iPhone 3G, Apple égare la Magic Touch ...
On l’attendait depuis un an. l’iPhone 3G n’est pas le digne successeur du premier modèle, mais un appareil bancal conçu pour ne pas déplaire aux opérateurs de télécommunication et se vendre pas dizaine de millions à bas prix. Un comble pour Apple !
Le paradigme Apple n’est pas des aisé à décoder. En premier lieu, cette entreprise vole de succès en succès depuis plusieurs années, faisant trembler à chacune de ses annonces les concurrents, relégués au rang de simple caisse enregistreuse ou vil copieur de l’audace des équipes menées par Steve Jobs. Cette trajectoire célébrée par les marchés comme par les plus sévères experts, qui ne peuvent que louer la "fulgurance" du concept iPod, ou bien de l’inventivité d’un système d’exploitation comme OS X, s’appuie néanmoins sur un savant dosage technologique et une conception radicale. Avec l’arrivée d’iPhone, pourtant, cette équilibre semble se rompre. Pour la première fois depuis longtemps, Apple manque sa cible. Alors oui, comme on le dirait d’un film mineur d’un grand réalisateur, l’iPhone 3G surpasse la concurrence, mais il n’est pas l’étincelant appareil auquel on pouvait s’attendre de la part d’Apple : la faute à trop de choix technologiques douteux.
Rendons tout d’abord à César ce qui lui appartient. Les opérateurs de télécommunication, comme Orange en France, sont largement responsables de la déconfiture de l’iPhone 3G. A force, en effet, de répéter que l’avenir, du moins le leur, passait pas l’adoption sur les mobiles, tous les mobiles, de la 3G, il semble qu’Apple ait eu la faiblesse de céder à ce discours lancinant. Une erreur, une faiblesse, qui coûte chère à l’utilisateur. Car pour quelques secondes gagnées sur le chargement d’une page Web, ou l’utilisation d’une application nécessitant une communication data, l’autonomie du mobile devient des plus faméliques. Alors, il est vrai que l’iPhone 3G peut se targuer d’être sur ce point aussi (peu) performant que les autres appareils du marché, il n’en reste pas moins que l’on pouvait espérer de la part d’Apple plus de clairvoyance. Attendre une génération de plus que les puces "radio" et les batteries fassent des progrès conséquents, notamment.
Système pas finalisé
La 3G aujourd’hui n’est pas adaptée aux téléphones mobiles, alors que le Edge, qui équipe le tout premier iPhone conserve encore une marge importante de progression... On peut également regretter qu’Apple n’est pas d’entrée proposé une gestion intelligente de la 3G sur le système d’exploitation de son bijou multi-touch. La 3G donne en effet de bons résultats sur le téléchargement d’une page Web, mais n’est absolument pas nécessaire pour passer un coup de fil... A ce propos, le pataquès autour du bridage des débits par Orange sur la 3G est révélateur du malaise et de l’ignorance des opérateurs en la matière - orange n’a jamais vraiment su ce que ses clients faisaient avec la 3G, malgré les tombereaux de publicités déversés depuis plusieurs années pour vanter les avantages de cette technologie. Et pour cause, visiblement peu d’abonnés 3G l’utilisait à fond !
Le système d’exploitation de l’iPhone intitulé 2.0 est également à ranger du côté des déceptions. Les espoirs, les attentes sont douchés par les bugs à répétition (dans le désordre : applications qui refusent de se lancer ou de s’installer, lenteur du carnet d’adresse, ou bien iPod qui se déclenche lorsqu’on insère un casque...). Visiblement, Apple a livré un OS encore en version de développement pour être dans les temps. Et il conviendra donc de juger de l’efficacité et de la stabilité de cet élément après de prochaines mise à jour...
Bref, une fois n’est pas coutume, et comme le dit ironiquement le slogan apposé pour la sortie de l’iPhone 3G ("l’iPhone que vous attendiez"), Apple a suivi le courant, répondu favorablement aux requêtes des uns et des autres, comme les opérateurs et quelques fondus de la mobilité, mais a perdu quelque peu sa religion. Celle qui place l’utilisateur au coeur de l’innovation, mais en affirmant une totale indépendance aux canons ordinaires, et aux méchantes habitudes de l’industrie.
