On change de dizaine... 2010, le best of
En refermant le livre de l’année écoulée, on peut légitimement ressentir un léger pincement au coeur. 2009 est certainement l’année du grand bouleversement pour le papier. Et 2010 celui de sa disparition progressive.
Voici donc un florilège d’informations qu’il convient de garder en mémoire, tandis que cette nouvelle année aurorise...
Débutons cette revue par le vainqueur toutes catégories de l’année 2009 : L’iPhone. Dévoilé en février 2007, puis commercialisé dans une version sans la 3G et un peu poussive, la troisième génération du multi-touch d’Apple est un véritable phénomène, aussi bien commercial que technologique. Toutes les marques veulent faire mieux, ou du moins aussi bien ; tous les développeurs veulent profiter de la manne de l’AppStore ; et les opérateurs se battent pour le commercialiser, tant cet appareil a redéfini le marché de la mobilité. 2009 fut l’occasion pour Apple de changer sa stratégie de distribution de l’iPhone. Après avoir privilégié les accords exclusifs avec les opérateurs de télécommunications, Apple libère la distribution d’iPhone, et les ventes explosent. Sur l’année, les 30 millions d’unités vendues devraient être dépassées. Avec des pointes selon les pays, : ainsi en France, selon le Figaro, iPhone se taille la part du lion (+50%) sur le segment des smartphones. La concurrence se bat pour des miettes, à coup de promotions, mais rien ne semble arrêter iPhone, pour l’instant. Et pour confirmer la suprématie du tactile d’Apple, Didier Lombard, le encore Pdg d’Orange, a indiqué dans un entretien aux Echos que l’iPhone avait représenté 77% des ventes de téléphones de l’opérateur pour les fêtes de fin d’année. Une performance époustouflante, qui consacre le règne de l’iPhone, désormais.
La hype Kindle et Pre
A côté d’Apple, Amazon, Palm et Motorola tentent d’ouvrir une brèche pour émerger du vortex. Amazon a beaucoup communiqué sur le Kindle, la fameuse tablette avec encre électronique permettant un confort de lecture inégalé des livres ou des magazines dématérialisés. Malheureusement, l’appareil n’a pas été un hit pour les ventes. Au point qu’Amazon a largement entretenu le flou sur le nombre de ventes réelles. Le Kindle a-t-il atteint la barre du million ? Difficile de répondre, mais si cela avait été le cas, il y a fort à parier qu’Amazon l’aurait annoncé... Le flou est aussi fort bien entretenu concernant les ventes de livres électroniques. Amazon a ainsi annoncé triomphalement que pour la première fois cette année que les livres dématérialisés s’étaient vendus plus que les versions classiques en papier, mais ces déclarations sont largement remises en cause : Amazon aurait surtout écoulé des ebook gratuits.
Une politique de communication prudente que Palm aurait dû aussi employer concernant le Pre. Le portable équipé du système Web OS n’a pas non plus percé sur le marché des mobiles. Avec des ventes en-deça des estimations et des attentes pour l’opérateur Verizon, qui en avait l’exclusivité sur le territoire américain. Palm est plus que jamais affaibli, avec des résultats financiers qui sont certes meilleurs qu’il y a un an, grâce à un plan d’économie, mais sans véritables perspectives de croissance.
Toujours dans le même style, Motorola s’est lancé à la course au smartphone. Avec le Droid, la firme aux ailes d’argent espère bien retrouver un peu de crédibilité auprès des clients exigeants. Le mobile ayant été lancé en fin d’année, il est encore un peu tôt pour se prononcer. Cependant, le fabricant n’a pas lésiné sur les quantités, n’hésitant pas à saturer les magasins pour s’assurer un maximum de visibilité.
Les consommateurs raffolent des appareils électroniques, c’est un fait. En revanche, ils n’ont plus goût aux journaux. C’est un autre fait. La presse vit une crise sans précédent. En France, il faut chercher minutieusement pour dénicher un groupe de presse qui n’affiche pas de lourdes pertes sur l’année. Si bien que tout le monde est en vente, mais qu’il n’y a pas d’acquéreur. Demandez à Bernard Arnault, François Pinault, le groupe Roularta (L’Express), ou encore Serge Dassault - non, peut-être pas celui-ci -, si par bonheur un acheteur venait avec une belle offre, quelle serait leur réaction ? Il serait aussi charitable de ne pas trop s’étendre sur la situation du groupe Le Monde, qui n’a toujours pas retrouvé une situation financière saine depuis le départ d’Alain Minc, Jean-Marie Colombani et Edwy Plenel, tandis que la direction et les actionnaires semblent assister impassibles aux déchirements entre "le print et le web". Une recapitalisation est d’ailleurs prévue pour 2010. Une de plus, serait-on tenté de dire, sans plus de perspectives d’avenir durable.
Revenus
Heureusement, 2009 n’a pas été qu’un rendez-vous de mauvaises nouvelles. Tandis que la presse s’effondre, les pure players de l’information ont gagné en notoriété et en audience - en attendant de savoir de quoi précisément ils vont vivre dans les années à venir. D’autant que le champ de bataille de l’information s’est déplacé avec l’avénement des réseaux, et l’apparition des mobiles connectés. La puissance d’investissement dans les nouvelles technologies qui séduisent le public est devenu un atout maître.
Il serait bien injuste d’oublier dans cette rétrospective la manière dont le Web 2.0 a définitivement modifié notre appréhension du réseau. Facebook, Twitter et d’autres ont considérablement remis en perspective les enjeux du virtuel. Cette fois, l’argent semble être au rendez-vous, pour YouTube, Hulu, Dailymotion, et même Twitter, qui a annoncé récemment un accord avec les moteurs de recherche pour autoriser l’indexation de son contenu.
Les éléments prennent place dans ce nouveau paysage, alors que débute cette année 2010. Le réseau se prépare à investir enfin les écrans de télévision. Sa progression semble plus que jamais irrésistible. La vie y gagne une nouvelle densité électronique. Les rapports sont démultipliés par l’interactivité et l’hyper connexion apporté par le mobile, les réseaux sociaux, ce qu’on a appelé les massive medias. Peut-être aussi peut-on avancer que ce que n’avaient pas prévu les romanciers d’anticipation, c’est la volonté délibérée des gens de participer à une vaste entreprise de visibilité globale. Bref, à venir de leur plein gré cliquer dans la toile de Big Brother....
