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Steve Jobs se paie Google et Adobe

Le 01 Février 2010 dans So_amazing par Emmanuel Torregano

Dans une allocution à l’ensemble des collaborateurs d’Apple réunis, Steve Jobs a évoqué de manière laconique les raisons qui l’ont poussé à exclure Flash de l’iPad. Le patron d’Apple a aussi mis en garde Google, et annoncé l’arrivée d’un iPhone revu et corrigé pour 2010.

Le patron d’Apple est un mec timide. Steve Jobs est aussi un méthodique. Pour éviter les embuches, il prend bien soin de s’appuyer sur des fondamentaux solides et éprouvés. Et quand il décide qu’il est temps d’attaquer, de dégainer contre ses adversaires, c’est avec le sentiment premier d’avoir les bonnes raisons. C’est à peu près ce qui s’est passé lors d’une conversation avec les employés d’Apple qui a suivi la présentation d’iPad.
« Adobe est fainéant », et « Google veut tuer l’iPhone » ! Deux déclarations acerbes lancées par Steve Jobs pour décrire le comportement de ses concurrents directs – deux partenaires également, avec lesquels les relations se seraient largement détériorées depuis quelques mois. Le premier est accusé par le patron d’Apple de ne pas suivre sereinement les orientations logiciel de la firme pour le développement de Flash. Il s’agit d’une technologie très largement utilisée pour diffuser de la vidéo sur le Net. Elle est ainsi le socle de sites comme Dailymotion ou YouTube. Le Flash permet aussi d’obtenir des animations spectaculaires, de réaliser des jeux accessibles directement dans le navigateur, et bien sûr sert à l’affichage des pubs. Et depuis 10 ans que cette technologie existe, son code source n’a jamais été vraiment perfectionné pour les machines à la pomme. Pour Steve Jobs, la raison de ce laisser-aller est tout entier la conséquence d’une mauvaise volonté d’Adobe, qui a tout pour réussir, mais s’y refuse. Adobe avait pour sa part accusé Apple de ne pas lui laisser utiliser des briques logicielles importantes dans son système d’exploitation pour l’optimisation de Flash. En attendant, Apple a bloqué l’utilisation de Flash sur l’iPad, sa tablette magique, comme il l’avait fait sur l’iPhone.

Tuer l’iPhone

Le comportement d’Apple est évidemment critiquable. Le Flash est une composante essentielle de l’internet actuel. Bloquer son accès revient en fait à diminuer largement l’expérience utilisateur. D’un autre côté, Flash est extrêmement gourmand en ressources processeur. Sur une machine Apple, mais aussi sur n’importe quel téléphone mobile, la moindre animation Flash surcharge la machine et donc entraîne une consommation effrénée de la batterie. Devant un tel dilemme, Apple a tranché en évacuant le coupable, on peut regretter que la firme le fasse à la place du consommateur, et ne lui laisse pas le choix a priori.
Le cas Google est bien différent. Apple utilise les services de la firme de Mountain View sur son iPhone. Google Maps remplit parfaitement les critères de qualité d’Apple, à l’inverse d’Adobe. Et l’appel au moteur de recherches Google inclut dans Safari, le navigateur maison d’Apple, est devenu une habitude pour les utilisateurs Mac. Quelle mouche a alors a piqué Steve Jobs ? Toujours devant les salariés réunis, il s’est permis d’accuser Google de vouloir « tuer l’iPhone », pour ensuite affirmer qu’il est hors de question de laisser faire. Fait rarissime, le patron d’Apple s’est d’ailleurs permis d’annoncer que le prochain iPhone serait une mise à jour majeure. La rivalité entre Eric Schmidt et Steve Jobs est donc montée d’un cran, depuis que le Pdg de Google a dû quitter le conseil d’administration de la pomme. Dernière pique symbolique, Steve Jobs s’est moqué du slogan « don’t be evil » de Google, en estimant que c’était « bullshit ». Google avec Android vise certainement le marché de l’iPhone, mais pour l’instant, le public rechigne encore à acheter en masse ce genre de téléphone. Le système d’exploitation conçu par Google réussit plutôt en Asie, sur des appareils vendus peu chers.
Enfin, on ne serait pas tout à fait complet sans évoquer Microsoft, qui à la sortie de la présentation de l’iPad a fustigé la nouvelle création de la pomme, jugée trop fermée. Il est vrai que l’iPad est une sorte de gros iPod Touch, avec une dépendance forte à iTunes et aux serveurs de la pomme pour ce qui est d’avoir accès aux logiciels adaptés, les fameuses App. Mais cela sera l’occasion d’un autre article.

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3 Commentaires

  1.  le 1er février 2010

    Bouh le pauvre Steevy, faut pas se mettre dans tous ces etats.Et oui, premiere nouvelle, il y a de la concurrence sur le marche des telephones, et Google en fait aujourd’hui partie...mais il n’y a pas d’age pour decouvrir la vie.Amusant egalement de voir Jobs sa plaindre en disant "Google veut tuer l’iphone"...quand on connait l’aggressivite du marketing Apple depuis qu’il est revenu aux commandes.Quant-a Adobe, ces arguments a lui aussi, ils sont "bullshit" : si l’ipod et l’ipad sont denues de Flash, c’est pour une seule et unique raison. Que permet flash ? D’acceder a des sites de musique gratuits et legaux, de creer des applications et des petits jeux, et tout cela dans un navigateur...c’est a dire, sans passer ni par itunes ou l’appstore, veritables poules aux oeufs d’or de la firme pommee. Flash permettant une offre complementaire, mais non controllee par Apple, il est evident que Steve voit cette technologie d’un mauvais oeil.Si chez Apple tout est ferme, c’est qu’il y a une bonne raison : pas la simplification pour l’utilisateur, mais bien le profit maximal sur le dos de l’utilisateur...et quand je pense a toutes les blagues qu’on racontait sur Microsoft (genre la bagnole MS qui roule qu’avec de l’essence MS, etc...)



  2. Jean le 2 février 2010

    J’ai installé ClickToFlash sur Safari. Toutes les petites séquences Flash sont bloquées. Plus de pubs qui s’agitent dans les coins, le web est beaucoup mieux et ça ne m’empêche pas d’accéder a des sites de musique gratuits et légaux. Pas besoin de ça. Même que ceux qui fonctionnent sans Flash sont plus rapides que l’interface lourdingue de Deezer.

    Enfin ceux qui disent que l’iPad est un système fermé, je leur conseille d’aller lire le billet que Joe Hewitt a laissé sur son blog à ce sujet… entre autres. Tout est dit. Et lui au moins sait de quoi il parle ; il est développeur : “Software engineer from Santa Cruz, CA. Some of his work includes Facebook for iPhone, Firebug, iUI, and early Firefox.”



  3. Georges le 2 février 2010

    Interessant, cependant ici il est question de Mobile Safari, pas de Safari tout court. Grace a l’excellent ClickToFlash que mentionne Jean, on a d’ailleurs le choix sur MacOS (Flash / pas Flash). Par contre sur iPhone OS, c’est Saint Steve et lui seul qui decide de ce qui est bon pour nous...donc dans tous les cas, ca marche pas et on n’a rien a dire.

    Bon billet egalement de Joe Hewitt, bien qu’il ne contredise aucun point concernant la fermeture du systeme. Fermeture qu’il reconnait d’ailleurs bien volontiers, mais qu’il tempere en exposant comment il a fait pour s’en accomoder...c’est son choix, et c’est tout ce qu’il y a de plus respectable.

    La ou il y a hypocrisie, c’est dans le discours de M. Jobs, qui avoue carrement qu’il a volontairement ferme l’ecosysteme d’iPhone OS "afin de proteger l’utilisateur et de lui apporter une experience la plus intuitive possible"...c’est vraiment trop gentil, mais on n’en demandait pas tant. Un bien beau discours commercial qui, s’il n’est pas faux en soi, est bien la pour masquer le fait qu’un tel ecosysteme, s’il est bien gere (ce qui est le cas ici) est une veritable manne financiere ou tout est cree pour maximiser le nombre de fois ou le client va ouvrir son porte-monnaie.

    M. Jobs n’est pas un philantrope, c’est un commercant. Il est la pour faire prosperer sa boite, c’est son metier, et il faut bien reconnaitre qu’il excelle dans ce domaine.

    Petite note pour la route, si Steve est a ce point-la remonte contre le Nexus one, c’est que l’appareil doit etre vraiment pas mal...il faudra que je l’essaye. Merci du tuyau Steevy ! ;-)



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