Les 12 travaux numériques et audiovisuels d’Ayrault 1er

Le 18 mai 2012, Politique

Les dossiers s’accumulent déjà sur les bureaux de Fleur Pellerin et Aurélie Filipetti. Après l’épisode Frédéric Mitterrand, qui a provoqué la gronde des ...

Premier gouvernement Hollande, la culture du numérique

Le 16 mai 2012, Politique

Fleur Pellerin au numérique, Aurélie Filipetti à la culture et la communication, François Hollande a souhaité que soient représentés dans son premier ...

Facebook : Mauvaise publicité avant l’introduction en bourse

Le 16 mai 2012, Web 1,2,3

General Motors, troisième annonceur américain, va stopper toute publicité payante sur Facebook au motif que celle-ci est "inefficace". Une alerte ...

Free Mobile, la "passation" des 3 millions d’abonnés en vue

Le 15 mai 2012, Web 1,2,3

Premier point d’étape, Free Mobile a recruté 2,6 millions d’abonnés. Xavier Niel propose un rapprochement avec le réseau d’Orange. Iliad entend doubler ...

OnLive : la menace fantôme du cloud gaming

Le 10 Décembre 2010 dans Gaming par François Bliss de la Boissière

Sur-médiatisée, la start-up qui veut faire exister dès maintenant le cloud gaming multiplie depuis quelques jours les initiatives à la marge. Pas si malléable, le jeu vidéo ne serait plus le seul objectif de conquête. VOD, appli universelle qui supprimerait les frontières des appareils physiques élargissent déjà le terrain de jeu d’OnLive…

En service depuis juin dernier et uniquement disponible pour les clients américains, le service OnLive se positionne depuis ses débuts comme l’avenir du jeu vidéo. Plus besoin d’une console de jeu surpuissante ou d’un ordinateur lui aussi surpuissant à domicile, un PC équipé de Windows (7, Vista ou XP) et un Mac Intel (OS X : 10.5.8 et plus) capables d’afficher de la vidéo suffisent. OnLive héberge et fait fonctionner à distance les jeux sur ses serveurs. Seule contrainte requise pour l’utilisateur, une bande passante d’au moins 5 mégabits pour une résolution HD (3 Mbps minimum demandé, obligatoirement filaire puis Wi-Fi en version bêta depuis septembre). Le principe fascine et fait rêver depuis l’annonce audacieuse du projet parce qu’OnLive propose de vrais gros jeux contemporains nécessitant de la puissance de calcul et non des passe-temps ou jeux sociaux à technologie modeste. La société a réussi à convaincre de grosses pointures telles Electronic Arts, Ubisoft, Take Two ou Square-Enix de participer à l’expérience.

Le complexe de God (Game on Demand)

Parmi la trentaine de jeux actuellement disponibles à la demande, des titres haut de gamme (Darksiders, le dernier Prince of Persia…) côtoient des plus quelconques ou la perle indé un peu isolée : World of Goo. Les prix et modalités de jeux varient d’un titre à l’autre. Il faut débourser 30 $ pour obtenir un Full PlayPass et jouer en location illimitée au prestigieux Assassin’s Creed II d’Ubisoft. Mais le jeu peut être essayé gratuitement. Démo aussi gratuite pour Batman : Arkham Asylum de Square-Enix dont le tarif se décline en 5 $ pour 3 jours de jeu, 7 $/5 jours et 40 $ pour jouer sans limite de temps. L’accès libre à l’édition Game of The Year de Borderland contenant toutes ses extensions coûte 50 $, sans palier de décompression. Plus cher que la version en boite (30 $ le jeu PC sur Amazon.com). L’avantage - si cela en est un - de jouer à un jeu techniquement ambitieux sans être propriétaire ni du jeu ni d’un PC à sa hauteur a quand même son coût.

Fantasmes à la demande

Dévoilé en 2009, le projet fut reçu avec autant de scepticisme – trop en avance sur son temps, que de couverture médiatique – l’avenir du jeu ressemblera sans doute à cela. Annoncé pour septembre 2009, le service a finalement été lancé en juin 2010. En Europe, la date de mise en service reste encore hypothétique. Éloignés et partagés, les avis techniques plus ou moins tolérants avec la réelle efficacité technique et les temps de latence ne permettent pas encore de confirmer ou d’invalider l’expérience. Surtout que la société OnLive semble décider à évoluer rapidement et à faire parler d’elle. Plusieurs initiatives significatives ont à nouveau attiré l’attention.

Business modèle évolutif

Un client peut désormais opter pour un abonnement mensuel forfaitaire de 10 $ qui lui donne un accès illimité à une sélection de jeux récents, classiques et indépendants (1). En solution alternative, OnLive propose depuis peu d’accéder à son service de game on demand à partir d’une box à brancher sous la TV HD (les premières box doivent être livrées à la date du 10 décembre). Pour 99 $, l’abonné reçoit la "MicroConsole", câbles, chargeur de batterie et une manette de jeu sans fil également capable de piloter des activités multimédia. OnLive prend ici de court le marché des consoles de jeu dont la 8e génération, post PS3 et Xbox 360, pas attendue avant 3 ou 4 ans, pourrait ne plus consister qu’en des boitiers griffés mais bon marché donnant accès aux services des uns et des autres.

OnLive ambition universelle

Il y a deux jours, OnLive se faisait à nouveau remarquer. D’abord avec la présentation d’une appli iPad qui permet, non-pas-encore-mais-bientôt de jouer, mais de regarder, tel un spectateur, des jeux pratiqués en direct par des utilisateurs d’OnLive installés chez eux. Plus surprenante encore, l’appli devrait permettre de faire fonctionner des applis Windows 7 sur iPhone ! Potentiellement de manière plus efficace que les bureaux virtuels déjà proposés par l’appli Parallels Mobile. L’OnLive Viewer est aussi en préparation sur Android. Hier, OnLive annonçait le projet de se lancer dans la Vidéo à la demande en 2011 en s’appuyant sur sa box reliée aux TV HD. Avec dans le collimateur la réussite fulgurante et quasi monopolistique de Netflix aux USA qui vient de passer avec succès de la location physique par courrier de DVD au streaming direct. L’ambition d’OnLive vient encore de monter d’un cran. Une dernière marche toutefois franchie un peu trop vite par certains médias, comme Reuters, selon Steve Perlman, CEO d’OnLive, qui a été obligé de préciser que, bien sûr, si OnLive a autant la capacité technique de distribuer de la vidéo en streaming que Netflix, ce dernier a un catalogue de films qu’OnLive n’a pas les ressources de développer dans l’immédiat. Et des millions d’abonnés fidélisés.

Le handicap du jeu PC

OnLive a beau représenter dès aujourd’hui ce que sera le mode de distribution du jeu vidéo de demain, le système s’appuie sur quelques handicaps endémiques. À de rares exceptions près, le développement de jeux sur PC est devenu secondaire derrière les versions consoles dans l’organigramme de la plupart des éditeurs. Les versions PC des jeux ambitieux sortent le plus souvent après les versions consoles et n’ont plus un suivi ou un aboutissement technique aussi pointilleux que sur console où les volumes de vente se concentrent désormais (hors jeux Blizzard bien entendu). Un jeu PC ou Mac pratiqué à distance avec OnLive ne garantira pas qu’il s’agira d’un jeu 100 % optimisé. Même si dans le data center d’OnLive, le jeu tourne sur une machine ultra performante. Malgré la foule mordante des défenseurs de l’interface clavier/souris pour jouer (RTS ou FPS), l’ergonomie sans cesse raffinée des manettes de jeu sur console a bel et bien fini par imposer son évidence. Les Nintendo, Sony et Microsoft s’affronte également autour des qualités respectives de leurs manettes de jeu toutes plus sophistiquées les unes que les autres. Sans trop s’aventurer, la manette de jeu fournie par OnLive avec sa box ne peut que ressembler aux innombrables, peu étudiées et cheap manettes que l’on trouve depuis la nuit des temps sur PC (il existe une version PC compatible de la manette Xbox 360. OnLive précise qu’elle est justement compatible pour jouer sur ordinateur comme un certain nombre d’autres signées Logitech ou MadCatz, moyennant- aïe - le bon pilote, mais pas sur sa "MicroConsole").

Vaporwares

Dans sa courte histoire, le jeu vidéo a vu passer quelques comètes fumeuses. La trop ambitieuse 3DO de Trip Hawkins et Panasonic des années 90, l’impraticable téléphone-console de jeu N-Gage de Nokia qui a cru dans les années 2000 qu’il suffisait de débarquer avec de gros moyens pour se découvrir un savoir-faire. Et puis des projets opportunistes vraiment douteux comme la portable Gizmondo, mort-née en 2005 et, curieusement proche de ce que propose OnLive, la console Phantom qui portait bien son nom et promettait à la même époque de jouer déjà à des jeux PC à distance. Elle ne verra jamais le jour et le parcours de son filou CEO se conclura en Ferrari contre un arbre. Plus assuré, le projet OnLive serait en développement depuis huit ans et pèserait aujourd’hui 1,1 milliard de $. Connues et publiques, les pointures à la tête d’OnLive convainquent peut-être investisseurs, technophages et population peu concernée par le jeu sur consoles et TV. Mais en voyant le large virage déjà opéré par OnLive vers d’autres activités, pas sûr que talent, argent et convictions suffisent à domestiquer le monde du jeu vidéo. Cette bête insaisissable qui court toujours en première ligne et sur l’échine de laquelle se tuent nombre de bonnes volontés technologiques.

1 Toutes les descriptions de services énumérées ici sont tirées du site OnLive lui-même, la plupart d’entre elles en phase bêta et donc sujettes à précautions d’usage.

Photo de Une © DR

Partager cette information

0 Commentaire

Ajouter un commentaire


modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)