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Universal Music, le champion européen de la grosse commission

Le 16 Juin 2009 dans So_cult’ par Emmanuel Torregano

Virgin Media et Universal Music s’apprêtent à lancer une offre par abonnement de téléchargement de musique. L’opérateur dit négocier avec d’autres labels dans un contexte de lutte contre le piratage, voulu par le gouvernement anglais.

Comment faire payer très cher les opérateurs de télécommunication lors de l’ouverture de services de téléchargement de musique ? Sans aucune promesse de retour sur investissement, bien évidemment. C’est un nouveau record en la matière que vient d’établir Universal Music, le numéro un mondial de la musique, et accessoirement le meilleur maître chanteur des opérateurs de télécommunication. Virgin Media s’apprête en effet à lancer un service de téléchargement de musique pour un prix forfaitaire au mois. Selon plusieurs sources, le prix à payer pour le client qui souhaiterait en bénéficier serait compris entre 10 et 15 livres. Mais, le montant de la somme garantie exigée par Universal pour l’accès à son catalogue se chiffre en millions de livres.
La technique est parfaitement connue, mais en rappeler les grands principes nourrit autant l’âme que de redécouvrir les raisons sous-jacentes des coups de pinceaux exécutés par Michel Ange sur le plafond de la Chapelle Sixtine. En premier lieu, les majors alliées à des groupes de pression lourdement armés de stars vont mener une guerre politique aux opérateurs. Accusés, à juste de titre d’ailleurs, d’être les portes-avions du piratage. Ce pilonnage en règle est bien souvent suivi d’effet. Une médiation est établie par les gouvernements locaux dans un esprit d’apaisement. En France, il y a eu différentes chartes, puis les accords de l’Elysée, pendant qu’en Angleterre on a tenté d’instaurer un "gentleman agreement" entre les maisons de disques et les opérateurs.

Flop de l’abonnement

Des mesures législatives ne sont jamais trop loin après coup. "Création et Internet" en est le plus parfait exemple, mais pour les politiques, ce tour de vis ne peut se concevoir sans une contre-partie. Il s’agit, le plus souvent, d’expliquer aux industriels de la culture qu’il est impératif alors de développer l’offre légale. L’argument est à double tranchant puisqu’il permet tout d’abord au politique de passer pour un rusé négociateur, tandis que les majors s’en servent pour acculer les opérateurs.
Les chiffres sont éloquents. Depuis le premier accord du genre, noué entre Universal et Neuf Télécom, l’industrie du disque en France a perçu près de 20 millions d’euros d’avances garanties auprès des opérateurs de télécommunication. Ces sommes forfaitaires peuvent être étalées sur des durées allant jusqu’à trois ans. Ainsi, Neuf avait versé près 1,2 million d’euros à Universal Music en 2007, et Orange aurait mis près de 6 millions sur la table pour le lancement d’Orange Max. SFR agit de même sur ses offres de musique sur les portables 3G. Bref, c’est la foire aux avances sur la musique dématérialisée. Seulement, le filon commence à se tarir. En effet, les opérateurs sont bien moins disposés à verser de l’argent pour voir, sans retour. Car, ces offres d’abonnements ont toutes pour caractéristique commune d’avoir fait un flop commercial plus ou moins important.

Protections anti-copie

Il est temps pour ces majors qui couvrent de leur activité plusieurs continents, d’aller exporter un modèle qui les a bien enrichies. Universal, encore, a ainsi signé avec BSkyB en 2008, pour lancer une offre par abonnement. Cependant, il n’est pas évident d’avoir une idée juste de la somme que Virgin a payé à la major. Le modèle possède quelques nouveautés qui empêchent les extrapolations directes. En premier lieu, la possibilité offerte aux clients d’avoir un un accès illimité à un catalogue de fichiers MP3. Autrement dit, débarrassés de protections anti-copie, et donc facilement échangeables sur le réseau. Cependant, ces fichiers sont certainement marqués, ce qui les rend également identifiables. Universal avait déjà tenté l’expérience en France avec SFR, déclenchant l’ire des autres maisons de disques. Là encore, une forte somme avait été exigée, aux alentours de 3 millions d’euros, pour ouvrir l’accès au catalogue. Cependant, le service n’était accessible qu’à partir d’un téléphone portable et pour une durée limitée. Avec Virgin, cette fois, il s’agit d’un vrai téléchargement à partir d’un ordinateur. Ca se paie ! Neuf et Universal avaient envisagé de lancer le premier service du genre, avec une offre de fichiers sans DRM. L’opérateur était prêt à payer plus de 4 millions d’euros pour l’occasion, mais Universal Music n’avait pas été plus loin. Bref, Virgin a certainement mis sur la table près de 5 millions de livres, ce qui explique en partie le prix élevé de ce service. Trop élevé diront certains, pour qu’ils rencontrent un succès auprès du grand public, mais, est-ce là véritablement leur objectif ?

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2 Commentaires

  1. Val le 2 juillet 2009

    Ok. Je vais plus télécharger, mais je jure de ne plus acheter jamais un disc. Qu’ils aille crever les vauturs



  2. géro-west le 27 août 2009

    http://www.myspace.com/gerodid bonjour je vous fait parvenir mon adresse myspace pour vous faire découvrir se que je fait j’écris les paroles et musique de mes chansons. merci en espérant avoir de vos nouvelles.



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