auFeminin.com : "nous voulons maintenir notre leadership en Europe"
Entretien avec Bertrand Stephann, PDG du groupe auFeminin.com depuis novembre 2007, à l’occasion de la présentation des résultats 2008.
- ElectronLibre : Vous avez présenté le 9 mars, à la clôture de la Bourse, le résultat annuel 2008 du groupe auFeminin.com. Quels sont les éléments clés de ces résultats ?
Bertrand Stephann : En 2008, auFeminin.com enregistre un résultat opérationnel de 9,5 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 24,7 millions d’euros, en hausse de 10 % par rapport à l’année 2007, ce qui représente une rentabilité opérationnelle de 38,5 % pour l’année 2008. Nos bases financières sont solides : auFeminin dispose de capitaux propres de 38 millions d’Euros, d’une trésorerie excédentaire de près de 16 millions d’Euros au 31 décembre et, n’a aucune dette.
- EL : Le visage de la concurrence a-t-il changé ?
BS : Oui, l’internet féminin se modifie. En 2007, à mon arrivée chez auFeminin.com, un nouveau site dédié aux femmes était lancé chaque jour. Cette tendance est totalement évanouie aujourd’hui, ce qui est dû au contexte économique et à la difficulté de lancer un site féminin. Meetic, par exemple, souhaitait se positionner sur ce marché, mais a finalement changé d’avis. Aujourd’hui, l’internet féminin n’est plus une affaire de start-up, mais un véritable marché de poids lourds des médias, ce qui montre combien internet est aujourd’hui considéré comme un média sérieux et puissant. Parmi nos concurrents, je citerai Lagardère (Elle.fr, doctissimo.fr, Psychologies), qui enregistre un peu plus de 11 millions de VU par mois, Bertelsmann (brigitte.de, chefkoch.de) avec 4,5 millions de VU et CondéNast (Vogue, Glamour, etc) avec 2,5 millions de VU par mois contre 20 millions pour AuFeminin.
- EL : Votre résultat opérationnel est en recul de 27 % par rapport à l’année précédente. Est-ce la conséquence des investissements que vous avez réalisés en 2008, notamment pour conquérir les marchés européens (voir ElectronLibre du 30 septembre 2008) ?
BS : C’est en effet la conséquence directe des efforts que nous avons faits pour asseoir auFeminin.com en Europe. Nous avons notamment développé nos filiales en Allemagne et au Royaume-Uni, acquis Onmeda.de en Allemagne (pour 5,4 millions d’euros ndlr), développé notre offre éditoriale, avec le lancement de Joyce.fr, une nouvelle version de Santé-az.fr et lancé Marmiton en Italie et en Espagne. Nous avons aussi relancé notre audience, avec une nouvelle formule des sites auFeminin.com et goFeminin.de en Allemagne. Aujourd’hui, le chiffre d’affaires réalisé en Europe représente 26 % de notre chiffre d’affaires global, contre 15 % en 2007. Et notre chiffre d’affaires à l’international sur la publicité en ligne a augmenté de 74 %. Nous avons traduit SmartAdServer, notre logiciel de gestion de campagnes publicitaires, en allemand, en anglais et en espagnol, ce qui explique ces bons résultats. En 2008, SmartAdServer a enregistré une croissance globale de 43 % et la moitié de nos nouveaux clients ont été recrutés à l’étranger.
En termes d’audience, nos efforts sont payants puisque, en Europe, nos sites reçoivent 17,7 millions du visites uniques par mois.
- EL : Comment la conjoncture économique et financière a-t-elle influé sur votre activité ?
BS : Il est vrai que nous attendions un chiffre d’affaires plus élevé en 2008, notamment en France, où il a finalement reculé de 11 %. Nous avons, comme beaucoup d’acteurs économiques, souffert d’un contexte économique vraiment tendu sur la fin de l’année. Mais nous ne sommes pas découragés pour autant, car nous voyons à long terme.
- EL : En janvier, vous avez annoncé la création d’auFeminin Network. De quoi s’agit-il ?
BS : auFeminin Network reunit auFeminin Brand, c’est-à-dire les sites publiés par le groupe (auFeminin.com, Marmiton, onmeda.de, sante-az.fr et Joyce.fr) et auFeminin Partners, soit une trentaine de sites, notamment des blogs féminins, comme Pénélope Jolicoeur, Mon Blog de fille, Soit Belle et Parle, Papilles et Pupilles, etc. Tous sont leaders sur la mode, la beauté ou la cuisine. auFeminin.com se fait la vitrine de ces sites et leur fait profiter de son statut d’acteur le plus fort du marché. Avec auFeminin Network nous sommes devenus la régie publicitaire incontournable pour les annonceurs qui ciblent les femmes.
- EL : A quoi ressemble la nouvelle formule d’auFeminin.com ? Cette initiative a-t-elle été payante en termes d’audience ?
BS : La nouvelle formule, lancée au troisième trimestre 2008, est plus interactive, plus moderne. A mon sens, elle fait une concurrence sérieuse aux magazines féminins imprimés. Notre audience a progressé d’environ 10 % sur l’année, dans un environnement plus concurrentiel. Nous estimons avoir encore une grande marge de progression, puisque Comscore estime à 280 millions le nombre d’internautes européens, dont la moitié de femmes. Nous avons encore du public à conquérir.
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- EL : Quels sont les axes de votre développement futur ?
BS : Pour 2009-2010, notre ambition est de maintenir notre leadership européen. Et de poursuivre le développement des outils publicitaires que nous avons inaugurés récemment. En effet, nous proposons depuis peu aux annonceurs un ciblage par mots-clés ou encore par catégorie socio-démographique. Nous souhaitons aussi développer auFeminin Network, en recrutant notamment de nouveaux partenaires en Europe. Comme en 2008, nous voulons poursuivre notre développement, en dépit d’un marché publicitaire faible et d’un contexte économique un peu incertain.
