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OS mobiles : Microsoft, Google, Apple, la guerre à coups de milliards

Le 17 Février 2011 dans So_amazing par Jean-Sébastien Zanchi

Microsoft, Nokia, Google, HP, ils étaient tous au salon du GSM, le Mobile World Congress, qui se tenait à Barcelone. Les stratégies pour prendre le meilleur sur le marché du mobile se confrontent désormais. Google veut faire cavalier solitaire, alors que les autres ont opté pour une réplique du modèle Apple.

Microsoft s’est-il offert Nokia ? Loin des considérations techniques des smartphones et tablettes présentées à foison sur le Mobile World Congress, cette question était l’une des plus récurrentes sur le salon barcelonais de la téléphonie mobile. Cet accord très avancé entre les deux sociétés fait désormais d’Android la cible privilégiée de Windows Phone.
Cette entente entre Nokia et Microsoft montre bien comment ces derniers veulent s’imposer sur un marché où tout reste à faire (dans les pays développés, la proportion des ventes de smartphones n’est que de 30 %). Beaucoup d’observateurs présents sur le salon de Barcelone n’hésitaient pas à qualifier cette alliance de « rachat déguisé ». Stephen Elop, ancien cadre dirigeant de Microsoft il y a à peine plus de six mois, apparaît de plus en plus comme un cheval de Troie entré dans la société finlandaise. Même s’il déclare avoir déjà revendu 60 % de ses actions détenues au sein du capital de son ancien employeur, il en était il y a peu son huitième actionnaire particulier, avec 130 000 actions estimées à 3,18 millions de dollars.

Homme de Microsoft

Depuis son arrivée, Elop place ses pions, comme dernièrement Chris Weber, nommé à la tête de Nokia USA et ancien collaborateur de… Microsoft. S’il tournait autour du pot lors de ses conférences de presse, Stephen Elop ne cachait plus à Barcelone, lors de ses entretiens en one to one, que Microsoft était venu chercher Nokia avec plusieurs milliards de dollars dans ses valises. On en serait presque à se demander si le Canadien n’a pas été nommé en tout état de cause. Mais, à l’image du rachat de Palm par HP, cette signature va plus loin qu’une simple adoption du système d’exploitation mobile. C’est une vraie coopération qui va se mettre en place entre les deux sociétés ; Nokia ayant le droit de modifier plus en profondeur le système que les partenaires actuels de Microsoft, mais aussi de l’adapter à des plateformes techniques moins puissantes que celle imposée aujourd’hui par l’éditeur. Une dérogation qui permettra d’équiper des smartphones de milieu de gamme. Là même où Android s’est imposé.

100 000 ventes en France

Elop l’a répété plusieurs fois, Nokia est à la recherche d’un véritable écosystème plus qu’un simple système d’exploitation. Dans cette optique, le choix de Windows Phone semble être le bon. Selon Olivier Ribet, nouveau patron de la division mobile de Microsoft en France, « deux tiers des applications téléchargées sur le Marketplace sont payantes et une partie des 30 % ponctionnés par Microsoft est redistribuée aux opérateurs ». De quoi attirer développeurs et opérateurs pour créer ce cercle vertueux inventé par Apple. Reste maintenant à concrétiser cela en termes de vente : « Nous avons vendu deux millions de licences Windows Phone 7 aux constructeurs  », précise dans ce sens Oliver Ribet. De son côté, Samsung semble déçu des moins de 100 000 ventes dans l’hexagone, un chiffre en-dessous des objectifs fixés par le Coréen. Mais un peu de patience pourrait suffire à Microsoft qui excelle dans cette qualité, comme la société l’avait montré en finissant par imposer sa Xbox après de nombreuses années de vaches maigres.

Poches pleines

De son côté, Google se contente d’engranger des recettes tirées de sa régie publicitaire, sans redistribuer quoi que ce soit à ses tiers. L’Android Market est la plateforme sur laquelle il se vend le moins d’applications payantes, et cela convient parfaitement à Google qui privilégie une forte audience pour sa publicité sur mobiles. 57 % des applications disponibles y sont gratuites quand on tourne plutôt autour du quart sur l’App Store, l’App World ou le Marketplace. Pourtant, la stratégie de Microsoft qui arrive auprès des constructeurs les poches pleines semble interpeler Google. Au point que certains à Barcelone évoquaient à demi-mot que lui aussi commençait à proposer quelques subsides à ses partenaires industriels, reniant ainsi son modèle économique basé entièrement sur la gratuité, mais dont on commence à percevoir les limites.
Cette attitude perturbe désormais l’équilibre précaire qui semblait s’installer sur le marché des OS mobiles. Les fabricants peuvent ainsi retrouver la main sur les négociations avec les éditeurs de systèmes d’exploitation. Rien n’empêchera maintenant Samsung, LG ou HTC de demander à Microsoft de subventionner ses achats de licences Windows Phone ou de le placer en concurrence avec Google pour utiliser l’OS du plus offrant. Cette guerre qui s’intensifie met également à mal Apple qui préfère rester très indépendant des opérateurs télécoms et bâtir son modèle économique sans eux, voire même sur leur dos. Un risque de plus en plus important pour l’iPhone qui ne se vendrait pas sans eux.

Plateforme des opérateurs

Depuis que l’iPhone est en vente chez Verizon aux USA, Randal Stephenson, patron d’AT&T qui en détenait alors l’exclusivité, se lâche. À Barcelone, il estimait même que le modèle de l’App Store n’était pas le bon : « Vous achetez une application pour un système d’exploitation et si vous voulez l’exécuter sur un autre appareil ou sur une autre plateforme, vous devez l’acheter à nouveau ». Et de vanter leur conception en HTML5 et leur commercialisation au sein du Wholesale Applications Community, une plateforme dédiée à ce genre d’applications universelles, bien entendu créée et gérée par les opérateurs. Une initiative qui veut elle aussi bousculer les équilibres.

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5 Commentaires

  1. Sonyc91 le 17 février 2011


    Un risque de plus en plus important pour l’iPhone qui ne se vendrait pas sans eux.



    Une affirmation bien péremptoire qui ne coule absolument pas de source. Un indice : comment se comportent les ventes d’iPad dont les opérateurs n’ont gagné que très tard le droit de le subventionner ?


    le modèle de l’App Store n’était pas le bon




    Il est rigolo le gars. Il a fait son beurre sur l’exclusivité de l’iPhone pendant plus de 3 ans, profitant à plein du fameux cercle vertueux, et maintenant il se réveille ? Si c’était si important, il fallait se bouger avant. Quand en 2007 Apple a sorti l’iPhone, ni le matériel (même pas 3G), ni le système (un unix de 40 ans avec une interface graphique minimaliste et un pilote pour écran tactile) n’étaient révolutionnaires. Toutes les briques existaient déjà sur le marché et concurrents comme opérateurs auraient pu se lancer. Seulement comme d’habitude, c’est Apple qui a trouvé la bonne manière de faire. Et maintenant les concurrents et opérateurs viennent se plaindre. Qu’ils présentent du concret et pas des projets à 6 ou 12 mois !



  2. client le 17 février 2011

    Vous oubliez pas un petit détail. Je crois que ça s’appelle "client" ou un truc comme ça.



  3. tharkun le 17 février 2011

    Je suis plutôt d’accord avec la majorité de l’article, mais qu’on vienne pas me sortir que Google devrait PAYER les fabricants pour qu’ils utilisent un OS qu’il est le seul à construire, ça serait juste le monde à l’envers ! Déjà que c’est gratuit, faudrait pas pousser mémé dans les orties comme on dit. Ils seraient bien dans la merde sans Android tous les fabricants...



  4. Jeanloub le 17 février 2011

    Et puis les opérateurs en viendront tôt ou tard à jeremier si Apple, d’aventure tente de lancer son propre réseau 3G... Ce qui n’est pas totalement exclus, eu égard au matelas de billets verts dont dispose Apple...Parce que si bien suivi, l’implantation d’une puce SIM estampillée Apple est envisagée.Cupertino est en capacité de le faire ; ce que redoutent les operateurs...



  5. Hegurka le 17 février 2011

    "57 % des applications disponibles y sont gratuites [à propos de Google] quand on tourne plutôt au tour du quart sur l’App Store" n’est pas un argument qui tient dans la mesure où ce sont les développeurs qui choisissent de vendre ou de laisser gratuites leurs apps et non pas Google ni Apple.



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