iPad : 4 millions de ventes en 2010 et plus de 400 000 en France selon GFK
On savait le buzz déclenché par la rumeur iPad. Puis la couverture médiatique de l’annonce qui a suivi, mais il manquait un indice important : comment l’iPad a-t-il été reçu par les consommateurs, et quels sont ceux qui seraient intéressés par un achat ? GFK France lève un coin de voile avec une enquête que nous dévoilons en avant première sur le Net. Et le moins que l’on puisse dire, c’est bien qu’encore une fois, Steve Jobs a réussi son coup...
CELA DEVIENT une habitude. Lors du lancement de l’iPhone, les retombées en terme de budget de communication pour Apple avaient été estimées à près de 500 millions de dollars par les agences spécialisées. Avant même que la firme ne lance son appareil, le monde entier des médias lui avait déjà consacré de pleines pages ou des émissions entières. Cela se chiffre, et le résultat est décoiffant.
Pour l’iPad, les chiffres sont encore plus impressionnants, car, cette fois, la société présidée par Steve Jobs s’attaque à un marché quasi-inexistant : les tablettes. Personne n’a jamais réussi à séduire le grand public avec ce type d’appareil. L’iPad représente donc un défi autrement plus difficile à relever que l’iPhone, qui n’était finalement qu’une suite logique de l’histoire des smartphones.
GFK France a donc réalisé en un temps record une étude sur l’impact de la présentation d’iPad par Steve Jobs sur les consommateurs. Et les résultats sont plutôt intéressants, et préfigurent certainement le succès que l’engin pourrait rencontrer une fois dans le commerce. "Avant même sa mise sur le marché, le iPad d’Apple semble en bonne voie pour suivre la voie tracée par ses ainés iPod et iPhone", explique d’emblée GFK France.
Notoriété

Premier indice mesuré, la notoriété de la tablette. Quarante-huit heures après l’annonce de Steve Jobs la notoriété de l’iPad atteint 76%, un résultat très encourageant : « 75,90% de notoriété pour un produit qui n’est ni lancé ni promotionné est indéniablement une nouvelle superbe leçon de marketing de la part de Apple », analyse Alexis Helcmanocki, directeur du Pôle Telecom, IT & Consumer Electronics chez GFK Custom Research France. Le tour de force d’Apple réside encore une fois dans sa faculté à créer « malgré lui » un taux très élevé sans avoir à dépenser un centime en communication. Habituellement, une notoriété aussi élevée est le fruit d’une campagne de publicité lourde et coûteuse.
La couverture média dont a bénéficié la présentation de l’iPad a permis de toucher toutes les cibles de consommateurs. Ce ne sont pas les plus technophiles qui ont repéré l’événement en direct de San Francisco, mais « bien la quasi-totalité de la société française » confirme Alexis Helcmanocki - avec cependant une montée en puissance très forte dans la communauté des clients d’Apple. Les foyers qui possèdent au moins trois appareils Apple ont ainsi été submergés à 94% par iPad. Plus intéressant encore, « les taux [de notoriété] restent très forts sur des strates de la société à priori plus éloignées du produit, comme les séniors ou les foyers ruraux », souligne GFK. Ce qui confirme bien que l’iPad est le premier maillon d’une nouvelle génération d’appareils qui est en rupture brutale avec l’informatique telle qu’on la connaissait jusqu’à présent. Et cela pour le bien et l’intérêt des populations qui se vivaient exclues du numérique.
Intentions d’achat

Passons maintenant au morceau de résistance : est-ce que l’iPad va être un succès commercial ? Et sur ce point, les données recueillies par GFK méritent un examen approfondi. Sur l’échantillon de 1000 internautes interrogés par l’institut français, 27% se déclarent récalcitrants à l’iPad, mais 61% se laisseraient bien tenter. Et mieux, 12% sont prêts à passer à la caisse direct. Là encore, les foyers qui possèdent déjà un mac prennent de l’avance avec 89% d’intentions d’achat dont 28% de « Oui, certainement ». Néanmoins, encore une fois, les intentions d’achat restent très élevées dans les autres segments de population, aussi bien chez les femmes que chez les personnes âgées.
Le message délivré par Steve Jobs a marqué. L’iPad c’est avant tout un produit que l’on a envie d’essayer, de voir, et qui répond à un vrai besoin (lire à ce sujet La Fin du Web Episode 5). Ce qui est encore malheureusement trop rare pour certaines avancées technologiques dans le monde de la high-tech. L’iPad va servir, car ce qu’il fait n’est pas hors de portée de monsieur ou madame tout le monde, mais bien pile dans leurs envies : parcourir le web comme on lit un journal, répondre à un mail, ou regarder des photos sans contraintes techniques. « Ce que traduisent ces chiffres d’intentions d’équipement, et c’est peut être l’enseignement principal de ce sondage, c’est que l’iPad est bien compris en terme des bénéfices d’usage qu’il peut apporter, et ce, même s’il devra créer un nouveau segment de marché, celui des tablettes, qui jusqu’à ce jour n’a pas réussi à percer. Le succès incontestable des netbooks [ventes France 2009 estimées par GfK : 1.1 million d’unités] confirme que le marché est prêt à accueillir des nouveaux formats », renchérit Alexis Helcmanocki.
Avec des résultats aussi impressionnants pour un produit qui a été simplement aperçu dans une vidéo sur l’internet, l’institut GFK se mouille en estimant le marché pour 2010 à 4 millions d’unités dans le monde et entre 400 et 450 000 unités rien qu’en France. Si cette prophétie se réalise, Steve Jobs aura réussi son pari haut la main. A condition que les moyens de production suivent le rythme...
