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TF1 entre dans le crépuscule

Le 14 Mai 2009 dans Old fashion media par Emmanuel Torregano

Le premier trimestre du groupe TF1 marque une rupture dans l’histoire de la chaîne. Les mauvaises performances du marché publicitaire n’expliquent pas tout. La Une n’est plus ce vaisseau amiral qui traçait sa route sans égard pour la concurrence. Aujourd’hui, TF1 est une chaîne parmi d’autres.

Quelque chose s’est brisé. Sa superbe en berne, TF1 n’est plus que l’ombre d’elle-même. Ironie de l’histoire, cela arrive alors qu’un ami de l’actionnaire Martin Bouygues s’agite à l’Elysée. De TF1, la plus grande chaîne européenne gratuite, il ne reste plus grand chose de comparable avec l’époque bénie où 99 % des meilleures audiences de l’année étaient réalisées par la Une.
Les derniers résultats sont édifiants : le résultat net de la Une plonge de 91% pour s’établir à 6 millions d’euros, et comme prévu, le résultat opérationnel de la chaîne passe dans la rouge à 12 millions d’euros. Sur ce premier trimestre 2009, le chiffre d’affaires consolidé du groupe TF1 est en retrait de 18 % à 538 millions d’euros.
Le premier facteur négatif sur ce premier trimestre est évidemment l’atonie du marché publicitaire. Deux éléments jouent contre TF1 ; d’une part la baisse des audiences de la chaîne, qui ne la rend plus aussi attractive, notamment en prime time ; et d’autre part l’élargissement de la concurrence, à des chaînes de la télévision numérique terrestre mais aussi à d’autres médias, principalement Internet. Bref, TF1 est désormais entrée dans un univers de concurrence plus complexe, ce qu’elle avait réussi à éviter pendant des années, faisant de son modèle une exception dans l’univers des médias européens. Cette fois, l’exception n’est plus de mise, et TF1 devient une chaîne comme les autres, par son audience, sa place sur le marché de la publicité et son impact sur la société. De là à dire que le faiseur de roi n’en est plus un, il n’y a qu’un pas.

Rachat de AB Group

Dans le détail, les recettes publicitaires du groupe ont diminué de 27% sur ce premier trimestre avec 321 millions d’euros de chiffre d’affaires. Tandis que les revenus issus des activités de diversification du groupe, comme la vidéo, le web, le téléachat, sont restées à un niveau stable avec 217 millions d’euros, contre 213 un an plus tôt. Le groupe indique à ce propos que ce sont essentiellement les chaînes thématiques qui ont permis cette légère progression, notamment TMC, qui tient le haut du pavé sur la TNT. TMC appartient aujourd’hui à 40% à TF1, qui serait en discussion pour en prendre le contrôle auprès de Claude Berda en rachetant AB Group, valorisé à 685 millions d’euros. En revanche, "Les filiales Téléshopping et TF1 Vidéo ont, quant à elles, subi le ralentissement de la consommation des ménages", souligne le groupe.
Nonce Paolini, le PDG de TF1 a toutefois encore quelques cartouches à tirer avant de déclarer le sinistre. Il peut en effet compter sur la vente des actions qu’il détient dans Canal+ depuis la cessation du bouquet, pour un montant de près d’un milliard d’euros. D’autre part, TF1 conserve une structure financière saine avec une dette en baisse et peut encore réduire son train de vie, notamment en abaissant son coût de grille. Sur ce premier trimestre, ce dernier était de 228 millions d’euros, en baisse de 3%. Le groupe a d’ailleurs répété qu’il allait intensifier son plan d’économie qui devrait atteindre 70 millions d’euros à terme. Et cela ne sera pas de trop, puisque le groupe a aussi réajusté ses prévisions sur l’année avec une baisse de 13% des revenus et non pas de 9% comme cela avait été envisagé précédemment.

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3 Commentaires

  1. samoth le 14 mai 2009

    j’ai remarqué que TF1 se permet même 3 coupures pub pendant les diffusions de prime time...surement pour remonter la pente, mais ça ne va pas attirer l’audience ça...



  2. bitonio le 15 mai 2009

    Humm, après les majors du disque, les studios cinéma, voilà qu’Internet va tuer TF1. So_bad.



  3. jml le 19 mai 2009

    Trop de Pub, trop de mauvaises émissions, Des JT qui vous promènent au travers de la France pour ne pas parler des vrais sujets.Pas étonnant qu’on se tourne de plus en plus vers le net.



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