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Radio, la naissance de la génération "S"

Le 17 Janvier 2012 dans Old fashion media par Emmanuel Torregano

La radio entre dans l’ère du numérique, grâce à internet, aux smartphones et aux App. Conséquence la vague novembre - décembre 2011 signe un record toutes catégories selon Médiamétrie avec 82,8% d’audience 43,335 millions d’auditeurs quotidiens.

L’émergence d’un nouveau public, voilà une nouvelle qui regonfle le coeur des professionnels d’un média. Ça ne se voit pas tous les jours. Et pourtant après des décennies d’attente, il est possible aujourd’hui d’affirmer que la radio vit, enfin, sa révolution numérique. Celle qui va entraîner une recomposition du paysage et induire des constantes inédites dans l’auditoire. Plus jeune, plus CSP+ encore, et connectés en mobilité, l’arrivée de ces consommateurs bouleverse déjà les audiences des stations mesurées par Médiamétrie pour l’étude « 126 000 Radio » sur la période novembre-décembre 2011 (ainsi nommée car elle est basée sur l’interrogation de 126 000 personnes sur l’année).
Génération "S" pour "smartphone". Longtemps la radio fut le parent pauvre de cet univers numérique qui promet d’envahir nos vies. Les stations émettent toujours par les voies hertziennes sur les normes vieillissantes de la FM voire des grandes ondes pour France Inter, RTL ou RMC. Plusieurs tentatives ont été faites de lancer la radio dans le grand bain binaire par le conseil supérieur de l’audiovisuel, mais sans aucun succès. Toujours, l’autorité de régulation se heurtait à un problème économique : le marché restait hermétique aux postes de radio utilisant les normes hertziennes numériques.

Génération S

Cette barrière vient de tomber. La progression est très nette déjà sur la vague novembre-décembre sur les auditeurs de 13 à 24 ans et ceux de 35 à 49 ans. La cible reine, si lucrative et recherchée par les publicitaires fait un bond pour atteindre selon Médiamétrie un record avec 88,5% de l’écoute de la radio, jamais vu depuis 4 ans. Quand aux CSP+ ils sont aussi portés par cette vague 35 - 49 ans, et frôle les 92% des auditeurs de la radio. Les autres tranches sont stables ou en légère régression.
Ceci explique cela. RTL - concurrencée par les stations de service public, France Inter et France Info, mais aussi par une Europe 1 mieux accueillie dans les foyers de France portée par la voix de Bruce Toussaint - perd plus d’un point. La station passe de 13,2% à 11,8% d’audience cumulée. Sur la matinale elle perd plus de 400 000 auditeurs d’une année sur l’autre. Cependant, il convient de noter qu’à la même époque en 2010, RTL avait profité d’une conjoncture très favorable : mauvais positionnement d’Europe 1, grève sur l’antenne d’Inter. RTL doit se rajeunir et aller chercher, elle aussi, ces auditeurs de la génération "S" pour se sortir de l’ornière. D’ailleurs, signe de ce vieillissement de la grille, Stéphane Bern souffre rue Bayard, perdant près de 470 000 auditeurs en un an.

Durée d’écoute

Car la génération qui écoute la radio aussi sur son smartphone, et aime les App brandées aux logos de ses chaînes favorites, préfère picorer du France Inter (10,8%, +0,7), France Info (9%, +0,6) et donc aussi Europe 1 (9,4%, +0,5). La preuve ? Ce nouveau public, qui vient gonfler les rangs du 126 000 Radio, et pour la plupart redécouvre ce média, est bien plus "zappeur" que la moyenne du public fidèle de la radio. D’ailleurs, les durées d’écoute de ces stations s’en ressentent. France Inter perd sept minutes sur un an, France Info deux minutes, et Europe 1 six. Alors que RTL, peut compter sur la fidélité de son audience, même si elle est moindre aujourd’hui : RTL est écouté quatre minutes de plus d’une année sur l’autre.
Il y a un ovni dans cette affaire : il s’agit de RMC. La station revient dans le peloton de tête avec un 7,9% (+0,9) qui force l’admiration. RMC semble être la seule à profiter pleinement d’un double effet : la montée en puissance de la génération S, mais aussi l’impact de l’actualité politique de cette pré-campagne. La matinale de Bourdin, les Grandes Gueules, le sport en fin de journée, voilà le cocktail populaire de la réussite.
Les musicales sont aussi traversées par ce courant nouveau monté sur l’alternatif et la picorage. NRJ capte le fruit de son travail sur la matinale de Manu, dont le succès sur Fun se retrouve aussi rue Boileau. NRJ monte en puissance avec 11,4% contre 10,4% en novembre - décembre 2010. La satisfaction du travail accompli.

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1 Commentaire

  1. JR le 19 janvier 2012

    "Plusieurs tentatives ont été faites de lancer la radio dans le grand bain binaire par le conseil supérieur de l’audiovisuel, mais sans aucun succès. Toujours, l’autorité de régulation se heurtait à un problème économique : le marché restait hermétique aux postes de radio utilisant les normes hertziennes numériques."

    Le principal problème auquel se heurtait les radios était le "Bureau de la radio", un groupement de radios privées qui refusaient, comme TF1 en son temps pour la TNT, de voir de nouveau entrants arriver sur leur terrain publicitaire. Leur lobbying a été efficace auprès des différents ministres, Albanel en tête, qui a instauré une norme inapplicable et isolant la France en Europe.

    De plus, à cette époque, plusieurs rapports ont été demandés avant un lancement -possible- de la RNT. Les constructeurs de poste ont bien évidemment attendu d’avoir des réponses sûres pour lancer la fabrication et la commercialisation de leur marchandise. Pas étonnant, donc, que le "marché reste hermétique", puisqu’il n’y avait tout simplement pas de poste.

    En revanche, de nombreuses radios s’apprêtent à lancer un peu partout en France la RNT (Nantes, Lyon, Marseille). Ca devrait donc arriver vite !



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