Table ronde Orange, Free et Canal+, sur le financement à l’heure d’Internet
Première table ronde d’importance pour les Rencontres Cinématographiques de Dijon. Sont présents, Xavier Couture, le patron de la division contenu d’Orange, Maxime Lombardini, le Dg de Free, Rodolphe Belmer, son homologue de Canal+, et Marc Tessier pour Glowria, ainsi que Emmanuel Gabla du CSA. Animé par le réalisateur Radu Mihaileanu et Pierre Jolivet.
14H27 : Présentation de la table ronde, une présentation du sujet. "Toute invention provoque le chaos, mais il ne faut pas craindre ce chaos", Radu Mihaileanu.
14H33 : Pierre Jolivet, raconte comment chacun a eu peur dans le cinéma, lorsque la télévision est arrivé, qu’on a craint pour sa perte, mais ce ne fut pas le cas. Canal + est arrivé, et "c’est un partenaire formidable". Tous les 20 ans, il y a un grand rendez-vous, et aujourd’hui c’est Internet. "C’est important pour un tas de raisons, et pour la démocratie".
14H35 : PJ, "Dans la dernière élection présidentielle, le mot culture a complètement disparu des programmes. Il va falloir faire avec, et inventer un nouveau modèle sans l’appui des politiques.
14H40 : Incroyable ! Maintenant le public a droit à un schéma sur le fonctionnement d’Internet. Digne d’une formation des années 90... Affligeant. Les présentateurs voulaient montrer que les routeurs sont en France et que donc ils sont sous le coup de la loi !
14H43 : Question sur les difficultés des relations entre le cinéma et C+, choses nouvelles... RB, "On est à un moment crucial. Le cinéma français et C+ se portent bien et même très bien, mais on est face à un enjeu qui n’est pas mince, et il va falloir qu’on bosse sur les modèles économiques". "Comment on va adapter le modèle de C+ à cette aire nouvelle du digital ?". Internet implique un rapport nouveau au payant - c’est l’univers du gratuit - et un nouveau rapport au choix".
14H47 : RB, "demain on pense que nos abonnés vont s’abonner à un univers Canal. C’est un modèle qui a de la valeur pour l’avenir". "Quand on regarde ce que les gens consomment sur Canal à la demande, à 80% c’est Desperate Housewives... Ca nous navre aussi, mais c’est comme ça"."Celui qui est à même de faire de la préconisation, de la recommandation dans les choix des clients, a une valeur". "Canal se construit par le cinéma, et la réciproque est évidemment valable".
14H59 : RM remercie Belmer de n’avoir pas utilisé les mots illimités et gratuité, car "nous ne pouvons pas valoriser nos oeuvres dans un univers de gratuité et d’illimité". Economie de la rareté quand tu nous tiens !
15H01 : XC, "Internet est né dans la gratuité". Les pieds dans le plat, ça s’appelle. "La gratuité est une imbécilité, mais qui a trouvé des aides chez les éditeurs de contenus mêmes... Comme dans la presse. Mais encore faut-il que si l’on veut faire payer, nous aillons des marques fortes". XC, revient sur l’affirmation de Belmer, que ce sont les séries que veulent les internautes, "mais tant mieux car cela veut peut-être dire que le film mérite mieux que ce mode de consommation". XC, montre que les marques C+ et Orange cinéma séries sont montées sur une volonté éditoriale forte, qui en fait leur valeur. "L’idée est là de faire payer le consommateur. Etre dans un système complètement administré n’aurait pas de sens". Tout ça pour vaincre la gratuité et la piraterie qui sont des "virus" ! "Dans 10 ans tout le monde aura des écrans à disposition, et derrière les acteurs ne s’intéressent pas à l’exclusivité française, nous, Orange, le sommes, et nous sommes à vos côtés, contre les Google, Apple, et Microsoft".
15H11 : Première question sur la chronologie des médias. RB, "le marché va se structurer par fenêtre, et la VOD a sa propre économie. Comment on continuer à se donner de la valeur à la fenêtre de 12 mois (modèle Canal) ? Il faut qu’on arrive à transposer cette fenêtre sur Internet." "Comment on va exploiter au mieux les droits pour avoir un visionnage sur la TV ou sur le PC, selon ce que choisit l’abonné".
15H16 : RB, "on s’est toujours battu pour que chacune des fenêtres ait sa propre économie, et pas qu’elle viennent empiéter les unes sur les autres. C’est de l’économie, et croyez moi, l’économie c’est notre truc" !
15H17 : Première question à Maxime Lombardini, "où vous situez-vous dans cet univers ?". ML, "il n’y a plus de pénurie de canaux de distribution.". Enfin c’est Free qui pose la base de l’économie de la rareté, et aujourd’hui l’internet a donné au consommateur "une plus grande liberté". Ca donne plus d’abonnés à Canalplay, et il y a des aspects qui sont moins positifs, comme le piratage. "Le téléspectateur a un peu repris la main".
15H21 : ML, "le vrai enjeu pour nous, main dans la main avec les éditeurs de contenus, c’est de trouver des services plus intelligents. Nous n’avons pas la même vision de la gratuité. La chronologie ne parait pas très moderne, elle est là pour sauvegarder des modèles anciens plutôt que de susciter des nouveaux modèles". "Elle est encore très perfectible, c’est dommage de bloquer des films à 4 mois en salle".
15H24 : ML, "on est le premier distributeur des chaînes Canal+, hors de Canal+ lui-même". "Le piratage affecte surtout les films US". "On n’est pas contre la vente, on est des marchands, on serait heureux même de distribuer un jour Orange Cinéma séries".
15H27 : ML, "on est vraiment dans des mondes tellement opposés. Il y a déjà des gens qui proposent très bien des films et des offres Vod. Il n’y aurait pas de sens pour nous d’être un concurrent de Canal". "Nous n’avons pas les moyens. ET c’est pas pour faire un mauvais procès à Xavier, mais on a fait cette analyse, et on s’y tiendra". "On a des réseaux, ils sont efficaces, et c’est ce qu’on sait faire, mais pas des chaînes de télévision".
15H30 : Une question plaidoierie d’un étudiant "vous ecartez le telechargement mais ma generation a un rapport a la culture different, c’est réel il faut pas le nier". Réponse de RM Hadopi a une vocation pédaogique, et suis l’exemple des lois sur la route qui ont diminué le nombre de morts...
15H35 : Marc Tessier, "Il ne faut pas que l’industrie du tuyau se mêle de le VOD, et c’est tant mieux. Ils doivent laisser la porte ouverte". "Il faut que les offres de VOD cinéma se développent dans une urgence absolu, car les offres modes, comme la catch-up se développe très vite, et c’est ravageur".
15H44 : XC, "la fonction d’éditeur de contenu, elle a pour mission de participer à la création en amont. Cette abondance, cette mise à disposition des oeuvres, c’est bien, mais c’est une économie a posteriori, mais il y a aussi une économie a priori. Orange CS va pré-financer 20 films cette année".
15H46 : MT, "mais est ce qu’un film financé par Orange peut être distribué ailleurs que sur Orange, c’est une question fondamentale !" XC n’a pas répondu, il n’a pas eu la parole.
15H58 : PJ, long plaidoyer sur la régulation et que c’est possible. "demain on pourra ordonner la création mondiale".
16H02 : XC, Orange se montre favorable à une taxe sur Google, accusé de facturer un milliard aux annonceurs français depuis l’Irlande...
16H05 : Emmanuel Gabla, membre du CSA. Parle du cadre de la télé rattrapage (catch-up) sur lequel il travaille. "Problématique de défense des droits, au niveau européen". "Quand ouvrir la catch up ? 7 jours après la diffusion sur les antennes ? Et pour quelles oeuvres ? Peut-être pas le cinéma ; on l’a entendu dire". "On ne vous dira pas quelles décisions on va prendre"... La salle déçue... No he can’t. "Si nous mettons des règles qui ne sont pas suivis par les autres pays en Europe, c’est impossible. Il faut qu’on dessine des solutions avec nos partenaires européens, voire plus loin."
16H15 : Question à Free, "quelle est votre part d’investissement dans les contenus ?" Réponse de ML, "130 millions d’euros en 2009. La somme est reversée aux chaînes, nous n’avons pas d’autres investissements. Nous ne sommes pas éditeurs".
16H20 : "Si j’étais dans un gouvernement je vous taxerai très fort, car vous nous coûtez très chers !", une pique lancée à Free. Qui se débat en expliquant qu’il ne font pas mieux que les cablo depuis 20 ans. ML, "nul part dans le monde les FAI n’investissent dans les contenus".
16H25 : RB, se lance dans une défense de Free, car il ne fait CanalPlay "qui a une énorme valeur pour l’abonné" qu’avec Free ! Car le danger "c’est l’open Internet".
16H30 : Le débat s’enlise dans un marais de propositions plus ou moins pertinente sur la gratuité, l’accès aux contenus, etc. "la gratuité peut ramener certains au payant", citation du livre d’Anderson sur la free culture par Lucien Véran, universitaire.
16H37 : Une réponse de Frédérique Dumas sur la disponibilité des oeuvres Studio 37, "nos productions sont disponibles sur toutes les plates-formes".
16H46 : Débat toujours débridé, intervention d’une ancienne député anglaise, de Frédéric Goldsmith de l’APC, rien de très intéressant. Conclusion du débat par RM :"zone de non droit, internet, est un signe de maladie d’une société..."
Merci à tous d’avoir suivi.
