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Quand les médias s’immiscent dans le cours de la justice

Le 11 Octobre 2011 dans Politique par Christophe Colinet

Quand les médias s’immiscent dans le cours de la justice. A l’heure où les affaires s’instruisent de plus en plus souvent dans les médias, Patricia Chapelotte pose les limites de la communication. Patricia Chapelotte, patronne de l’agence Albertine & Média, ancienne conseillère du garde des Sceaux Dominique Perben, est à la croisée des chemins entre la communication et le monde judiciaire. Elle qui a conseillé Jérôme Kerviel, le trader le plus célèbre de France, décrypte le traitement des affaires dans les médias.

ElectronLibre : Peut-on réellement changer l’image d’une personnalité mise en cause dans une affaire judiciaire ?

- Patricia Chapelotte : Oui, c’est possible. S’il s’agit d’une personne publique, déjà connue, on peut corriger à la marge son image, bonne ou mauvaise. Quand on prend l’exemple de Jérôme Kerviel, on partait sur une image un peu neutre. C’était un inconnu sorti de l’ombre pour être exposé aux yeux du monde entier.
Il était susceptible de devenir soit l’ennemi public numéro 1, soit la victime d’un système qui le dépassait. Dans son cas, il était important qu’on ne tombe pas dans les fantasmes. La première chose qu’on a vue de lui, c’était la photo d’un badge électronique. Il fallait donner aux médias très rapidement d’autres images. Il fallait gérer le “ on ” et le “ off ”. Il n’a rien dit au tout début, mais on a parlé de lui partout, tout le temps.

EL : Comment avez-vous fait ?

- PC : Ce que nous avons fait était un travail de fond avec les journalistes pour leur expliquer les enjeux du dossier, les points techniques et l’envers du décor. Mais dans tous les cas, on ne peut pas changer ce qu’est vraiment la personne. On ne peut pas packager une réalité : les journalistes et l’opinion publique comprennent vite quand les choses sont truquées. Kerviel ne collait pas à l’image du trader flamboyant sortant dans des lieux huppés avec des mannequins. C’était un garçon simple, c’était le petit gars de Pont-l’Abbé avec une maman coiffeuse. Il fallait le montrer aussi comme ça.

EL : Est-ce que le traitement médiatique d’une affaire a une influence sur la décision des juges ?

- PC : Oui. Les magistrats ont Le Monde à midi sur leur bureau avant l’ouverture de l’audience de 14 heures. Ils ont des liens avec les médias et savent que la répercussion de leurs décisions dans l’opinion est importante. Donc, le débat médiatique influe sur le débat judiciaire et il faut le gérer prudemment. Le cas Kerviel est exemplaire. Quand il a décidé avec son avocat Olivier Metzner de sortir son livre, en mai, avant le procès de juin, pour raconter sa part de vérité, c’était une erreur de communication. Les juges se sont sentis dépossédés du procès et il devenait difficile de sortir d’une communication a minima. Après avoir préservé pendant des semaines l’image de Kerviel, tout s’est emballé dans l’agitation médiatique et chez les magistrats.

EL : Comment l’ont-ils pris ?

- PC : Mal... ça ne passait pas. La stratégie de communication a été confondue avec la stratégie de défense. Tout ayant été raconté dans le bouquin, il n’y avait plus rien à dire à l’audience et la Société Générale a pu retourner l’opinion publique à son avantage. Au final, les magistrats ont reproché à Kerviel d’être plus loquace sur les plateaux de télé que dans la salle d’audience.
D’ailleurs, quand le délibéré tombe en octobre, le président du Tribunal remet en cause la communication de Kerviel, sa façon de privilégier les médias au détriment de la justice.

EL : Les internautes qui réagissent en temps réel, c’est perturbant ?

- PC : Bien sûr. Avant, c’était la dépêche d’agence qui faisait l’info. Maintenant, ce sont les messages en bandeau en bas de l’écran de télé, les chaînes d’info en continu et les commentaires sur les réseaux sociaux. Dans la seconde où une phrase a été dite, des milliers de commentaires sont postés sur Facebook ou Twitter. S’il y a dérapage, il est démultiplié. Mais pour autant, cette immédiateté fait aussi qu’une petite phrase chasse rapidement l’autre et on oublie la première à très grande vitesse. On peut toujours essayer de dire des choses directement aux gens grâce au Net, mais les médias restent nos interlocuteurs privilégiés car ils donnent le ton de l’information et qu’ils la certifient. C’est beaucoup plus impactant.

Un discours où tout est calculé

EL : Beaucoup ont cru que vous aviez conseillé Tristane Banon. Pourquoi ?

- PC : J’ai pris une position personnelle en devenant amie avec elle sur Facebook et je lui ai envoyé un message de sympathie le samedi matin de la manifestation du 24 septembre. Cela a très vite été traduit par “ Patricia Chapelotte, ancienne conseillère de Michèle Alliot-Marie (alors que c’était de Dominique Perben…) est devenue conseillère de Tristane Banon. Donc, l’UMP est en embuscade”. J’ai aussitôt appelé lepoint.fr pour leur expliquer les choses - au moins pour Perben - mais surtout pour dire qu’il n’y avait aucune relation professionnelle entre Tristane Banon et moi… Un peu pour rien : l’info était reprise partout et j’ai même reçu des messages pour me féliciter d’avoir assuré la communication de Tristane Banon.

EL : Comment aviez-vous trouvé Dominique Strauss-Kahn au 20 heures de TF1 ?

- PC : Avant de parler aux médias, il est toujours important de se poser pour faire le tour de ce qu’on peut dire ou non, des conséquences que les mots peuvent avoir. Mais de là à faire un discours où tout est calculé, les mots, les battements de paupière et même la position des mains, ça, ce n’est pas bien. Quand on regarde les décryptages de la prestation de DSK, la superposition de l’interview de Clinton et la sienne, les mots similaires et les postures identiques, ça sonnait faux et ça n’a trompé personne.

EL : Vous auriez pu assurer sa communication  ?

- PC : J’avais lancé sur Facebook l’appel au boycott du 20 heures de TF1 avec DSK. J’ai trouvé inadmissible qu’on lui accorde 20 minutes. Jamais je n’aurais accepté de conseiller DSK et ce n’est pas une question politique. En l’occurrence, cette histoire touche a des valeurs qui ne me correspondent pas. Sa stratégie de com était très mauvaise, arrogante, agressive. Il a géré son retour en France comme celui d’un médaillé olympique. C’était indécent.

EL Que lui auriez-vous recommandé ?

- PC : De rester très discret et d’envoyer un communiqué aux médias pour dire que cette affaire était de l’ordre du privé, qu’il se devait de donner une explication aux Français, mais pas en pleine primaire. C’était contre-productif. Il fallait laisser ses amis socialistes faire leur campagne. Ses communicants l’ont marketté à un point très caricatural.

Retrouvez cette interview sur le site de La Nouvelle République.

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15 Commentaires

  1. Le vrai Jean Calone le 14 octobre 2011

    Voyez les méthodes de certains DSKistes.Dans les commentaires de cet excellent article, des fakes ont usurpé tous les noms de soutiens à Tristane Banon qu’ils ont relevés, pour poster des messages mensongers et/ou diffamatoires. Et ils ont entièrement squatté le mur.N’y a-t-il pas motif à dépôt de plainte ? L’hébergeur de ce site pourrait fournir adresses mail et IP.Merci de prévenir les personnes concernées. http://www.electronlibre.info/Quand...



  2. Sophie de R. le 14 octobre 2011

    La "mytho" n’en n’est pas une : le parquet a affirmé dans sa decision de justice que Dsk était coupable d’agression sexuelle, faits prescrits.Mais ce n’est pas parce que les faits sont prescrits qu’ils n’ont pas existé. Dsk est donc officiellement depuis hier un agresseur sexuel.

    Quant à Tristane, elle fait don de l’intégralité de ses droits sur son livre à une association de soutien aux femmes violées.... et elle cherche le fric ???



  3. Le vrai Jean Calone le 14 octobre 2011

    Merci d’avoir supprimé les posts de ces fakes



  4.  le 14 octobre 2011

    Merci à Jean Calone pour l’alerte au sujet des commentaires. Nous sommes en train d’enquêter. La Rédaction.



  5. Le vrai Jean Calone le 14 octobre 2011

    A l’administrateur de ce site :pourriez-vous néanmoins me communiquer copie de ses commentaires, ainsi que les adresses afférentes ?MerciJean Calonejean_da75016@yahoo.fr



  6. Le vrai Jean Calone le 14 octobre 2011

    J’ai pour ma part alerté les personnes dont l’identité avait été usurpée, mais cela tombe un peu à l’eau, car leurs faux commentaires ont fort justement été supprimés.D’où ma demande ci-dessus. Ces méthodes sont indignes, et elles jettent la suspicion.



  7. antonio le 14 octobre 2011

    A jean Calone qui veut se faire communiquer des adresses IP, une précision utile :

    Pour le monde juridique et notamment pour le droit des médias, il est important de savoir si l’adresse IP (Internet Protocol constitue une donnée à caractère personnel. La raison est simple : sa qualification comme une « donnée à caractère personnel », aura pour conséquence sa soumission aux dispositions de la loi no 78-17 du 6 janvier 1978 relative a l’informatique, aux fichiers et aux libertés, qui comprend des règles concernant le traitements des données mentionnées ci-dessus, règles qui ne sont pas negligeables. Le traitement de cette adresse ne doit être effectué qu’avec l’autorisation de la la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL)[5]. Selon l’article 2 al. 2 de la même loi, :« Constitue une donnée a caractère personnel toute information relative a une personne physique identifiée ou qui peut être identifiée, directement ou indirectement, par référence a un numéro d’identification ou a un ou plusieurs éléments qui lui sont propres »



  8. Le vrai Jean Calone le 14 octobre 2011

    Bien, Antonio, je vois que vous soutenez activement les fakes usurpant les identités.Je connais ces textes.La CNIL sera donc informée, et les administrateurs de ce site devront se plier à ses injonctions (si pour prouver leur bonne foi, ils ne le font pas d’eux-mêmes), car copies écran ont été faites.Par ailleurs, je vous signale que ceci existe aussi : http://www.internet-signalement.gouv.fr/



  9. Le vrai Jean Calone le 14 octobre 2011

    ou peut-être, Antonio, m’informiez-vous simplement pour m’aider dans ces démarches...A vous de préciser, merci.



  10. Le vrai Jean Calone le 14 octobre 2011

    Et au fait, nous ne demandons pas les adresses IP (Internet Protocol), mais simplement les adresses mail qui ont servi à ces fakes pour pouvoir poster en usurpant des identités...



  11. Le vrai Jean Calone le 14 octobre 2011

    Disons qu’un refus spontané de communication des commentaires et adresses mail des auteurs (en privé par mail, et avec absolue assurance de non-divulgation publique) sera perçu comme une manoeuvre dilatoire en complicité.jean_da75016@yahoo.fr



  12. Karo le 15 octobre 2011

    MR Calone votre page Facebookhttp://www.facebook.com/pages/Manif...

    Est diffamatoire, calomnieuse et envers la présomption d’innocence, donc avant de demander des adresses mails vous devriez fermer cette page avant plainte.



  13. Karo le 15 octobre 2011

    Sachez que toues personnes à le droit à la liberté d’expression, de plus Jean Calone sur Facebook et les autres pseudos vous pouvez les compter vous n’êtes pas le seul à porter le nom Jean Calone.Facebook a déjà désactivé votre compte pour injures preuves copies écran.Jean Calone II c’est vous.Jean Calone Troll de vousJean Calone Troll de vousJean Calone Troll de vousJean Philippe Calone à voirJean Calone Troll de vousJean Michel Calone à voirJean Francois Calone à voir Jean-luc Calone à voirJean Marc Calone à voir



  14. Le vrai Jean Calone le 15 octobre 2011

    @ Karo :je ne suis pas administrateur de la page "Manif le 24 septembre - Justice égale pour tous : DSK doit être jugé" dont vous parlez.

    Mon profil Facebook est ici : https://www.facebook.com/profile.ph...

    Il y a effectivement sur Facebook 4 profils "Jean Calone", qui sont des faux créés par des partisans de DSK (pas de photo de profil, pas d’information, rien sur le mur)https://www.facebook.com/profile.ph...https://www.facebook.com/profile.ph...https://www.facebook.com/profile.ph...https://www.facebook.com/profile.ph...Les autres personnes partageant le même nom de famille n’ont pas le même prénom et sont manifestement des personnes réelles.Avec un doute toutefois pour un "Jean Marc Calone" dont le profil est totalement vide et donc similaire aux 4 "Jean Calone" précités.https://www.facebook.com/profile.ph...

    Je dois être célèbre finalement pour susciter autant de contrefaçons...



  15. Karo le 16 octobre 2011

    CaloneLa preuve que vous êtes administrateur de Manif le 24 septembre - Justice égale pour tous : DSK doit être jugéManif le 24 septembre - Justice égale pour tous : DSK doit être jugé Plus haut, vous avez ma photo avec mon chien, et donc mon nom, ainsi que mon profil personnel. Cela vous va ... ? Qu’allez-vous encore inventer comme prétexte pour vous défiler ?

    Votre profilhttps://www.facebook.com/profile.ph...



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