Skyrock premier sur l’App Liveradio
Alors que la radio numérique terrestre connaît les pires difficultés à voir le jour, la radio sur IP, elle, tire son antenne du jeu. Exemple parmi d’autres avec Liveradio, l’agrégateur de flux et de podcasts mis en place par Orange.
ElectronLibre vous l’annonçait hier, la radio vit encore, et devrait pouvoir vivre encore longtemps, en partie grâce à l’internet. Mais une vie différente, avec une hiérarchie qui n’a rien à voir avec celle des bonnes vieilles ondes FM, reléguant ainsi au rang de classement poussiéreux les bons vieux calculs d’audiences de Médiamétrie. Sur le service Liveradio d’Orange par exemple, c’est Skyrock qui caracole en tête. Et dans le top 20, surprise, plusieurs webradios nouvelle génération, dénuées d’émetteurs, complètements inconnues du grand public : HitMix, ou les webradios d’NRJ. Alors que pour Médiamétrie, Skyrock et NRJ sont tenues à distance du podium par les grandes généralistes, RTL, France Inter et Europe 1, et les webradios n’ont même pas l’heur d’exister.
Support de ce classement radiophonique et chamboulé, le service Liveradio, lancé par Orange en 2007. Lui aussi se porte bien. Il s’établit en première place des agrégateurs français de flux radio et de podcasts, avec 9000 stations disponibles, issues de cent territoires, et 11 000 émissions baladodiffusables dans son catalogue. L’application iPhone, gratuite, a été téléchargée près de 850 000 fois, et la Liveradio compte plus de 650 000 utilisateurs régulièrement actifs.
À son lancement, le service n’était disponible que sur Live Box, et il s’est petit à petit enrichi de nouveaux supports de diffusion. Le « gagdet » windows, arrivé fin 2007, l’application iPhone, en septembre 2008, mais aussi les postes radio wifi, le portail en ligne, Windows Live Messenger, et dès la fin du mois, les postes de télévision LG compatibles... C’est donc un agrégateur multi-écrans (ou multi-enceintes, au choix), qui selon ses supports de diffusion, touche des publics différents. Et qui voit en toute bonne logique la hiérarchie des audiences Médiamétrie (qui devrait bientôt certifier aussi les écoutes Liveradio) quelque peu malmenée. Pour Liveradio, la première station de France est ainsi Skyrock, qui s’écoute essentiellement grâce à l’application iPhone, et a touché près de 200 000 auditeurs uniques au mois de mars 2010.
Éditorialisation
« Nous nous interdisons de toucher aux flux des radios, pour y introduire de la publicité par exemple, explique Édouard Maignan, responsable des contenus et des partenariats de Orange Liveradio. En revanche, nous faisons un effort d’éditorialisation pour permettre à l’utilisateur de trouver facilement ses programmes favoris, dans sa langue, et de lui proposer des émissions. » Le service est déjà disponible en Suisse, au Royaume-Uni et en Espagne, et devrait voir le jour à plus ou moins court terme dans les pays où Orange est présent, mais pas seulement.
Dans les prochaines semaines, la publicité fera son arrivée au début des programmes, en accord avec les radios. « Entre dix et vingt secondes, pas plus, et pas au lancement de chaque flux », assure Édouard Maignan. Si le business plan est bien sûr établi, pas question de révéler à quelle échéance le service devrait être rentable, ni combien il a coûté à mettre en place.
Alors que les espoirs d’un déploiement rapide de la radio numérique terrestre en France s’effondrent, puisqu’il a déjà été repoussé à 2 reprises, et que Rachid Arhab, conseiller au Conseil supérieur de l’audiovisuel rend publiques ses craintes que « la radio [ne] reste au bord de l’autoroute numérique », la radio sur IP paraît elle très dynamique. Liveradio ne fait d’ailleurs plus l’inventaire de ses concurrents tant ils sont nombreux (Goom, Pandora Radio, Web Radio Player...). S’il ne donne pas d’avis définitif, Édouard Maigan a son opinion sur la question : « La quasi-totalité du territoire est déjà couverte en wifi ou en 3G. La RNT paraît bien compliquée à lancer. Et la radio sur IP n’exclut aucune radio, associative ou locale, qui n’aura pas les moyens de se payer un émetteur... Ce sera au consommateur de choisir. »
