qui paraitrait insupportable en matière de littérature ou d’Art plastiques, la dictature du mainstream, devrait être râgout obligatoire en musique ? Ben non ! Bonne soirée. Y



  6. Vive le streaming le 5 février 2012

    Le streaming y compris gratuit va dans la bonne direction càd enfin faire baisser le cout pour le consommateur et fini de nous prendre pour des vaches à lait



  7. Philippe Astor le 5 février 2012

    @yvesriesel, je crois qu’on mélange tout. Pour moi Spotify c’est avant tout du logiciel, un embryon d’OS musical, quand Qobuz ou Deezer sont des services, qui monteront peut-être un jour sur Spotify. Pour l’instant le mainstream y prédomine, mais il se passe beaucoup de choses en profondeur. Les abonnés explorent beaucoup plus les catalogues. Leur diversité de consommation est réelle. Et les quelques applis qui viennent de voir le jour les assistent considérablement. Spotify est un OS musical (son noyau, dirons-nous) sur lequel vont se développer toute sortes d’applications qui rémunèreront bien mieux les artistes que le streaming seul. Est-ce qu’à ce titre c’est une vraie innovation logicielle ? Je laisse antanof en juger... Il y a des alternatives libres à Spotify, comme Tomahawk, mais il ne peut pas y avoir 36 systèmes d’exploitation pour la musique.



  8. Guillaume le 5 février 2012

    Ah, Philippe ! Tu prêches dans le désert et pourtant je ne vois que cette option - l’avènement d’un écosystème technologique - encore envisageable pour cette industrie du disque qui n’a pas su se réinventer avec la disparition du support physique, de sa chronologie, circuits de distribution et modes de consommation et qui finalement laisse la porte grande ouverte à d’autres (pour peu qu’ils aient effectivement les moyens financiers de se développer et de s’imposer).

    Disons que Spotify va sans doute ouvrir la voie à d’autres formes de développement, de monétisation et d’utilisation de la musique en ligne mais légales cette fois-ci, contrairement aux années P2P. S’il ne tombe pas d’ici là dans l’escarcelle d’un Facebook ou autre Big Four ou qu’il ne soit victime d’un changement d’humeur des majors...

    Personnellement, je ne crois pas encore au streaming étant donné la petitesse des catalogues disponibles (et là, je rejoins Yves en ce qui concerne les niches : la mienne - la musique de films - étant le parent pauvre du numérique, qu’elle qu’en soit la forme) et surtout au vu des tarifs pratiqués : comment peut-on imaginer une seule seconde généraliser des abonnements à 10 € par mois dans chaque foyer de France ? Mais un plus fort maillage technologique (entendez : une disponibilité et une interaction décuplées) pourrait déboucher sur d’autres formes de revenus pour les producteurs, artistes et distributeurs.



  9. sir.chamallow le 6 février 2012

    pas un mot sur SoundCloud ? Je n’aime pas Spotify pour divers raisons. A l’heure actuelle je n’écoute que du streaming via Grooveshark & SoundCloud. Après et depuis le temps qu’il nous ... hein bon, je me demande quand est ce que les majors HIMSELF lanceront leur propre service de streaming légal, au lieu de cannibaliser à moindre frais les nouvelles Start-ups.

    Un artiste à l’heure du digital (oui bon, numérique) ; et, quand viendra arrivée la fin du CD, n’aura plus besoin d’un distributeur (comme UniversBullshit). Dans quelques années des CMS comme Wordpress, Joomla, Prestashop verront le jour pour version musicale avec des monnaies virtuels comme le bitcoin et pour ce qui est de la redistribution des revenus, ça seront fait pars des softs comme ceux de HubicMédia ; et à partir de ce moment précis, les Maaaaajjjjoooorrrrr seront deads. D’ici rigolons tous ensemble en admirant la fin de ce système de caisses noirs.

    Quand à M.Nègre il à déjà un pied dans la tombe (Hadopi etc.), et parle devant un mur (ou mirroir).rock’n’roll !



  10. yt75 le 6 février 2012

    Le concept abonnement à catalogue ça pue, dit depuis longtemps :http://iiscn.wordpress.com/2011/06/...

    Quant à :"La « personnalisation de masse » et la « révolution des formats » chères à l’analyste Mark Mulligan, venu partager sa vision au Midem, font probablement partie de la solution. Et nombre des nouveaux formats dont il appelle la création de ses vœux s’appuieront sur des applications musicales innovantes capables d’exploiter les API (interfaces de programmation) des plateformes de streaming"

    Du charabia techno geek marketeux merdique, rien de plus.

    Ce qu’il faut pour la musique, et le reste, c’est ça :http://iiscn.wordpress.com/2011/05/...



  11. Spaminator le 7 février 2012

    Tout le monde ce tape complétement de tes spams, yt75 aussi bien ceux du coté du partage que du coté des ayants droit, donc ARRÊTE DE SPAMMER.



  12. yt75 le 7 février 2012

    @spaminatorBah non pas tout le monde vois tu, mais c’est sur les geekounets flicaillons ramollis dans ton genre pas beaucoup qui comprennent vraiment, mais quand même certains ! ;)



  13. yvesriesel le 7 février 2012

    @Philippe Astor Rien contre la prospective ou les idées neuves, mais je persiste à dire que le modèle que tu esquisses c’est celui de Coca Cola (pour filer encore la métaphore) avec son sirop frabriqué centralement et des usines d’embouteillages un peu partout qui assurent aussi le marketing local. C’est juste culturellement effrayant. Que Spotify veuille faire cela c’est son droit d’essayer. Mais je trouve extrêmement choquant qu’on puisse y applaudir, alors qu’au contraire il faudrait le combattre. Mais bon, si tu et d’autres estimez que vous n’avez pas dejà assez des majors du web existantes, et que vous en voulez d’autres, c’est votre vie et votre tête qui a le droit de le penser et de le défendre.

    Quand je pense à la musique demain moi, j’essaie toujours de me rappeler comment je me suis battu pendant 25 ans avec cette saleté de F**C qui ne voulait pas m’acheter mes disques, non pas parce que ils étaient plus invendables que d’autres (enfin, pas toujours !) mais parce que ils n’avaient pas la bonne étiquette dessus. C’est cette liberté d’accès qui personnellement m’interesse et pour laquelle il y a tant à faire dans l’internet musical - quelque soit ton pessimisme. Et c’est même pas un combat de niche. Cela concerne vraiment beaucoup, beaucoup de clients d’amateurs de musique dans le monde. Et cela touche AUX CONTENUS ce dont les istes de musique en ligne des majors du Web se tapent.

    Voilà pourquoi j’arrive au bureau ce matin, avec plein de courage, constatant que le CA augmente, et que des gens ici vont toute la journée s’occuper de musique, la qualifier, la promouvoir.



  14. yt75 le 7 février 2012

    @yvesriesel"mais parce que ils n’avaient pas la bonne étiquette dessus.""Et cela touche AUX CONTENUS ce dont les istes de musique en ligne des majors du Web se tapent."

    Intéressant, pas sur d’avoir bien compris la dernière phrase ?Mais il est clair que pour qu’un environnement "ouvert"(mot usé jusqu’à la corde) puisse exister pour le contenu, que ce soit musique ou autre, cela veut dire aussi, ou d’abord, des systèmes de références partagés et "distributeurs d’étiquettes" vraiment ouverts associés. Que les "techos" passent cela au deuxième plan n’est pas étonnant, l’informatique (cad informaticiens) étant en plein syndrome paroxystique du "cordonnier toujours le plus mal chaussé" à ce sujet (pour elle-même), et le danger associé est que ces espaces de références deviennent propriétaires, un peu comme les "video ID" youtube(google), ou les ASINs Amazon, alors que les "vannes" des distributeurs d’étiquettes communs pourraient tout à fait être ouvertes en grand, pour permettre un environnement du type :http://iiscn.wordpress.com/2011/05/...(et vrais nouveaux entrants dans chaque rôle, rééquilibrage pourcentage, etc)



  15. Spaminator le 8 février 2012

    @yt75

    Oui c sur t’es tellement suivi, tellement intéressant que tu spam encore pour avoir encore 1 ou 2 personne qui seront d’accord avec toi ’LOL’ vous serez quatre ou cinq, SUPER.

    Contrairement à ce que tu pense je dis pas ça par ce que je veux absolument pas ta méthode de censeur mais tu mets tes SPAMS sur tout les blogs, forums, site de news et chaque fois c la même chose et à la fin c lourd/chiant toujours le même message inutile. Tu y arrivera jamais comme ça a avoir ton élan populaire pour convaincre les politiques que "toi" et toi seul à la solution.



  16. Spaminator le 8 février 2012

    @yt75

    Pourquoi tu demande pas à Electronlibre, Numerama, PCi, Le Monde, ZNet, Ecrans, Dieu sait ou tu post tes spams de t’accorder une interview pour que tu montre comme t’es intelligent, on pourra en débattre une bonne fois pour toutes et toi tu arretera comme ça tes spams



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