Les fabricants d’écrans exigent une refonte du modèle de financement de la création

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Les fabricants de téléviseurs estiment verser 100 millions d’euros de trop à la copie privée. Ils demandent aussi des contenus pour nourrir les écrans ...

L’industrie musicale peut-elle vivre du streaming ?

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La part du streaming dans les revenus des artistes et des producteurs de musique promet de croître de manière significative dans les années qui ...

La fin d’Hadopi

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L’hadopi pourrait être assimilé à un régime alimentaire. Une fois adopté, il devient inutile. Voilà comment... C’est inéluctable, et François Hollande ...

Midem : A Cannes la musique fait son cinéma

Le 31 janvier 2012, So_cult’

Le modèle du centre national du cinéma a servi au gouvernement et à la filière musicale pour la création du centre national de la musique. Le Midem ...

Nicolas Gaume : "Les parlementaires ne nous consultent pas parce qu’il est plus facile de tenir des propos démagogiques."

Le 26 Juillet 2010 dans Gaming par François Bliss de la Boissière

Réélu à la présidence du Syndicat National du Jeu Vidéo qui représente la majorité des studios de jeux vidéo français pour, entre autre, tenir tête aux puissants éditeurs représentés par le SELL, Nicolas Gaume refuse de céder aux antagonismes. Plus diplomate que les politiques taclant régulièrement le jeu vidéo et qu’il faut sans cesse éduquer aux bienfaits économiques d’un secteur en plein boum, lui-même éditeur et créateur de contenu ayant connu succès et échecs, il s’efforce de ménager la chèvre et le chou, refuse les positions partisanes. Première partie : AH POLITIQUE...

Électron Libre : L’Association des Producteurs d’Œuvres Multimédia (l’APOM) est devenue le Syndicat National du Jeu Vidéo en 2008… Ce changement d’appellation implique un durcissement ou une radicalisation de la représentation des studios de jeux en France ?- Nicolas Gaume : Pas du tout. L’aventure APOM est née autour de quelques uns, dont moi, pour faire entendre la voix du développement au début des années 2000. Jusque là le jeu vidéo en France n’était représenté publiquement que par le SELL. Un syndicat de l’édition et de la distribution de jeux vidéo tout à fait légitime créé par Bruno Bonnell (ex PDG d’Infogrames) et rejoint par Yves Guillemot (Ubisoft) dans les années 90. Cinq ans plus tard, j’ai eu le sentiment que la voix des développeurs de jeux vidéo eux-mêmes manquait. Il y a ensuite une question de moyens. Notre syndicat est un organe qui a essentiellement un rôle de communication et un rôle de prise de parole face à tous les préjugés qui existent encore dans le monde du jeu vidéo. Il nous permet une capacité de réponse et, surtout, de propositions. Au moment où nous avons lancé l’APOM, le monde du développement de jeux était fragile. Je l’ai moi-même vécu de manière très violente avec la mort de Kalisto, une société de jeux vidéo que j’avais créé 12 ans auparavant. Grâce à la volonté de quelques uns, dont Antoine Villette de Darkworks, l’APOM a permis un certain nombres d’avancements et a entretenu une bonne intelligence avec le SELL. Après huit années, le pôle de réflexion et le travail de fond ont commencé à porter leurs fruits auprès des institutions en réussissant à faire valoir les métiers de la création de jeux vidéo, les formations, et à donner naissance au crédit d’impôt. Le processus de fabrication du jeu vidéo a commencé à être mieux compris. Le premier ministre d’alors, Jean-Pierre Raffarin, a ainsi appuyé la création de l’ENJMIN, l’école de jeu vidéo d’Angoulême. Une action utile au moment où le Québec avait une politique très agressive pour stimuler la création de jeux vidéo sur son territoire et a attiré beaucoup de français, des français d’expérience et de talent… Puis Guillaume de Fondaumière, mon prédécesseur à la présidence du SNJV (et directeur du studio Quantic Dream) les administrateurs et moi-même avons compris qu’il fallait passer à une étape supérieure. Mais certainement pas dans la radicalisation. Les liens institutionnels étaient créés, nous avions une meilleure connaissance du monde du développement. Et nous voulions pouvoir travailler de manière plus efficace. La naissance du SNJV a tenu aussi au fait que la plupart des développeurs de jeux vidéo avait plus de maturité. Quand l’APOM a démarré, le monde du développement était très morcelé. Les huit années de combat ont beaucoup rapproché les développeurs. Des associations régionales se sont créées, Lyon Game, Capital Games ensuite à Paris, Bordeaux Games, etc. Les développeurs ont commencé à percevoir qu’au-delà des spécificités de leurs propres studios il y avait des choses à faire au niveau national sur des sujets transversaux. Cette synergie était une condition sine qua non pour que les studios puissent cotiser et donner les moyens à un syndicat national d’exister. L’APOM n’avait aucun financement et fonctionnait sur du pur bénévolat, sans permanent. Cela se reflétait forcément sur l’efficacité quand il s’agissait de faire une note au ministère de l’éducation ou au rectorat x ou y pour évoquer telle ou telle problématique de formation. Tout cela a contribué à donner naissance au SNJV.

EL : Le SNJV ou les studios de développement sont-ils politisés ? Le jeu vidéo est-il de droite ou de gauche ?- NG : Très honnêtement le syndicat est absolument apolitique. Nous sommes tous des joueurs des années 70, 80 ou 90, aujourd’hui nous sommes tous des créateurs de jeux vidéo, parents et parents de joueurs… Ce qui anime tous ceux avec qui je travaille au quotidien au niveau du conseil d’administration ou des commissions consiste à faire en sorte qu’on puisse concevoir des jeux vidéo en France. Quand Kalisto a fermé (en 2002), 200 de mes collaborateurs sont partis au Québec ! Beaucoup font d’ailleurs de magnifiques carrières là-bas et sont très heureux. Tant mieux pour eux. Et en même temps je me dis, franchement, pourquoi ne travaillent-ils pas en France ?! Pourquoi sommes-nous passés de 5000 salariés dans le monde de la création de jeux vidéo au début des années 2000 en France, à 3000 salariés aujourd’hui ? Voilà ce qui nous interpelle et nous motive. Nous travaillons avec des parlementaires de droite et de gauche et je vous assure que le SNJV a une diversité de point de vue en son sein. Nous avons bien sûr une vie de citoyen en parallèle, mais notre seule cause, en ce qui concerne ce syndicat, est celle du jeu vidéo en France, sans parti pris politique du tout.

EL : De Nathalie Kosciusko-Morizet, au secrétariat d’état à l’économie numérique, à Nadine Morano à la famille, en passant par Roselyne Bachelot au ministère de la santé et le ministère de la culture, tout le monde politique a quelque chose à dire sur le jeu vidéo et souvent à redire avec des critiques régulièrement arbitraires… Vous êtes condamné à la pédagogie et à la diplomatie ?- NG : Certains responsables ont parfois des partis-pris très tranchés. Par exemple Nadine Morano - nous l’avons dit publiquement - a des positions parfois juste inacceptables. Après moult demandes, nous avons eu tout récemment l’opportunité de rencontrer son chef de cabinet… Nous avons avancé des propositions de façon à travailler ensemble et pour l’instant nous n’avons eu aucun retour. C’est un petit peu désespérant. J’espère qu’elles seront entendues parce qu’il y a des vrais sujets qui touchent la famille. Cela reste irresponsable de stigmatiser le jeu vidéo comme source de tous les maux comme il était probablement irresponsable d’avoir stigmatiser le rock’n’roll roll. Si on regarde l’histoire des médias contemporains des 150 dernières années, à chaque étape, le théâtre, le roman, la radio, le rock’n’roll, la bande dessinée… deviennent responsables de tous les maux et de tous les problèmes de société. Notre action se transforme alors en beaucoup de pédagogie, extrêmement chronophage mais malheureusement nécessaire. Nous passons beaucoup de moments dans les cabinets ministériels, chez les parlementaires, les sénateurs, de droite ou de gauche, dans les collectivités territoriales…

EL : Quels sont vos interlocuteurs privilégiés finalement ?- NG : Nous travaillons d’abord de manière intelligente autour des problématiques liées à la création de jeux vidéo et à la pratique du jeu vidéo avec le ministère de l’économie, Matignon et le ministère de la culture. Quand on tombe dans des clichés et les préjugés faux et négatifs, malheureusement ils proviennent le plus souvent des ministères de la santé et de la famille. Et beaucoup de médias font la même chose. Quand un commentateur sportif très connu explique que c’est à cause des pubs de God of War sur les maillots de l’OL qu’il y a de la violence dans les stades, ou que des experts évoquent avec un air entendu les effets néfastes des "MOTORGS" (au lieu de MMORPG sans doute) sur une émission à grande écoute de France Télévisions le matin, on ne vole pas très haut.

EL : Où en est votre dossier d’aide au financement pioché dans le grand emprunt ?- NG : Nous avons le sentiment qu’aujourd’hui le jeu vidéo traverse une révolution comparable à celle de la 3D et du CD-ROM du milieu des années 90 ou à celle de l’explosion de la micro-informatique en couleurs et des microprocesseurs plus puissants de la fin des années 80. La dématérialisation va ouvrir de nombreuses nouvelles opportunités aux studios de jeux vidéo. Cette révolution va s’adresser de plus en plus aux gens qui jouent moins, élargir les types d’expériences de jeu vidéo, inventer de nouvelles façons de jouer. Nous nous sommes efforcés d’expliquer cette mutation en cours aux différents responsables en charge du grand emprunt. Un tel financement permettrait d’accompagner pas mal d’entreprises dans ces nouveaux marchés des jeux en ligne, des jeux sociaux, des jeux dématérialisés. Nous espérons bien aboutir. Mais ce n’est pas simple parce qu’il reste plus facile de financer une autoroute ou des infrastructures, disons, physiques. La culture financière à tous niveaux est plus facilement compatible avec des investissements matériels qu’avec des investissements immatériels.

EL : Après le crédit d’impôt, le projet Serious Gaming de NKM tente d’imposer des conditions de réalisation encore plus strictes aux studios de jeux pour accéder à des fonds… Pourquoi le gouvernement se sent-il obligé de conditionner ainsi la création du jeu vidéo ?- NG : Au niveau du crédit d’impôt il fallait faire face aux règles européennes, et réussir à se défaire du carcan imposé par la notion d’exception culturelle qui est une exception aux règles de l’OMC. Le reste reflète toujours un problème générationnel. Le mot "games" fait peur aux générations plus âgées qui n’ont jamais joué. Nous le déplorons et notre enjeu est de continuer à faire de la pédagogie. D’autres pays européens, notamment dans le nord de l’Europe, sont assez décomplexés sur le sujet. La France n’a pas forcément ce recul…

EL : Dernier exemple en date de l’incompréhension politique du jeu vidéo et des pratiques numériques en général, un projet de loi sur la cyberaddiction… Est-ce que le SNJV est consulté quand des représentants de l’état avancent sur ce terrain avec ce genre de projets ?- NG : Nous sommes régulièrement consultés parce qu’aujourd’hui nous représentons 95 % ou 98 % des entreprises qui créent des jeux vidéo en France. Il reste parfois des parlementaires qui peuvent ne pas vouloir nous consulter parce que c’est tout simplement plus facile de tenir des propos démagogiques. Que vous dire ? La seule réponse de fond reste la pédagogie, l’explication. Notre enjeu est aussi d’arriver à expliquer ce que les métiers du jeu vidéo peuvent représenter en terme de création d’emplois, de création de richesses pour notre pays, en terme de clés pour les cultures populaires d’aujourd’hui et de demain. Cela soulève des perspectives plus économiques. Sur l’aspect pratique du jeu vidéo il faut montrer sans relâche, hausser le ton quand des énormes âneries sont lâchées, initier des études indépendantes pour avoir des référents et être capable de souligner qu’au delà des fantasmes, certains pseudos reproches, comme l’addiction, ne tiennent pas.

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2 Commentaires

  1. Délégué général SNJV le 27 juillet 2010

    Pour illustrer les propos de Nicolas Gaume mis en exergue par le journaliste, voici 2 exemples d’interventions de 2 députés sur le sujet des jeux vidéo. No comment...

    "M. Thierry Mariani attire l’attention de M. le ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales sur le rapport d’information de la commission des lois de l’Assemblée nationale sur les violences par armes à feu et l’état de la législation. Ce rapport préconise notamment de délivrer des messages d’information avertissant des dangers de l’usage des armes à feu en diffusant un message d’avertissement avant le visionnage d’une fiction ou le lancement d’un jeu vidéo sur les dangers des armes à feu : le message insistera sur le caractère bien réel des dangers entourant l’utilisation des armes dans la vie courante, et incitera à prendre contact avec les fédérations et organismes permettant la pratique d’un loisir ou d’un sport dans des conditions sécurisées. Il le remercie de bien vouloir lui faire connaître son avis à ce sujet."http://questions.assemblee-national...

    ou plus encore :"M. Bernard Perrut appelle l’attention de Mme la secrétaire d’État chargée de la famille et de la solidarité sur la progression croissante des jeux vidéo, notamment parmi la jeunesse. C’est un des aspects négatifs de ces nouvelles technologies considérées véritablement comme une drogue et qui affectent les mineurs qui passent leur temps devant les consoles de jeux, au détriment souvent de leurs activités scolaires. Il lui demande quelles dispositions peuvent être envisagées pour éviter l’aggravation de cette situation, dans l’intérêt même de notre jeunesse."http://questions.assemblee-national...

    On attend bien entendu la réponse du gouvernement...Julien Villedieu, délégué général du SNJV



  2. Octave Rolland le 2 septembre 2010

    Ce n’était pas MOTORGS mais MMMPORPG (prononcez MEUPORG).Pour en savoir plus : http://www.lepost.fr/article/2010/0...



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