Orange dit oui à Apple pour iSlate, les dessous de l’affaire
Apple et Orange sont d’accords sur le principe. La future tablette à la pomme fait déjà l’objet d’une discussion entre les deux sociétés. Orange entend bien la proposer à ses clients dès l’annonce de sa sortie officielle par Apple.
Tout bon observateur du monde Apple depuis une dizaine d’années n’a pu s’empêcher de remarquer un changement de taille. La firme de Cupertino garde le silence sur les nouveaux produits, mais que les partenaires parlent, s’étendent même sur ces secrets, ne dérange plus. Ainsi, Stéphane Richard ce matin sur Europe 1 s’est-il permis d’annoncer fièrement qu’Orange avait bien des visées sur la prochaine "révolution made in Cupertino", la fameuse tablette connue sous le nom de iSlate. Le directeur général n’a même pas eu la prudence de mettre le conditionnel dans ses propos. Et pour cause, Apple laisse faire... La preuve, la foudre n’a pas frappé. Apple n’a pas passé le moindre coup de fil pour dire que ce n’était vraiment pas très fair-play. De là à dire qu’il y aurait connivence...
Dans les faits, Orange est en relation avec Apple de longue date pour négocier l’arrivée de l’iSlate. Olaf Swantee, le patron des activités mobiles et responsable aussi des performances financières du groupe, mène les discussions avec les cadres d’Apple pour le compte d’Orange. Pour le moment, celles-ci n’ont pas abouti à un accord signé, mais Orange a montré par la voix de son directeur général, Stéphane Richard, tout l’intérêt que l’entreprise montre pour cette tablette Mac. D’autant qu’elle est dotée d’une puce 3G, et qu’elle sera ainsi capable de se connecter aux réseaux cellulaires.
Bouygues s’énerve
Les termes de la discussion entre Apple et Orange ne sont guère différents de ceux qui avaient prévalu pour iPhone : exigences d’Apple sur la communication, engagements de l’opérateur sur les commandes, etc. Avec une différence de taille cependant, cette fois Orange rechigne à demander une exclusivité en contre-partie. L’opérateur n’a pas vraiment goûté le verdict de la concurrence sur le contrat iPhone, et ne veut pas rechuter.
Une fois les modalités arrêtées, ce sera alors à Stéphane Richard que reviendra l’insigne honneur de parapher le contrat avec Apple. Il remplacera ainsi aux côtés de Didier Lombard, le Pdg du groupe, Louis-Pierre Wenes, qui avait, pour sa part porté le projet iPhone chez Orange, avant d’être démissionné à la suite de l’affaire des suicides.
Orange a fait d’Apple l’une de ses priorités, et l’iSlate est en haut de la liste, bien entendu. Qu’importe que ce genre de produit n’ait pas percé jusqu’à présent dans le grand public. Depuis l’iPhone et son succès tonitruant sur le marché français, la direction de l’opérateur a appris à croire en la pomme, et à la capacité exceptionnelle de ses collaborateurs à transformer un concept en idées brillantes puis en produit de référence ; et cela à des conditions qu’aucune autre marque n’est capable d’obtenir. Ce qui a le don d’énerver d’ailleurs les autres opérateurs, comme Bouygues Télécom notamment... La filiale du groupe de BTP n’est pas satisfaite du contrat signé avec Apple concernant la commercialisation de l’iPhone, et cherche par tous les moyens à en revoir les termes. Une réaction étonnante, et tardive, lorsqu’on sait que Bouygues, Orange et SFR sont tous les trois à la même enseigne. Bouygues savait donc très bien où il "mettait les pieds" en signant avec Apple - qui plus est après les avoir attaqués.
Apple présentera au monde entier la tablette magique fin janvier. Les experts de la rumeur se disputent encore pour savoir si cela sera le 26 ou le 27 janvier. La commercialisation devrait intervenir à partir du mois de mars selon toutes vraisemblances, et Orange sera là, fidèle au rendez-vous - cependant il est possible qu’Apple ne sorte le produit qu’aux Etats-Unis dans un premier temps, ce qui devrait décaler un peu l’épilogue fruitier.
