Les 12 travaux numériques et audiovisuels d’Ayrault 1er

Le 18 mai 2012, Politique

Les dossiers s’accumulent déjà sur les bureaux de Fleur Pellerin et Aurélie Filipetti. Après l’épisode Frédéric Mitterrand, qui a provoqué la gronde des ...

Premier gouvernement Hollande, la culture du numérique

Le 16 mai 2012, Politique

Fleur Pellerin au numérique, Aurélie Filipetti à la culture et la communication, François Hollande a souhaité que soient représentés dans son premier ...

Facebook : Mauvaise publicité avant l’introduction en bourse

Le 16 mai 2012, Web 1,2,3

General Motors, troisième annonceur américain, va stopper toute publicité payante sur Facebook au motif que celle-ci est "inefficace". Une alerte ...

Free Mobile, la "passation" des 3 millions d’abonnés en vue

Le 15 mai 2012, Web 1,2,3

Premier point d’étape, Free Mobile a recruté 2,6 millions d’abonnés. Xavier Niel propose un rapprochement avec le réseau d’Orange. Iliad entend doubler ...

Numérique et Hadopi : Nicolas, le petit

Le 24 Février 2012 dans Politique par Emmanuel Torregano

La droite au pouvoir a composé avec les forces en présence pour imposer une défense molle du droit d’auteur. La gauche se concentre sur l’Hadopi, mais n’a pas su montrer de voie alternative.

Nicolas, le petit. Victor Hugo avait eu ce trait de génie pour décrire l’ascension, rapide car courte, de Napoléon III. Il convient parfaitement au locataire de l’Elysée. Il sied même comme un gant à celui-ci, dès qu’il s’agit de parler de culture, de médias et de numérique. Le costume ne fait pas la grandeur de l’action, et la fonction n’y ajoute rien. Comme on va le voir par la suite...
Fier à bras, comme pas un, Nicolas Sarkozy, à peine élu, voulut faire de la défense du droit d’auteur un point fort de son quinquennat. Il recula, recula, et recula encore, pour accoucher dans une douleur de parturiente à l’Hadopi. L’enfant destiné à naitre le couteau entre les dents n’eut pas le choix, et reçu un hochet bruyant comme premier jouet. Partout où il allait, il devait trimballer cet avertisseur, qui le rendait même embarrassant dans son propre camp politique, celui de son père, sans parler de l’antipathie qu’il générait dans les tréfonds du web.
Alors que fit-il ? Petit à petit, cet enfant grandit à perdre l’espoir d’être un jour reconnu et défendu. Il avait raison, la suite lui montra clairement pourquoi. D’un coup, Nicolas Sarkozy le prit en grippe le temps d’un meeting, et il se vit refuser les vertes pelouses de la République officielle. Méchamment, le petit fit son chemin, tapant ici ou là, pour se faire une place.

Donner des ordres

Seulement, voilà, se faisant, l’Hadopi n’avait plus rien à voir avec ce qu’on entendait dire à son propos. Et puisque son arrivée fut l’occasion pour ses parents de garnir son berceau de missions "pédagogiques", ou encore de surveillance de la bonne tenue de "l’offre légale", pour mieux faire oublier l’infamie qui l’avait frappé du fait de la vindicte populaire qui avait précédé sa naissance, ces nobles missions devinrent prioritaires. Au point que l’arme absolue rêvée par Nicolas Sarkozy, préambule à sa création, se retourna contre son dessein. Et ce ne sont pas les quelques dossiers retransmis au Parquet, pour peut-être se voir suspendre, pour les internautes concernés, l’abonnement à Internet pendant un mois maximum, qui vont le transformer en un molosse écumant de haine. Point du tout, et Nicolas Sarkozy n’y est pas pour grand chose d’ailleurs, et comment le serait-il à donner des ordres à une commission pour la protection des droits, présidée par Mireille Imbert Quaretta, une ancienne du cabinet de la socialiste Elisabeth Guigou ! Non, dans cette affaire, encore une fois il n’y a qu’un échec flagrant de la volonté de puissance d’un président élu par ceux qui ont cru au fantasme de l’"action". Il n’y a pas de sarkozysme culturel. Le président ne fut pas capable d’en établir les principes. Et ce ne sont pas quelques déclarations tapageuses sur son rôle "civilisateur" de l’Internet, jamais suivi dans les faits, qui bouleverserait ce constat.
Qui aura la peau de la haute autorité la moins pénalement armée du moment ? La gauche ! Si l’on en croit les récentes déclarations et débats qui ont eu lieu ces derniers jours ; la gauche élue en mai prochain, cela va sans dire. La tactique est la suivante, et ne manque pas d’ironie. Didier Mathus fut installé au collège de l’Hadopi par le président du Sénat. Il peut compter sur un aide de camp, un grognard, un Cambronne... Christian Phéline !

Clashs au collège

Ensemble, les deux hommes ont une tactique claire : Hadopi doit rester un instrument coercitif, c’est son rôle de par la loi, le reste n’existe plus. Alors systématiquement, les deux hommes de gauche, torpillent les actions, les études, enfin, tout ce qui fait d’Hadopi un laboratoire où s’invente une vision détaillée du marché des biens culturels en ligne. Que ce soit son rôle, ou non, n’entre pas en ligne de compte, l’affaire est pliée, si l’on suit les interventions des deux hommes au collège - émaillées de nombreux clashs dont l’un mémorable face à Jacques Toubon -, l’Hadopi est un serpent qui mord et doit tuer ! Voilà qui doit surprendre les lecteurs habitués aux positions affichées par la gauche sur ce terrain, vantant le libre échange entre internautes... Et pourtant, il n’y a rien de plus habillement politique que cette volonté de Didier Mathus d’éliminer Hadopi en affirmant partout dans les médias qu’elle a échoué dans son rôle de gendarme des réseaux ! Une position reprise sans distance par Aurélie Filipetti, en charge du pôle culture de François Hollande.
Très bien, après tout, cela est de bonne guerre. Emblème d’une droite que l’on veut considérer comme puissante et agressive, ce qui est faux, et ne lasse pas d’étonner les observateurs politiques, Hadopi doit mourir. Il restera donc la loi supérieure, gravée dans l’airain. Une loi implacable qui punit l’échange de fichiers protégés par le droit d’auteur comme étant un acte de contrefaçon. Qui heureusement n’est jamais appliquée dans toute sa violence : 300 000 euros d’amende et 3 ans d’emprisonnement. On s’en remettra à la sagesse des juges donc, pour faire appliquer la juste sentence. Car, il faudra compter sur la férocité des ayant-droit, plus dure elle sera dans ce monde post Hadopi. Tout y passera : sites ou blogs illicites, protocoles, filtrage, attaque contre des nuées d’internautes... Une fois le statu quo Hadopi caduque, ce sera la guerre. La vraie. A moins que, tout cela ne soit que bruit et fureur de campagne, et qu’une fois l’élection passée, toutes et tous reprennent leurs places comme si de rien n’était.

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2 Commentaires

  1. yt75 le 25 février 2012

    Hadopi fait tout à l’envers depuis le début, mais tout le monde le sait, non ? :

    http://iiscn.wordpress.com/2011/05/...

    De fait le "problème" nécessite un aspect constructif, et non uniquement légaliste ou fiscal, dans la définition d’un nouveau rôle et séparation des rôles.

    Pour la mise en place d’un environnement atawad (any time, any where, any device) non monopolistique ou se résumant à deux ou trois monstres de publications gratuites ou pas et achat à l’acte :http://iiscn.wordpress.com/2011/05/...Et c’est cela qui permettrait vraie plus value "expérience utilisateur" à acheter, vrais nouveaux entrants, rééquilibrages pourcentage, baisses prix, réductions jeunes étudiants ou autre, sans oublier le fait d’éviter 2 ou 3 monstres "majors hightech" sur le légal.

    Et par ailleurs exactement le même rôle et organisations associées nécessaires pour la problématique "identité" sur le net (bataille rangée actuelle autour de l’utilisation profil facebook, twittr, g+ etc pour se loguer sur quasi tous les sites/services, même si surtout presse actuellement, et problématique données personnelles associées) :http://iiscn.wordpress.com/2011/06/...problématique ou rappelons le, aucune nécessité d’identifiant unique par personne partagé entre les acteurs, pour que les choses fonctionnent "sans friction".

    Quant à la licence globale :http://iiscn.wordpress.com/2011/07/...



  2.  le 28 février 2012

    Il y a une telle démesure entre le temps, l’argent , l’investissement , l’ énergie investie par notre gouvernement et l’Union Européenne à luter contre l’économie de partage et verrouiller les droits d’auteur et la mollesse de ces même institutions sur les violences en Syrie !



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