Pas de quotidiens nationaux dans les kiosques aujourd’hui !
Ce mercredi, il faudra aller sur internet pour s’informer de l’actualité. Les journaux nationaux n’étaient pas disponibles aujourd’hui en France, en raison d’une grève aux NMPP, principale société de distribution de la presse.
Pour preuve, l’édition du quotidien Le Monde datée de mercredi, n’a pu être imprimée et n’était disponible hier qu’en version électronique (gratuite) à partir du site Web Lemonde.fr.
Exit des kiosques : Le Figaro, Le Monde, les Echos, Libération, l’Equipe ou l’Humanité… La plupart des quotidiens (latribune.fr et lesechos.fr entre autres) qui ont habituellement une version payante, offrent donc aux internautes l’intégralité en ligne du journal du jour.
Un bonheur pour les internautes qui a fait le malheur des quotidiens nationaux : une grève de 24h a été lancée par les ouvriers du Livre de la CGT-NMPP (Nouvelles messageries de la presse parisienne), paralysant depuis mardi la distribution des journaux. La pomme de discorde portait sur un désaccord de la CGT-NMPP avec le SGLCE (Syndicat Général du Livre et de la Communication Ecrite) au sujet d’un texte évoquant la modernisation des imprimeries de ce secteur.
Le sujet sur la modernisation des imprimeries, a été pourtant le fruit de 8 mois de négociation entre les Editeurs du SPQN et leurs partenaires sociaux. La mesure impliquait un texte d’accord définitif prévoyant également un dispositif de reconversion exeptionnel, appuyé sur des formations longue durée pour assurer le reclassement dans les meilleures conditions des ouvriers et cadres techniques concernés.
Un texte également censé ouvrir la voie d’un redéploiement de l’ensemble des métiers de la presse qui n’aura eu d’autres répercussions que générer le gel des parutions de la Presse quotidienne Nationale, ainsi que lancer une série de revendications contestataires des deux partis en cause.
Aujourd’hui, les Editeurs du SPQN font entendre d’une seule voix leur révolte face à cette grève, estimant "qu’une non parution des quotidiens fait uniquement le jeu des médias concurrents de la presse quotidienne nationale. Les quotidiens peuvent continuer à toucher leurs lecteurs par internet. La disparition des éditions papier de ces mêmes quotidiens entraînera par voie de conséquence la disparition immédiate des métiers qui les impriment".
Tenir tête
"La presse quotidienne sera toujours la première victime de ces conflits intersyndicaux", commente un proche du dossier, "parce qu’elle a une durée de vie limitée, elle dispose également de faibles moyens de contourner un blocage comme celui-ci". Et de préciser qu’il s’agit exclusivement"d’un dommage collatéral d’un conflit de visions entre deux CGT, qui met à mal le rôle de deux acteurs : la Presse Quotidienne Nationale (PQN) et les NMPP" ! Car selon lui, "la grève n’a rien à voir avec une mise en cause de ces acteurs, puisqu’elle puise son blocage du côté des imprimeries... ce qui n’empêche pas qu’elle gangrène l’édition ! Ces deux CGT se tirent la bourre depuis des années : les métiers liés à l’impression, notamment les rotativistes, s’opposent au SGLCE, présents dans la distribution".
De leur côté, le SGLCE-CGT compte bien tenir tête aux Editeurs et maintient que ce texte sur la modernisation des imprimeries prévoyant un volet de formation " sera utilisé essentiellement pour justifier des licenciements à venir au sein de la branche ".
Les Editeurs souhaitent alerter l’ensemble des acteurs de la Profession sur l’importance de cet accord Imprime, actuellement soutenu par les Pouvoirs Publics et dont la mise en place a déjà permis le redémarrage de la modernisation de la profession. Dans le cadre des Etats Généraux de la Presse Ecrite tenus fin 2008, la SPQN et leurs partenaires sociaux avaient engagé un important cycle de négociation pour mars 2009. Au programme : régler le problème des conditions d’impression de la presse quotidienne nationale, très handicapantes pour des quotidiens français dans une conjoncture déjà plombante.
