"Spore", la contagion gagne la planète gaming
Le génial papa des Sims Will Wright vient de pondre un nouveau jeu : Spore. Un intitulé végétal qui sonne bien et qui donne le ton : comme les spores qui assurent la dispersion de certaines plantes, il s’agit ici pour le joueur d’étendre la domination de la créature de son choix. Et attention, il ne s’agit pas de n’importe quelle bébête imposée par les éditeurs du jeu. Comme dans les Sims 2, il appartient au joueur de créer son monstre, grâce à pléthore d’organes et autres attributs du genre.
Un « sim everything »
Même s’il n’est pas attendu avant septembre, Spore déchaîne déjà les passions, certains n’hésitant pas à parler de révolution vidéo ludique. Le buzz est lancé sur la toile. Et il faut bien avouer que le concept est séduisant.
Spore, cela revient à se prendre pour Dieu. Et vraiment cette fois. Il ne s’agit plus ici d’avoir la maîtrise de quelques paramètres du jeu, il s’agit de tout créer, de modeler l’univers dans sa globalité et ce depuis le commencement. Will Wright est comme ça, il aime livrer l’intégralité de ses créations aux joueurs. Il estime que cela leur donne plus d’intérêt. "Je pense que les jeux peuvent être une forme d’expression artistique, une co-collaboration entre le joueur et le concepteur », confiait-il lors d’une intervention à Vancouver. « Nous avons encore à prouver que nous pouvons faire des choses utiles avec cette forme d’expression, mais je crois que nous arrivons à une explosion Cambrienne de possibilités [référence à l’ère géologique pendant laquelle s’est épanouit la vie] ». Selon lui, « les meilleures expériences sont génératives. Les meilleurs histoires sont celles des joueurs."
Avec Spore, les joueurs en question contrôlent toute la destinée et l’évolution de leur créature, de l’état monocellulaire à la tribu colonisatrice. En tant que micro-organisme, la créature doit manger et éviter de se faire manger. Vient ensuite le moment où l’espèce peut sortir des eaux pour venir ramper sur la terre ferme. Elle croise alors d’autres créatures, certaines appartenant à son espèce, et peut ainsi se reproduire. Il lui faut bien sûr manger quelques uns de ses congénères afin de poursuivre son ascension dans la chaîne alimentaire. Advient alors une phase tribale, où le joueur doit développer des technologies comme le feu ou les armes. Et une fois l’espèce plus évoluée, elle a la possibilité de coloniser sa planète, avant de partir à la conquête de l’espace.
Spore : l’Atelier des créatures
De la simulation de la ville (Sim City) à celle de la vie de famille (Les Sims), Will Wright réinvente Darwin en plongeant aujourd’hui dans le macroscopique pour nous offrir rien de moins que l’univers. Et comme si ce projet n’était pas déjà suffisamment ambitieux, il propose aux joueurs de laisser totalement libre court à leur imagination.
Ainsi, de nombreux éditeurs devraient leur être mis à disposition. Cellules, bâtiments, véhicules et bien sûr créatures, le joueur pourra s’en donner à cœur joie.
Afin d’entretenir le buzz naissant sur la toile, l’éditeur des monstres est d’ores et déjà disponible. Deux versions de Spore : l’atelier des Créatures sont téléchargeables sur le Net ; l’une intégrale mais payante, l’autre limitée (25%des possibilités) mais gratuite. Cet avant goût rappelle fortement la "Boîte à look" des Sims 2, avec laquelle le joueur pouvait s’amuser à créer une véritable starlette ou un individu monstrueux digne d’Elephant Man.
Autant le dire : cet éditeur est bluffant par sa maniabilité ainsi que par la multiplicité de ses configurations. Si vous avez toujours trouvé que la nature était limitée dans ses formes, c’est le moment de le faire savoir. Dix paires d’yeux, des tentacules ou d’autres organes incongrus : il est possible de faire toute sorte de créatures. Les joueurs qui se sont déjà lancés dans l’aventure peuvent d’ores et déjà mettre leur plus belles créations en ligne sur le site Sporepedia, l’encyclopédie en ligne version Spore.
Créatures lubriques chez Spore
Ecart imprévu ou expérience sociologique volontaire, toujours est-il qu’un drôle de phénomène est survenu dès les premiers jours de mise en ligne de l’Atelier des créatures. Des phallus volants, des positions du Kamasutra rampantes et autres réjouissances du genre ont en effet un peu fleuri partout sur le Net (exemple ici, ici ou ici).
Cette créativité pourrait bien entraver l’essor commercial du jeu, qui risque d’être classé dans la catégorie « pour adultes » des jeux vidéo. Trois mois avant la sortie officielle, il ne fait cependant aucun doute qu’Electronic Arts aura le temps de gérer ce petit contretemps, qui risque de relancer la question de la responsabilité des éditeurs face au contenu développé par les joueurs.
Spore entend également dominer le marché du jeu vidéo
Suite au succès des Sims, qui a permis à Electronic Arts d’empocher plus d’un milliard de dollars à travers le monde, Spore suscite les plus folles ambitions. Et de fait, l’équipe et le financement mobilisés pour ce jeu sont largement à la hauteur de ces espérances. Avec près de 70 concepteurs et de 20 à 30 millions de dollars consacrés à son développement, Spore est véritablement LE nouveau pari d’EA. Mais de là à dire que c’est une nouvelle vache à lait, rien n’est moins certain...
Une chose est sûre, Electronic Arts fait tout pour assurer ses arrières, afin que Spore ne vire pas en gigantesque puit sans fond.
A coup de marketing viral, le plus gros éditeur de jeux vidéo a réussi à susciter une véritable attente auprès d’une large communauté de gamers. Et afin d’en intéresser un maximum, a prévu la sortie de Spore sur PC, Mac, DS mais aussi téléphones portables. L’iPhone devrait ainsi être également contaminé par Spore. Au vu de sa popularité, la Wii n’est évidemment pas en reste et devrait accueillir le jeu quelques mois après sa sortie mondiale en septembre.
Et histoire de faire de Spore un véritable phénomène de société, EA prévoit d’instaurer une gigantesque plateforme sociale intitulée MySpore –en référence bien sûr à MySpace, sur laquelle le joueur pourra créer et gérer un profil et ainsi développer tout un réseau d’amis sur Spore. Bref, tout pour rendre accroc.
Selon Will Wright, il faudrait 79 ans pour faire le tour des possibilité de ce jeu d’un nouveau genre. Autant dire que la saga Spore ne fait que commencer.
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