Presstalis : un plan de retraites en suspens
Un comité d’entreprise extraordinaire se réunirait le 24 septembre. La question d’un plan social dont le coût, non encore financé, oscille entre 15 et 20 millions d’euros sera évoqué.
Il semble que depuis le mois de mai, la situation de Presstalis n’ait guère évolué. Un plan de redressement a été adopté à la veille de l’été, par l’Etat, les éditeurs et le groupe Lagardère. Aux termes de celui-ci, la décision de recapitaliser l’entreprise à hauteur de 125 millions d’euros a été prise, mais le versement des fonds publics est, comme le souligne Presstalis conditionné par une vaste réforme que l’entreprise devra mettre en oeuvre dans les toutes prochaines semaines autour d’un plan s’appuyant sur les préconisations de Bruno Mettling
A ce jour, celle-ci n’ayant pas été engagée, les pouvoirs publics n’ont pas encore débloqué les 45 millions d’euros qui ont été promis. Un comité d’entreprise extraordinaire serait donc prévu le 24 septembre prochain pour la mettre en route. Auparavant, Anne Marie Couderc, la nouvelle directrice générale de Presstalis recevra, dès la semaine prochaine, les patrons des coopératives pour leur faire part de l’échéancier concernant cette mise en route.
La disposition la plus lourde concerne la fermeture de SPPS, le principal dépôt de l’Ile de France et la réduction du nombre de poste au siège même de Presstalis. Dans la mesure où SPPS conserverait une structure commerciale, le départ de 230 à 250 salariés sur les 285 recensés au sein du dépôt est à l’ordre du jour. Au siège, 80 personnes, voire moins, pourraient être concerné dans la mesure où l’entreprise a déjà procédé à quelques départs négociés.
De 400 à 500 000 euros
Cette politique prendra fin dès la mise en route du plan social, des licenciements individuels ne pouvant plus se substituer à ce plan d’ensemble. A cette occasion, la drh de Presstalis a réalisé que ce sont principalement les moins de 35 ans qui sont venus frapper à la porte de ce guichet et non ceux qui approchaient la cinquantaine et qui pouvaient bénéficier d’une retraite anticipée. Leur réticence risque de compliquer la tâche d’Anne Marie Couderc qui n’a, par ailleurs, pas obtenu le financement de ce plan social.
A ce propos, le chiffre de 400 à 500 000 euros versé par l’Etat pour le départ de chaque ouvrier du Livre circule chez les éditeurs de la pqn. Aucun d’entre eux ne recevra, bien entendu, cette somme à titre personnel. Elle se substituera aux cotisations salariales et patronales qui auraient dû être versées aux caisses de retraite si les ouvriers restaient dans l’entreprise jusqu’à l’âge légal de la retraite. Celui-ci étant d’ailleurs repoussé de 60 à 62 ans, le montant alloué par l’Etat augmentera de 20% si Presstalis entend faire partir tous les salariés à partir de 50 ans. Voire 48 ans, s’ils bénéficient des allocations chômage.
Comme Presstalis envisage de faire partir entre 350 et 400 salariés, l’Etat devra débourser une somme comprise entre 15 et 20 millions d’euros selon les hypothèses envisagées. Et il faudra surtout convaincre le syndicat des ouvriers qui s’oppose au principe même d’un plan de retraite.
Chiffre d’affaires en baisse
Cette dépense alourdira singulièrement la facture finale de Presstalis sur laquelle de nombreuses incertitudes continuent de peser. Les fonds sont difficiles à rassembler et les recettes sont en baisse. Lagardère s’est, en effet, engagé à céder à Presstalis les 49% qu’il détient dans mediakiosk, un réseau de 800 points de vente, valorisés à 22,5 millions d’euros. Aucun repreneur ne s’est fait connaître pour cette opération qui risque de prendre de très longs mois.
En outre Bruno Mettling avait chiffré, le 2 avril, le déficit de Presstalis à 25 millions d’euros (contre 40 en 2009) à la condition que la réforme soit mise en route à cette date et que le chiffre d’affaires de l’entreprise reste constant. Or, la diffusion des magazines est en baisse de 6% depuis le début de l’année et celle des quotidiens nationaux de 8%.Rémy Pflimlin, ancien dg de Presstalis avait coutume de dire que la baisse du chiffre d’affaires de 1% de Presstalis entraîne un déficit mécanique de 2,5 millions d’euros pour l’entreprise.
La survie même de Presstalis est donc plus que jamais d’actualité.
