Primaires du Parti Socialiste : les "dream team" numériques
Les inscriptions sont closes. Les participants sont sur la ligne de départ. Twitter, Facebook sont mobilisés pour la communication de campagne. Mais sur le numérique, quelles personnalités pour quels choix politiques ?
Le Parti Socialiste a clos, mercredi 13 juillet, le dépôt des candidatures pour les primaires qui se dérouleront le 9 octobre 2011 (et le 16 octobre en cas de second tour). Six candidats vont se disputer l’investiture du parti à la rose pour la présidentielle de mai 2012 : Martine Aubry, Ségolène Royal, François Hollande, Arnaud Montebourg, Manuel Valls, les cinq appartenant au PS, ainsi que Jean-Michel Baylet du Parti Radical de Gauche. Les six candidats ont dévoilé leur "dream team" qui doit les mener à la victoire, avec des collectifs pléthoriques dignes d’un Champion pour certains et des équipes plus resserrées pour d’autres. Electron Libre a toujours considéré que les questions relatives au "Numérique" sont hautement politiques, dans la mesure où les choix faits dans ce domaine engagent le développement à venir de notre pays. C’est donc sous l’angle de cette lorgnette, pas si petite que ça, que nous allons passer en revue les équipes de campagne des candidats aux primaires socialistes.
Le numérique est hautement politique
Arnaud Montebourg, très actif sur le net (Twitter, Facebook, blog perso, site de campagne mais pas encore Google+...), n’a pour l’instant dévoilé que quelques noms de son collectif de campagne : Aquilino Morelle, directeur de campagne, Frédérique Bredin, responsable de campagne, et Julien Dourgnon à la coordination des experts, entre autres. Quant au numérique, pas de conseiller attitré mais Arnaud Montebourg a à plusieurs reprises fait part de ses positions sur la question, notamment sur les libertés numériques.
François Hollande, premier secrétaire du PS de 1997 à 2008, a misé sur un fidèle du parti avec Vincent Feltesse, président de la communauté d’agglomération de Bordeaux, surnommé le M. Web du parti socialiste jusqu’en 2007. Après le congrès du Mans en 2005, Vincent Feltesse devient secrétaire national adjoint du Parti socialiste chargé des nouvelles technologies. En mars 2006, avec Jack Lang, il lance une grande campagne d’adhésions sur le Net qui permet de doubler le nombre d’adhérents du PS. En mars 2007, il fait partie (avec entre autres Maurice Ronai, Aziz Ridouan et Benoit Thieulin) de la Commission Rocard qui remet à Ségolène Royal un rapport sur les enjeux du numérique.
Aubry face aux défenseurs de l’Hadopi
Pour sa part, Martine Aubry a fait un choix beaucoup plus politique. A coté de la présence anecdotique de l’actrice et réalisatrice Sandrine Bonnaire, la maire de Lille s’appuie sur Patrick Bloche en charge de la Culture et des Médias, ainsi que sur Daniel Kaplan et Christian Paul pour le numérique à proprement parler. Le premier est député du XIè arrondissement de Paris, et s’est fait connaitre en 2009 en s’opposant au projet de Loi Hadopi, lui préférant l’alternative Licence globale. Un choix qui risque de placer le camp de Martine Aubry en délicatesse avec l’ensemble des défenseurs de l’Hadopi, en particulier les majors du disque et les grands groupes de médias. Daniel Kaplan est lui un véritable spécialiste du numérique, actuellement délégué général de la Fondation pour l’Internet Nouvelle Génération et Président de l’Institut européen du e-learning (EIfEL). Il travaille en coordination étroite avec le député de la Nièvre, Christian Paul, également chargé du Forum des idées, et des relations avec les think-tanks et les intellectuels. Christian Paul participe activement à tous les débats liés à l’Internet (droits d’auteurs, régulation, responsabilité, brevetabilité du logiciel, législation numérique, boucle locale et haut débit, e-démocratie) et organise des « Rencontres parlementaires pour la société de l’information et de l’Internet ». Il est d’ailleurs l’auteur du rapport remis à Lionel Jospin le 29 juin 2000 en faveur de la création d’un « Forum des droits et des libertés sur l’Internet » qui a préfiguré la création du Forum des droits sur l’Internet en vue d’une régulation non contraignante de l’Internet. Et il anime la commission TIC de l’Association des régions de France (ARF) et le projet « 27e Région » pour l’innovation publique.
Très actifs sur twitter
Manuel Valls a quant à lui dévoilé une équipe de campagne ressérée, avec notamment Luc Carvounas, directeur de campagne et Christian Gravelon en charge de la presse et de la communication. Pour l’instant, aucun conseiller n’est dévolu spécifiquement aux questions numériques mais le maire d’Evry a montré a plusieurs reprises son intérêt pour le sujet. Manuel Valls a par exemple mis en place dans sa ville le 23 janvier 2010 "ma-residence.fr", "premier réseau social de la vie locale, pour renforcer le lien social dans la ville !". Le député de la première circonscription de l’Essonne est également très actif sur les réseaux : Facebook, un site internet, et un compte twitter ouvert très récemment mais qu’il gère lui-même, à la différence de la grande majorité des politiques.
Pour Ségolène Royal, les TIC ont toujours fait partie de ses intérêts. Dans son équipe de campagne, on trouve notamment Delphine Batho, responsable du projet, et Najat Vallaud-Belkacem, adjointe au maire de Lyon, Gérard Collomb. Najat Belkacem est très engagée dans les questions de génération, elle croit en la révolution numérique, l’Internet libre et les réseaux sociaux. C’est donc assez rapidement qu’elle prendra position contre la loi Hadopi et fera partie du Collectif de 40 auteurs du livre « La Bataille d’Hadopi », lancé par la Quadrature du net, militant majeur contre la loi Création et Internet. Ainsi, par ce choix, Ségolène Royal, comme Martine Aubry, dans la lignée du projet socialiste, se positionne contre la loi Hadopi et ses défenseurs. Ségolène Royal est également très active sur twitter, et sur Facebook.
Enfin, Jean-Michel Baylet, président du Parti Radical de Gauche, n’a pas encore dévoilé l’ensemble de son équipe de campagne qui devrait s’appuyer en priorité sur les membres du bureau du parti.
Ainsi, les "dream team" sont en place, avec pour certaines des conseillers en charge spécifiquement des questions touchant au numérique. Bien que les grandes lignes des positions des divers participants soient dictées par le projet du parti, socle commun, nous interrogerons les candidats et leurs conseillers sur ces questions. Nous vous en rendrons compte dans les jours prochains. Restez connectés.
