NewsPass : l’instrument de la concorde entre Google et la presse
Google, qui a fait sa fortune sur l’internet gratuit, financé par la publicité vient de se lancer dans une mini-révolution. En proposant à des journaux italiens de monétiser leur contenu, on pourrait bien assister à un changement de paradigme du côté de Mountain View.
Le tant redouté press-killer, souvent décrié par les sites d’information comme leur croque-mort officiel à cause de sa plate-forme Google News, pourrait bien remplacer Apple et l’iPad dans le cœur des médias. Car oui, d’ici à la fin de l’année, Google aura mis en place un système payant d’accès aux actualités. L’information arrive non pas d’outre-Atlantique, mais de nos voisins transalpins de La Republicca, contactés semble-t-il pour tester un système de monétisation de l’information.
Selon le quotidien italien, il s’agit d’un genre de Monéo de l’actualité, qu’elle soit sous forme de texte, d’image ou de vidéo. En un clic, avec un seul login, l’internaute en quête de sa dose d’information pourra accéder à des contenus payants, protégés par un paywall, à partir de résultats de recherche, grâce à une extension de Google Checkout.
Le système, intitulé NewsPass, a certes un petit relent de Big Brother. Outre une audience prête à mettre la main au porte-monnaie, il devrait représenter pour les éditeurs de sites une bonne façon de connaître leur lectorat dans les moindres détails, puisque Google a accepté de leur transmettre les informations personnelles des lecteurs. Le partage des revenus, entre le mastondonte du web et les producteurs de contenus est encore flou ; mais note d’espoir pour ces derniers, La Republicca annonce qu’il devrait leur être plutôt favorable.
L’opération de la dernière chance
L’idée d’une plateforme de paiement pour des contenus news, puisque c’est de cela qu’il s’agit, n’est pas révolutionnaire, mais jusqu’à maintenant, aucune n’a jamais été mise en place. Selon l’éditorialiste Roy Greensdale, du Guardian, Google NewsPass répond au cahier des charges proposé en septembre dernier par la Newspaper Association of America. C’est pour Google l’occasion de ranimer un service cliniquement mort, Google Checkout, de diversifier ses sources de revenus, et de se faire des amis du côté des producteurs de contenu, passablement énervés par ce que certains considèrent comme du parasitisme. Pour la presse, incapable de trouver un modèle économique viable depuis l’irruption du web, cela pourrait aussi ressembler à l’opération de la dernière chance. A condition que tous s’y mettent, sans quoi, le public aura tôt fait de déserter les tenants du paywall.
En réalité, Google n’a guère le choix. Si un tel accord entre éditeurs se concluait sans lui, c’est une masse colossale de contenus indexables et dynamiques qui lui échapperait, avec les recettes publicitaires qu’ils représentent.
