Mediapart crie victoire bien tôt
Mediapart fête ses 6 mois d’existence. L’occasion pour Edwy Plenel, fondateur et directeur de la publication, d’annoncer quelques changements et de faire le bilan d’un modèle économique payant, censé garantir l’indépendance et la qualité éditoriale du site.
Le premier changement qui arrive avec certitude sera l’inauguration d’un partenariat avec l’agence photo Vu. L’objectif est de "remettre le photojournalisme au cœur même des métiers de la presse". Le projet s’inscrit, souligne le communiqué de presse, dans une démarche de "refonte globale du métier de journaliste, que l’on soit rédacteur ou photographe". Un discours cohérent avec Le Projet Mediapart. En décembre 2007, Edwy Plenel, ancien directeur de la rédaction du Monde, annonçait en effet la naissance d’un nouveau journal en ligne d’information généraliste, concocté notamment avec François Bonnet, ancien chef du service international du Monde, Gérard Desportes, ancien de Libération et de La Vie, Laurent Mauduit, ancien rédacteur en chef au Monde. Les maîtres mots de ce projet étaient "qualité, indépendance, pertinence et exclusivité". Remplir ces quatre missions passait par la mise en place d’un modèle économique inédit pour un quotidien d’information sur le web : l’accès payant à la production de la rédaction. Mediapart a donc choisi de proposer un abonnement payant dont le montant est fixé à 9 euros par mois, 15 euros pour les abonnements de soutien au projet, 5 pour les étudiants et les chômeurs.
11 000 abonnés
Un mois après son lancement, en avril 2008, MediaPart affichait plus de 5 000 abonnés. Il n’en compte que 6 000 de plus 5 mois plus tard. 11 000 abonnés, cela correspond officiellement aux objectifs de l’entreprise. Cela paraît être bien peu pour un média qui espère recruter 65 000 abonnés en 3 ans et tournant avec 25 journalistes expérimentés - donc chers, qui ont quitté leur fonctions pour rejoindre le projet. Le site avait démarré le 16 mars 2008 après avoir bouclé un tour de table financier de 2 939 000 euros, réévalués à 3 700 000 euros au printemps suivant, répartis entre les 6 fondateurs du site, des investisseurs partenaires et la Société des Amis de Mediapart.
Edwy Plenel semble déjà crier victoire : dans un court article intitulé "du lancement à la conquête", il souligne que son pari, "prouver qu’il y avait bien place pour un journal numérique de référence, indépendant, dont la liberté repose sur la fidélité d’un public de lecteurs fédérés par l’acte d’achat", est gagné. Pourtant, on voit mal comment un business model qui coûte cher en production et n’a recruté que 11 000 abonnés en 6 mois pourrait perdurer. En outre, si le fondateur se félicite d’avoir vu l’audience augmenter chaque jour depuis la fondation du "nouveau quotidien de référence", le site Alexa.com montre une audience plutôt faiblarde et irrégulière, mis à part l’engouement suscité par la nouveauté autour du lancement.
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- abonnement audience E. Plenel
