Pflimlin prendrait Europe 1, et Lescure France Télévisions
En juin, l’Elysée doit annoncer son candidat pour la présidence de France Télévisions. Alexandre Bompard est bien le favori, mais il pourrait se faire accompagner de Pierre Lescure, l’ancien PDG de Canal+. Tandis que Rémy Pflimlin abandonnerait Presstalis à son sort pour la direction d’Europe 1.
La nomination du président de l’Agence France presse réglée, l’Elysée a encore du pain sur la planche. Alexandre Bompard, le patron d’Europe 1 devrait bientôt faire ses valises pour le bureau de PDG de France Télévision. Le président de la République reste convaincu qu’il est le meilleur candidat, et l’opération médiatique menée par Alain Minc, afin d’apparaître comme le grand ordonnateur, ne l’a pas fait changer d’avis. La colère passée, Nicolas Sarkozy entend faire d’Alexandre Bompard le futur dirigeant de l’audiovisuel public.
Encore faut-il gérer maintenant les conséquences de ce mouvement, au combien symbolique... Tout d’abord, il conviendrait d’accompagner le jeune Alexandre (37 ans) dans son nouveau rôle, et pour cela, quoi de mieux que de faire confiance à un grognard de la mitterrandie ; une ouverture de plus diront les envieux, mais aussi un coup de maître pour l’Elysée. Bref, le nom de Pierre Lescure revient de plus en plus sûrement, comme le partenaire idéal. Les avantages à ce ticket Bompard-Lescure à la tête du holding public sont multiples : légitimité, efficacité, battage médiatique, entente, etc.
Esprit Canal à FTV
Alexandre Bompard, qui a aussi commencé sa carrière dans l’audiovisuel à Canal+, pourra ainsi s’appuyer sur une figure archi-connue du PAF pour asseoir sa légitimité mais aussi travailler dans la sérénité à la modernisation de la maison, et lui faire franchir les étapes qui mèneront les chaînes du service public vers le monde des réseaux. Tandis que Pierre Lescure saura faire valoir sa très bonne connaissance du milieu de la production et de la diffusion pour donner aux chaînes un nouvel élan. Peut-être que l’esprit Canal va ainsi souffler sur France 2, France 3 ou plus sûrement France 5, d’autant que la nomination de Dominique Farrugia, un ancien du groupe crypté, qui se verrait propulsé à la tête des programmes, n’est pas à exclure... Comble de l’ironie, France Télévisions a perdu en partie la publicité comme ressource principale à la suite d’une décision de Nicolas Sarkozy, et justement Lescure, Farrugia et Bompard, en tant qu’anciens de Canal+ la cryptée, n’ont jamais vraiment été concernés par la course à l’audience de la chaîne ou encore aux budgets publicitaires !
Reste cependant un obstacle de taille : Pierre Lescure n’a pas donné son accord, pour le moment, et il ne va pas être évident de dégager un salaire à la hauteur des prétentions du bonhomme. En effet, Alexandre Bompard a obtenu une double casquette de président et directeur général, afin de ne pas trop revoir à la baisse son train de vie actuel. La balle est donc maintenant dans le camp de l’Elysée, Bercy et du ministère de la Culture et de la Commnication. Cela dit, si Pierre Lescure ne devait pas trouver les conditions suffisamment alléchantes, Jean-Pierre Cottet, qui végète depuis plusieurs années dans le groupe Lagardère, ferait un remplaçant de choix.
Et Europe 1 dans tout ça ? Dépossédée de son patron, celui-là même qui avait réussi à remettre les audiences au beau fixe, mais aussi à galvaniser l’esprit d’équipe de la rue François 1er, la radio est un actif prioritaire pour le groupe Lagardère. Arnaud Lagardère, dont le retour aux commandes du groupe depuis l’attaque avortée du spéculateur Guy Wyser-Pratte se confirme, a bien sa petite idée. Il y a une dizaine de jours, le gérant de la commandite a fait passer le message que la direction d’Europe devrait revenir à Rémy Pflimlin, actuel directeur général de Presstalis, dont Lagardère est justement l’opérateur. En prime, Marc-Olivier Fogiel serait promu à la direction des antennes. Les discussions sont en cours depuis, et elles pourraient bien déboucher sur l’une des plus belles parties de chaises musicales de ces dernières années, mais avec cette fois, l’impression que les bonnes personnes sont aux bonnes places, ce qui n’est pas si fréquent dans notre vieille république.
