Sur la piste d’une monétisation des contenus sur le Net
La gratuité des contenus d’information sur internet semble avoir fait long feu. Dans un rapport à paraître fin mars-début avril, le cabinet NPA Conseil passe en revue les différentes façons de rendre l’accès à l’information payant.
À l’heure où la majeure partie des titres de presse semble encore tâtonner pour trouver un modèle économique viable en ligne, l’institut NPA Conseil a décidé d’apporter sa pierre au débat. Loin des études qui cherchent à connaître la disponibilité du public à payer pour des contenus auxquels il a actuellement accès gratuitement, le cabinet a opté pour une approche plus pragmatique.
Dans « La monétisation de l’information sur les marchés numériques », un rapport à paraître fin mars-début avril, il passera en revue les différentes façons, utilisées par les titres de presse à travers le monde, pour tirer des revenus de leurs contenus en ligne.
En quelques années, la situation de la presse en ligne a fortement évolué. Au début des années 2000, le web est un support encore très nouveau. De nombreux titres l’investissent, parce qu’ils sentent bien qu’ils ne peuvent pas faire autrement, mais sans réfléchir plus avant à un modèle de rentabilité. La stratégie tient alors en une ligne : être présent pour ne pas se laisser dépasser par la concurrence. Le contexte économique relativement favorable permet alors de survivre sans trop de casse sur le réseau des réseaux. Puis, en 2008, la crise financière remet tout en jeu. Le modèle économique – ou son absence – trouve rapidement ses limites. Les recettes publicitaires ne sont pas à la hauteur des atteintes, et mise à part Le Monde Interactif en France, les journaux sont déficitaires sur le Net. Au même moment, l’AppStore d’Apple débarque, et démontre que les utilisateurs sont prêts à bourse délier, notamment lorsqu’ils peuvent obtenir un confort de lecture optimisé.
Picorer
L’arrivée des supports mobiles, smartphones et bientôt tablettes, offre un débouché supplémentaire aux contenus informatifs, et l’occasion de fonctionner différemment. Jusqu’à maintenant, le monde de l’information en ligne avait essentiellement trois modèles : le tout payant, réservé à des médias disposant d’une très forte attractivité, à la façon du Wall Street Journal ; le tout gratuit, comme L’Humanité ; et l’accès gratuit aux informations « chaudes », tandis que les archives restaient payantes (Les Échos).
Rien que sur cette organisation, le curseur peut être déplacé à loisir. Libération, avec mon Libé, a choisi de laisser l’accès aux papiers traitant des faits, tandis que la plupart des articles d’analyse sont payants. Le New York Times a décidé qu’à partir de 2011, ses lecteurs pourront picorer à loisir, mais devront payer au-delà d’un certain nombres d’articles consultés.
Avec cette étude, NPA Conseil espère donner des clés, des méthodes, aux éditeurs de presse. Un tableau exhaustif de la situation, pour leur permettre de tirer leur épingle du jeu économique.
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