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auFeminin.com entre nouvelle formule et développement international

Le 30 Septembre 2008 dans Web 1,2,3 par Anne-Laure Puyfaucher

auFeminin.com, success story du net depuis 1999, vient d’inaugurer une nouvelle formule. Bertrand Stephann, PDG du groupe depuis décembre 2007, nous raconte l’actualité de ce portail leader sur le marché européen des magazines en ligne destinés aux femmes.

- EL : Quels sont les axes forts du nouveau auFeminin.com ? Pourquoi cette nouvelle formule ? - Bertrand Stephann : La formule précédente, lancée il y a deux ans et demi, était un peu datée. C’est le cycle d’évolution naturel d’un site internet, nous avons donc offert un nouveau graphisme plus moderne et plus tendance au portail. Depuis sa création par Anne-Sophie Pastel et Marc-Antoine Dubanton, le site fonctionne selon deux axes complémentaires : une partie magazine et une partie communautaire. Nous avons imaginé une formule encore plus interactive, qui réponde aux besoins et aux interrogations de nos internautes. La partie communautaire a été enrichie de modules interactifs (chat vidéo, outils pratiques on-line, guides vidéos, etc) et nous donnons de la visibilité à notre équipe éditoriale, qui anime à présent un blog de la rédaction. Cette interactivité a un très fort potentiel : nous avons pu, après le lancement de la nouvelle formule, profiter des réactions immédiates des internautes pour faire quelques ajustements ou expliquer nos choix.
En presque 10 ans, le magazine s’est enrichi d’environ 15 000 articles sur des sujets variés (mode, cuisine, santé, beauté, etc). Il fallait donner plus de visibilité à ce contenu. Nous avons développé un nouveau sommaire, plus ergonomique, ajouté de nouvelles rubriques (Déco et Nos hommes). La refonte du site français est une première étape ; elle précède celle de nos portails italiens, espagnols, allemands, etc.

- EL : Les sites féminins se multiplient. Qui sont vos principaux concurrents ?
- BS :Effectivement, les magazines féminins investissent de plus en plus internet. Notre concurrent direct est le groupe Lagardère, qui non seulement détient le magazine Elle et le site associé, mais a aussi acquis doctissimo.fr. En juillet, Doctissimo et auFeminin étaient au coude à coude, avec 7 millions de visites uniques, toutefois, auFeminin.com reste plus fréquenté, avec 180 millions de pages vues contre environ 140 pour doctissimo.com. Les autres magazines comme Glamour ou Cosmo développent aussi leurs efforts même s’ils sont loin de nos audience. Mais ce sont des marques fortes, qu’il ne faut pas négliger. Nous travaillons notre marque, avec une nouvelle base-line "l’avenir est féminin" et une nouvelle identité visuelle, qui représente un réseau de femmes et met l’accent sur la dimension communautaire.

- EL : La conjoncture économique est difficile, le marché publicitaire recule, les prix sont sous pression. auFeminin.com est-il à l’abri, de par sa position de leader des médias européens destinés aux femmes ? - BS : Le contexte publicitaire est en effet vraiment difficile, les annonceurs sont nombreux à couper leurs budgets publicitaires. Certains continuent cependant à acheter des espaces sur le web, qui présente l’avantage d’être moins cher que les autres médias. Toutefois, nos bases financières sont saines. Pour le premier semestre 2008, auFeminin.com affiche un chiffre d’affaires consolidé de 12,5 millions d’euros, ce qui représente une croissance de 10 % pour les 6 premiers mois de l’année.

- EL : Quid de Smart AdServer, le logiciel de gestion de campagnes publicitaires lancé en 2000 ? - BS : C’est un outil très fort, brillamment imaginé, qui fait le lien entre les annonceurs du web, le plus souvent des agences médias, et les éditeurs de sites. L’algorithme sur lequel il est fondé permet de mettre en ligne dans les 30 secondes après son achat une campagne publicitaire. Cette immédiateté est une grande force, SmartAdServer a aujourd’hui plus de 1 000 clients en France. Il est en outre moins sensible aux fluctuations du marché publicitaire. Il a de belles perspectives de développement à l’international.

- EL : auFeminin continue de se développer. Vous venez d’acquérir, par l’intermédiaire de votre filiale allemande goFeminin.de, le portail Onmeda, n°1 santé en Allemagne. Ce développement à l’international est-il le socle du développement futur d’auFeminin ? - BS : Depuis le rachat d’auFeminin.com par le groupe Axel Springer en juin 2007, la priorité est donnée au développement international. Il représentait 12 % de notre chiffre d’affaires en 2007, 20 % pour le seul premier semestre 2008. Nous avons pour objectif de dépasser le tout virtuel et le modèle totalement centralisé des débuts, pour avoir des interlocuteurs solides dans les pays où nous sommes présents. Nous avons développé des filiales en Angleterre et en Allemagne. En Angleterre, 20 % des dépenses médias des annonceurs vont sur internet. C’est un marché important, sur lequel il est crucial d’être correctement représentés. En Allemagne, notre filiale vient en effet d’acquérir Onmeda, ce qui accroît la notoriété de gofeminin.de, notre site allemand.

- EL : Quelles sont les perspectives de développements ? L’internet mobile ? - BS : Nous poursuivons le développement de l’existant, avec un effectif renforcé (une centaine de collaborateurs depuis l’intégration des équipes d’Onmedia) et le renouvellement de notre site santé français, Santé AZ. En outre, nous avons lancé notre site sur l’internet mobile, avec un partenariat avec SFR sur Vodafone Live. Ce mini auFeminin.com enregistre plusieurs milliers de visites par jour, et il ne fait aucun doute que sa fréquentation augmentera.

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