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Stéphane Natkin : "Certains patrons français du jeu vidéo mériteraient des cours de capitalisme."

Le 23 Janvier 2010 dans Gaming par François Bliss de la Boissière

Auteur de l’essai Jeux vidéo et médias du XXIe siècle, professeur et membre du conseil d’administration du Conservatoire national des Arts et Métiers, le directeur de l’école du jeu vidéo d’Angoulême continue de nous dresser, dans un long entretien, un panorama culturel et économique du jeu vidéo. De ses élèves de l’ENJMIN aux patrons du jeu vidéo qui mériteraient eux aussi, selon lui, quelques cours d’économie d’entreprise… 2E PARTIE : LE JEU VIDÉO, UN SYSTÈME DE PRODUCTION À REVOIR…

Electron Libre : Les productions interactives vendues en magasin sont très conservatrices. Les mécaniques de jeu, les "raisons" d’interagir répètent des procédures déjà bien anciennes. Les prototypes créatifs, qui existent, que vous développez notamment avec vos étudiants, ne se transforment pas en produits commerciaux. Qu’est-ce qui bloque ?- Stéphane Natkin : Le mode de financement ! Il n’y a pas de production indépendante dans le jeu vidéo. Ça commence tout juste. Quelques-uns sont autoproduits. Une des raisons de l’éclatement actuel du jeu vidéo, et qui ne peut plus durer, vient du système de production bâti sur des éditeurs. La capacité de distribution en ligne est en train de faire éclater tout ça. À l’IGF de San Francisco [festival annuel du jeu vidéo indépendant, ndr], une quantité de jeux assez extraordinaires a été présentée. Quelques uns se sont vendus. Certains, tellement bien, que des éditeurs ont récupéré les équipes pour faire autre chose, comme les créateurs de Rag Doll Kung Fu devenus le studio Media Molecule à l’origine de LittleBigPlanet chez Sony. Donc ça va venir. Vous aurez peut-être, comme dans le cinéma, des productions indépendantes osées à 3 francs 6 sous, et puis vous aurez des productions comme Assassin’s Creed à 9 millions d’euros… L’un n’empêche pas l’autre.

EL : Les passerelles avec le monde financier, l’économie, ne font pas partie des éléments que vos étudiants apprennent dans leur cursus jeu vidéo ? - SN : Ils apprennent la production, ils apprennent comment aller chercher un minimum d’argent pour créer un jeu vidéo. Mais je ne fais pas un cours sur la façon de monter une société de jeux vidéo, non. Bien entendu il y a quand même une relation entre les professionnels et nos élèves puisque dans tous nos jurys de projets à l’ENJMIN, des pros du jeu vidéo viennent observer des projets qu’ils ne verraient pas dans leurs entreprises. Ça leur donne des idées qu’ils ne développeront pas tel quel en produit commercial, mais ça leur permet de trouver des créatifs. Et puis de temps en temps certains jeux ont une chance d’être produits. Après, comment nos élèves gèrent avec leur créativité dans un univers assez standardisé, qui répond avec un minimum de risques à l’attente du marché, c’est l’histoire de tous les créateurs. Vous sortez de la Femis avec plein d’idées sur le cinéma 35 mm et puis vous êtes obligé de vous adapter.

EL : Le 13 janvier dernier le fondateur d’Infogrames/Atari, Bruno Bonnell, a donné une conférence à l’ENJMIN. Un entrepreneur locomotive du jeu vidéo français dans les années 1990 et 2000 mais qui a fini par avoir un comportement très dépensier à la Jean-Marie Messier jusqu’à conduire sa société au bord de la faillite et à être démissionné. Son parcours n’est pas très exemplaire d’une réussite contrairement à celui d’Yves Guillemot, qui a réussi, lui, à faire de sa société Ubisoft un acteur international majeur du jeu vidéo… Pourquoi le présenter à vos étudiants ?- SN : Parce que c’est l’histoire d’un parcours assez typique, parti du jeu vidéo, avec la création d’Infogrames, jusqu’aux robots de sa société Robopolis aujourd’hui. Ne serait-ce que de ce point de vue là, c’est probablement intéressant. Je crois que les gens critiquent plutôt Bruno Bonnell parce qu’il n’a jamais laissé une place à ses créateurs [il a spolié l’auteur français Frédérick Raynal des droits de son jeu Alone in the Dark, ndr]. Il s’est trompé sur certains aspects financiers, il a probablement fait des erreurs de stratégie industrielle. Comme d’autres. Maintenant, est-ce que, en soi, c’est vraiment critiquable ? C’est une réaction très française. De toutes façons je ne forme pas des stratèges industriels, je forme des créateurs de jeux vidéo. Je ne connais aucun élève qui ait l’ambition de créer un empire. Cela étant dit, beaucoup de patrons de boîtes françaises de jeux vidéo mériteraient quelques cours de capitalisme… Sur la capitalisation d’une entreprise, comment tenir plus de six mois, même quand on n’a pas de contrats dans ce milieu là, avoir suffisamment de supports financiers derrière, une véritable politique de ressources humaines de façon à ne pas abandonner tout le monde avant de réembaucher trois semaines plus tard…

EL : En surface, ce fonctionnement ressemble assez au cinéma, sauf que les équipes s’assemblent pendant deux ans, au lieu de six mois pour une équipe de tournage par exemple. Il y aurait une autre méthode ?- SN : Le jeu vidéo nécessite beaucoup plus de mémoire technologique, et même de conception, que le cinéma. J’en parlais récemment à Cap-Digital, à l’exception peut-être d’Ubisoft, les petites boites ont une méconnaissance des fonctions des ressources humaines et, surtout, semblent incapable jusqu’à aujourd’hui de se regrouper vraiment. Cela viendra peut-être via le SNJV (Syndicat National du Jeu vidéo, ex APOM, ndr). Pour l’instant c’est une profession immature qui ne sait pas gérer ses ressources humaines. Un exemple qui ne me fera pas que des copains, tant pis. Lors de l’arrivée de cette génération de consoles alors appelée next gen il y a cinq ans, deux ans après la sortie de la PS2, tout le monde a su rapidement qu’un jeu qui coûtait entre 2 et 4 millions d’euros allait passer à 6 à 8 millions d’euros. Que les équipes constituées de trente à quarante personnes allaient devenir des équipes de quatre-vingt à deux cents personnes. Ce qui impliquait un changement de l’ensemble des mécaniques de financement, de production, des dispositifs techniques et la gestion des ressources… Tout le monde le savait, tout le monde l’a dit… Croyez-vous, que ce secteur là ait d’un seul coup dit : "Il faut qu’on examine l’ensemble de la mécanique, les regroupements industriels qu’il faut faire, lancer des cours de management pour les grosses équipes, etc" ? C’est à dire une anticipation sur deux ans globale à la profession ? Eh bien non, ça n’a pas eu lieu. Quelques studios vont s’en sortir malgré tout parce qu’ils ont des gens brillants, des créatifs, notamment en France. Des gens sont venus nous demander de former des programmeurs ayant trois ans d’expérience sur PlayStation 3 avant qu’elle ne sorte dans le commerce ! Je n’ai pu répondre que : "Ça, je ne sais pas faire" (rires).

EL : La technologie progresse tellement trop vite que ce que vous apprenez aujourd’hui, pendant deux ans, ne va pas être appliqué dans quatre ans. Ça ne serait pas la première problématique du jeu vidéo ? - SN : Vous ne croyez pas que les gens d’Airbus sont en train de travailler sur la génération d’avion qui va sortir dans six ans ? Sans même parler des ressources technologiques, une équipe de vingt personnes ne se gère pas de la même manière qu’une équipe de quatre-vingt. Un studio ne s’organise pas de la même façon quand il développe simultanément trois jeux à 2 millions d’euros, ou trois à 8 millions qui font grimper la note à 24 millions d’euros. Comment est-ce qu’on transite de l’un à l’autre d’un point de vue capitalistique ?

Entretien Stéphane Natkin, 1ère partie : Quand le jeu vidéo devient transmédia...- Entretien Stéphane Natkin, 3ème partie : "La classe politique n’a pas un point de vue uniforme sur les jeux vidéo"

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20 Commentaires

  1.  le 23 janvier 2010

    Je viens de lire et de relire, c’est tout à fait passionnant, j’adore ce genre d’article !

    Vous dites que vous formez des créateurs Monsieur Natkin : si vous saviez comme je suis étonnée d’une telle déclaration !

    " Former un créateur ", whaou, je trouve ça complètement déplacé, un créateur ne se forme pas. Il est créateur point.Entièrement créateur !

    Après, dire qu’un créateur va se faire aider pour réaliser, techniquement, financièrement etc...va se faire épauler, coatcher pour faire aboutir ce qu’il est : sa créativité, OK !

    Trouver déjà le ou la meilleure responsable des ressources humaines ( chef de son personnel, au créateur ) , son bras droit, là où il va reposer sa confiance à l’embauche est déjà, à mon avis, sa première ressource à lui au niveau créativité.

    Alors dire que vous ne formez pas des stratèges industriels, je trouve que ce n’est vraiment pas lui rendre service, au créateur, un manque à gagner certain pour l’avenir de ses projets. Parce que tous créateurs, comme tous artistes,comme toutes personnes de talents, sont des êtres aussi fragiles que puissants car entier, et pour que cet état de fait dure, soit solide, motivé, il faut que l’ambition prenne le tempo sans aucune anicroche qui lui fasse défaut, ..de la secrétaire, à l’agent commercial, jusqu’aux clients,... parce qu’un créateur blessé, c’est l’inspiration de toute une entreprise qui se casse la gueule !!!!

    Et pour réunir tout cet empire, c’est attendre exactement le bon moment pour démarrer, exactement le bon moment, attendre, un peu comme une patience pressée, enragée, mais une patience quand même, telle est la ressource humaine primordiale qui se reconnaît dans un bon créateur !



  2. Sand le 23 janvier 2010

    Oh pardon, j’ai oublié d’inscrire mon pseudo dans mon commentaire du dessus. ( mon ordi a sauté ce matin, ma fille m’a filé sa tour, voilà pourquoi !)



  3. Nicolas J. le 24 janvier 2010

    Merci pour cette interview passionnante.La réflexion sur la micro monétisation des jeux doit constituer un exercice de choix à l’ENJMIN (dites le moi si je me trompe). ça heurte souvent nos sensibilités de joueurs et j’imagine celle de vos étudiants, mais il n’y a pas de raison pour qu’on ne trouve pas des idées innovantes de game design intégrant une problématique de paiement et de distribution des jeux... si vous ne faites pas de vos étudiants des entrepreneurs j’imagine que vous leur enseignez un certain pragmatisme socio-économique !



  4. bruno bonnell le 24 janvier 2010

    Je ne fais generalement pas de commentaires sur les articles me concernant mais quand vous utilisez le verbe "spolier" a mon egard, je me dois de repondre. INFOGRAMES avait une identite editoriale et une philosophie qui mettait en avant les equipes de cration et n’isolait pas certains au detriment d’autres, meme dans la creation. Des createurs n’etaient pas satisfaits et ont choisi d’autres editeurs pour s’exprimer. Il en est de meme dans de nombreux medias. La diversite est source de richesse.Tout ceci n’a rien a voir avec de la spoliation. Avant de pointer du doigt trop rapidement, vous auriez du m’interroger. Quant a ma conference du 13 janvier, j’ai ete ravi de la faire mais c’etait, comme annonce a ses organisateurs que je remercie, la derniere que je donnais sur le jeu video.Cordialement



  5. Etudiant désabusé le 25 janvier 2010

    Etudiant à l’ENJMIN, je m’interroge à la lecture de cet article sur le culot de Monsieur Natkin a parler ainsi des acteurs de la profession alors que lui n’arrive même pas à gérer l’argent public qui lui ait donné pour faire de ses étudiants autre chose que des "artistes maudits" (tiens c’est bizarre c’est plus facile de dépenser de l’argent quand on n’a pas de "comptes à rendre).

    Si l’argent était dépensé autrement qu’en des frais de réception etc "ambassaderesques" peut être que la formation des futurs professionnels français du jeu vidéo serait meilleure.

    Au lieu de ça l’essentiel des spécialités représentées au sein de cette école apprennent sur le tas et quasiment de la même façon qu’en autodidacte. Dans certains domaines le cursus est juste inexistant.

    A quand une "vraie" formation, avec de vrais bagages qui sont pourtant chaque année réclamés par les étudiants.

    Essayez d’aller parler de gestion ou de RH à un étudiant de l’ENJMIN, vous verrez les grossières lacunes. Après on s’étonne que plus de la moitié de la promo précédente soit au chomage... les professionnels justement ne sont plus dupe de l’amateurisme de cette école.

    Cordialement.



  6. Sand le 25 janvier 2010

    @Etudiant désabusé : il est très important de porter votre parole, je vais de ce pas le faire sur mon blog www.mamsand.com qui n’est pas grand chose mais c’est déjà ça hein ?! :) ! ! Il faut que tout s’arrange, il le faut, pour vous, l’école, et son directeur tout autant ! Communiquez, allez !



  7. Stephane Natkin le 25 janvier 2010

    Suite du points par points (voir la première partie) :

    Les élèves de l’ENJMIN sont formés à la réalisation de jeu ce que l’on fait dans un studio. Cela comporte une part essentielle de gestion de projet et des connaissances sur le financement des jeux. Mais ce n’est pas de la production, au sens éditorial du terme. Nous envisageons de développer des formations dans ce domaine, mais en collaboration avec des équipes de management. C’est un autre monde qui via les jeux en ligne va se croiser celui de la réalisation.

    Les métiers de la réalisation de jeu sont des métiers de création et pas (ou peu) des métiers de technologie, avec tous les aléas que cela comprend. Le jeu vidéo est la seule profession ou l’on peut être à la fois programmeur et intermittent du spectacle… C’est une réalité que tous les étudiants de l’ENJMIN savent…

    L’ENJMIN ne forme pas au métier de créateur d’entreprise, il y a d’excellentes formations qui aident à la création des PME, mais de créateur de jeu. On peut être les deux, Il y en a beaucoup. Dans ce cas il faut soit suivre les deux formations, soit improviser dans un des domaines…

    J’ai dit, et j’ai également écrit dans mon livre, que le monde du jeu vidéo était inculte et immature. Je le maintiens, alors que de nombreux acteurs du jeu sont des personnes très cultivées et de grande maturité. Ce que je veux dire c’est que compte tenu de l’âge du monde du jeu vidéo il n’y a pas encore trouvé une mémoire de sa création et des mécanismes de lobbying et économiques aussi efficaces que ceux du cinéma et des télécom, par exemple.

    Je n’ai pas à donner des leçons de capitalisme, par contre via mon expérience de formateur je pense avoir observé des erreurs de management. L’exemple sur les RH et les productions Next Gen, je les maintiens. Lorsqu’une société embauche un stagiaire, même à bac+5, en fait au bout de trois mois un lead (designer, programmeur…) et trois mois plus tard ne renouvelle pas son contrat, elle ne sait pas (faute sans doute de moyens) gérer ses RH… ca nous arrive tous les ans. La production des jeux Next Gen ont été vu par certains studios comme un défi technologique alors que (c’est mon avis) le cœur du problème était de l’ordre de l’organisation, du financement et du management.

    Je n’ai jamais eu l’intention de critiquer Bruno Bonnel, ni lui donner des conseils. Je le remercie d’avoir donné une conférence passionnante, au dire des élèves, à l’ENJMIN. Une histoire de vie est toujours un apport pour un étudiant. Quand à la nature de la PI dans les jeux, la relation entre éditeurs et créateur, c’est un vaste débat qui est loin d’être clos...

    Enfin en ce qui concerne le courageux élève qui s’inquiète des finances de l’ENJMIN, qu’il aille voir son délégué qui le représente au Comité Technique : il a tous les budgets. A cette occasion il pourra mesurer la chance d’être un élève de l’ENJMIN. Si ca ne lui suffit pas, je me ferai un plaisir de lui donner des explications.



  8. Sand le 26 janvier 2010

    C’est la conjoncture actuelle qui fait que les élèves ont perdu confiance en leurs dirigeants : la peur ( finances, logements, emplois ).

    Vous ne pouvez pas ignorer ce sentiment personnel et individuel qui est la peur, c’est une chose, un cri qui est déraisonnable à la base. Alors ce n’est pas en expliquant en long et en large la place et le métier de chacun dans l’école, son fonctionnement, aussi majestralement et volontairement qui pourrait laisser croire à une grande ouverture d’esprit tellement on ne puisse rien y redire tellement votre professionnalisme est carré et sans faille que vous arriverez à calmer la peur des élèves et rétablir une confiance essentielle pour la durabilité d’une école aussi prestigieuse que je veuille bien l’admettre.

    Et l’important c’est surtout qu’elle continue à poursuivre sa route cette école.

    Alors, même si vous constatez que vos élèves ont le désir, par exemple ( tout simplement parce qu’ils ont peurs pour leur avenir, à cause de 2009 !), de s’interroger sur le métier d’auto-entrepreneur, c’est une réalité qui est de plus en plus dans les esprits, il faut réadapter, calmer, retrouver un nouveau sens de communication, afin peut-être d’élaborer un nouveau fonctionnement de votre école : la mettre à JOUR.



  9. Balthazar Auger le 26 janvier 2010

    Bonjour.

    Je suis un ancien étudiant de l’ENJMIN et je dois dire que je suis déçu par les commentaires de certains lecteurs.

    Ce n’est pas souvent qu’il est possible d’entendre, en France et dans toute l’industrie du jeu vidéo, une voix qui ne soit pas tenue par l’appât du bénéfice et le baton de l’actionnaire.

    Mme "Sand", je trouve vraiment navrant que vous appeliez à une mise à jour, car cela prouve combien vous ignorez le sujet qui a l’air de vous enflammer autant. L’ENJMIN est probablement la structure la plus innovante et qui fait preuve de plus de prise de risque dans l’éducation nationale aujourd’hui. Ses étudiants y font preuve d’une grande liberté créative (qui peut parfois, je l’admets, rebuter ceux qui manquent de confiance), de moyens matériels adéquats permettant à l’étudiant de s’extraire de la logique de course technologique tout en restant compétitifs, et d’intervenants provenant de tous les horizons du milieu, sans importer leur chiffre d’affaires personnel.

    La mise à jour, c’est surtout le milieu du JV qui doit la faire. Sinon, comment expliquer qu’un directeur d’école publique exprimant un point de vue dissident de la course au bénéfice et essayant de sortir le jeu de ses carcans par la parole mais surtout par l’action (je vous invite d’ailleurs à aller apprécier la qualité des projets étudiants produits par l’ENJMIN, si vous ne l’avez pas encore fait) soit victime d’autant d’incompréhension ?

    Ouvrons nos esprits, que diable !



  10.  le 26 janvier 2010

    Bonjour,

    Je suis moi aussi ancien étudiant à l’ENJMIN et je m’interroge sur le fait que dans une industrie, certains ne soient justement pas <>. Ou alors il faudrait recentrer le débat sur l’indie gaming et l’amateurisme.

    Oui, il y a peut être des gens qui auraient besoin d’une mise à jour.

    Quant à ma formation à l’enjmin, à part l’attrait de découvrir le travail en groupe avec d’autres spécialités et le fait d’être mis dans la merde et de devoir s’en sortir, ce à quoi j’accorde non sans mal un crédit d’expérience extrêmement important, je dirais juste un mot : inexistant.

    Les professionnels rencontrés, à part 1 ou 2, sont justement de ces décriés imbéciles heureux ou doux rêveurs qui hantent l’industrie. Certains ont d’ailleurs connu une déchéance fulgurante dans le même moment où ils nous ont gentiment gratifiés de leur super pensées iconoclastes <> <>.

    Honnetement, en lisant cet article je me dis que c’est l’hopital qui se fout de la charité. On a beau faire de bons et longs discours sur telle ou telle chose, si on invite les pires blaireaux de l’industrie à faire des cours aux étudiants (je parle pas des conférences qui étaient pour la plupart intéressantes), on perpétue l’amateurisme ambiant qu’on décrie sur de belles pages.

    Non, sérieusement, je pense que y a vraiment aussi une mise à jour à effectuer, ou un reformatage plutôt. Certes l’enjmin est une belle idée, mais elle mériterait un vrai gestionnaire peut être... ha tiens je crois qu’on est justement dans le problème récurrent de l’industrie du jeu vidéo.

    Sur ce le temps que je voulais consacrer à répondre à ce nouvel e drama est terminé.

    De rien.



  11.  le 26 janvier 2010

    Et c’est dommage vous n’aurez pas les citations dans le texte grâce à ma bêtise tout aussi grande que celle contre laquelle je m’acharne. Elles sont en annexe.

    ... certains ne soient justement pas « tenus par l’appat du bénéfice »

    ... super pensées iconoclastes « Alors dans le ciel il y a une fireball géante ! » « Alors moi pour le management et la RH c’est simple, j’ai 8 écrans et je m’occupe du game design, prog, graphisme, comme ça je suis sûr que tout va bien. »

    Sur ce, je vous salue bien bas et vous sait gré de ne pas m’en vouloir pour ce joli « fail quoting »



  12. Balthazar Auger le 26 janvier 2010

    Et c’est dommage que tu ressentes toi aussi le besoin de rester anonyme. Je ne sais si j’ai eu l’opportunité de te croiser, ô vengeur masqué des masses d’étudiants floués par l’école.

    Je t’invite toutefois à venir te joindre à la discussion qui se tient actuellement sur le forum des étudiants de l’école (tu connais son adresse non ?). Les promotions qui sont en ce moment à l’école ne sont pas mains liées (loin de là) et ont beaucoup de moyens de faire bouger les choses à Angoulême. Si tu as envie de transformer ta doléance en critique constructive, c’est le moment.

    A bientôt j’espère.



  13. Payen Sylvain le 26 janvier 2010

    Ces commentaires sont fous, j’ai peine à croire que vous ayez suivi la même formation que moi. Peut-être est il possible que vous sachiez tout du jeu vidéo avant d’entrer à l’ENJMIN, dans ce cas je vous félicite, mais ce n’est pas le mien. Comme dans toutes écoles je pense qu’il y a des choses à améliorer c’est certain, mais ce ne sont assurément pas des problèmes de frais de réception ou toute histoire d’argent (honnêtement on est bien loti ici).

    Dans tout les cas vu que vous semblez plus ancien que moi, je pense que vous aurez l’intelligence et la maturité de faire des critiques plus justifiés et constructives que de cracher dans la soupe.



  14. Camille Lescaudron le 26 janvier 2010

    Comment oser une seule seconde poster de tels propos ?!Je ne comprends pas que l’on puisse se permettre de critiquer cette école alors que nous faisons parti d’un système d’éducation privilégié : des locaux plus que convenables, du matériel adapté, des intervenants qui se cassent le cul à venir de l’autre bout de la France pour nous enseigner les ficèles et nous donner des visions multiples sur le monde du Jeu Vidéo... et quel enseignement ! Peut-on se plaindre d’avoir le choix dans nos créations ? La plupart des sujets que nous avons eu jusque maintenant (je suis en 1ère année) sont assez précis pour nous faire apprendre en technique et nous faire produire des prototypes finis, tout en nous invitant à se faire plaisir dans la création. Je trouve cette formation honnête et très enrichissante ! Quand au monde du travail dans le Jeu vidéo, je pense que nous sommes assez prévenus sur la difficulté à l’intégrer. Nous sommes d’ailleurs bien aidé de ce côté, par les conférences et autres interventions.

    Comme le dit Sylvain, il y a des choses à améliorer dans toutes les écoles, et la notre est loin d’être la pire.Les anonymes qui se permettent de critiquer la formation et les intervenants ne sont-ils pas ceux qui dorment au fond de la classe quand d’autres rêveraient d’intégrer la seule école publique délivrant un master de Jeu Vidéo en France ?! Réveillez-vous, on n’a pas ça partout !

    J’en rajoute sur cette horrible citation qui me donne envie de vomir (quelle ingratitude) : "ces décriés imbéciles heureux ou doux rêveurs qui hantent l’industrie". Heureusement qu’ils sont là pour nous permettre de nous épanouir, et dommage pour toi qu’ils ne t’aient pas ouvert les yeux sur les différentes formes que peuvent prendre le Jeu vidéo... Bonne chance à vous, les anonymes, et à votre amertume.



  15. Sand le 26 janvier 2010

    @Camille :

    Mais comprenez un peu que c’est de par ces merveilleux commentaires et merveilleuses critiques que nous découvrons cette école dans son ensemble.

    C’est la meilleure publicité que l’on pouvait lui rendre, en partage, et en hommage.

    Tout ceci démontre qu’ambition et motivation à aller toujours plus haut, faire encore mieux que le mieux qui vous offusque autant.

    Bon courage à tous, et osez, car oser c’est ce qui fait avancer le Monde !



  16. NeeD le 26 janvier 2010

    Etudiant à l’enjmin, très heureux de la formation et de son contenu. L’enjmin s’améliore un peu chaque année et je suis tout à fait confiant de la direction que cela prend. Et d’ailleurs les professionnels (source : sondage afjv) montrent bien que notre formation nous prépare correctement aux métiers correspondants.

    Pour ce qui est du budget, je ne suis pas choqué qu’une partie du budget soit dépensé dans l’accueil d’intervenants, du confort des professionnels du jeu et autres. Montrer le respect aux pros et aux personnes liées (partenariat, etc.) à l’école est le minimum lorsque l’on sait que chaque partie a besoin de l’autre. Surtout vu les déplacements effectués pour arriver à Angoulême.. De plus, je ne pense pas que le budget soit exagéré pour ce thème là.

    De toute façon, dans toute classe, dans toute promotion, (100élèves) il y aura toujours des personnes moins censées, moins sympathiques, et cette personne anonyme doit faire partie de ces gens. Sinon, je suis persuadé que les 99 autres % sont tout à fait heureux des conditions et aiment l’enjmin, malgré ses points d’amélioration.

    Je pense que critiquer comme cela, avec cette manière, est tout à fait anti-constructif, critiquer est un art et cette personne ne le possède assurément pas. L’enjmin montre régulièrement sa qualité (lors de ses projets et des gains) et ce n’est pas un étudiant désabusé qui remettra quoi que ce soit en cause sur l’école, si ce n’est sa réputation (celle de l’étudiant !).



  17.  le 27 janvier 2010

    Et l’affaire Dreyfus dans tout ça ???



  18.  le 28 janvier 2010

    Moi je suis contre.



  19. Pierre-Antoine Favre le 28 janvier 2010

    Je confirme que l’intervention de Bruno Bonnell était passionnante (et non sans humour, ce qui ne gâche rien) ! C’est en effet peu commun de pouvoir entendre des acteurs présents ou passés du jeu vidéo avec son vécu et son expérience. M. Bonnell a également eu la gentillesse de rendre visite aux projets des étudiants après sa conférence. C’était très instructif de pouvoir recueillir ses impressions.

    Sinon, étudiant à l’Enjmin, je fais partie de la grande majorité des satisfaits. L’école n’interdit pas la critique en interne, bien au contraire, le tout dans un esprit de constante amélioration. Quel intérêt y a-t-il à porter la critique ici avec autant d’acharnement ? Sur le fonds, je trouve cela parfaitement outrancier (et donc tout sauf justifié ou constructif), sans parler de la forme...



  20. Jonathan le 18 mai 2010

    Bonjour ! J’étais élève de la première promo du vénérable DESS Jeux vidéo et médias interactifs en 2002. Cette formation a été passionnante, la perfection n’est heureusement pas de ce monde et ça a été très interessant de prendre part à la première mouture ! Tant pis pour les aigris qui pensent que tout doit leur tomber dans le bec tout cuit, ceux là n’ont qu’à changer de branche. Pour les autres, je leur souhaite plein de bonnes choses ! plein de projets passionnants, à 1, à 3, à 20, à 200 ! dans un garage ou dans un gros studio ! en salarié ou en freelance ! sur des petites consoles super sympa ou sur des GROOSSES consoles next gen avec des polygones à foison !Mac ou PC ? ;)



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