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Médiamétrie Radio, il y a urgence !

Le 19 Janvier 2010 dans Old fashion media par Emmanuel Torregano

Il faut en prendre l’habitude, la radio est un média en déclin. Il n’appartient pas encore à une autre époque, mais son hégémonie sur le matin des Français s’effrite à chaque vague de mesures. Et ce n’est pas le retard pris par la radio numérique qui devrait permettre de sortir de cette impasse...

Médiamétrie chronique la chute. La vague novembre-décembre 2009, dont les audiences ont été dévoilées ce matin, n’échappe pas à la morosité ambiante, malgré quelques éclaircies. Pourtant, à cette époque habituellement le média radio se porte bien, mais pas cette fois. Pour la énième fois, les audiences sont à la baisse, prises dans la globalité des stations mesurées. La radio enregistre ainsi 81,5% d’audience cumulée, soit une baisse de 1,5 point. Il faut cependant préciser que cet écart est quelque peu accentué par la variation du point tel que défini par Médiamétrie - suivant l’augmentation de la population nationale (1% = 519 210 personnes de 13 ans et plus en 2009 ; 1% = 514 040 personnes de 13 ans et plus en 2008).
A ce petit jeu, il n’y a pas de grands gagnants, à l’exception de RMC et de Fun Radio, mais, il y a en revanche de vrais perdants : les stations musicales. Et comme un symbole, la forteresse NRJ est tombée. La station n’est plus que l’ombre d’elle-même, et ce ne sont pas les performances en hausse de la matinale commandée par Nikos qui vont changer la donne. NRJ plonge. Avec 9,8% (-0,9 sur un an) d’audience cumulée, la station présidée par Jean-Paul Baudecroux passe en quatrième position, devancée de justesse par Europe 1. Toujours sur le même refrain, Nostalgie est aussi en recul avec une AC de 7,1% contre 7,4% en 2008. Consolation pour le groupe NRJ, Chérie FM, après des mois de disette s’en sort mieux cette fois : 4,6% (+0,4). L’aura de Skyrock est aussi quelque peu en berne, une fois n’est pas coutume, la station de la nouvelle génération peine avec une audience en baisse de 0,3 point à 7,5%. Tout comme Virgin Radio, qui a bien des difficultés à trouver son segment avec seulement 5,2% (-0,3). En revanche, les musicales adultes, dites "gold", s’en sortent plutôt bien, si l’on excepte Nostalgie, donc. RTL2 ou RFM gagnent chacune 0,2 point. Enfin, Fun Radio maintient une progression entamée depuis plusieurs vagues avec une audience assez haute pour menacer Skyrock. Fun Radio passe ainsi à 7,2% (+0,5).

Top of mind

Et du côté des généralistes ? La situation est contrastée. RTL ne bouge pas. Avec 12,7%, la radio nouvellement présidée par Christopher Baldelli, transfuge de M6, ne s’en porte donc pas plus mal. France Inter, en revanche semble perdre un peu de sa superbe, avec une baisse assez forte de 0,5 point, à 10,1%. L’effet Val ? Il faudra surveiller l’évolution de l’audience du vaisseau amiral du service public dans les prochaines vagues... D’autant que France Info a stoppé l’hémorragie avec 9,1%. Vient ensuite Europe 1 avec 9,9% (-0,1), mais un total de 5 164 000 d’auditeurs, ce qui constitue un record pour la station présidée par Alexandre Bompard - portée par une matinale forte (+0,2), mais plombée par Morandini à midi. Enfin, RMC continue sa progression fulgurante, véritable comète du paysage radio, qui sera certainement enseignée dans les écoles ! La station menée par Frank Lanoux gagne 0,6 point à 6,8, et vient taper à la porte du trio. A ce rythme là, RMC pourrait bien atteindre les 8 points dans l’année à venir, et faire réellement peur à ses concurrents, car RMC est aussi un dévoreur de budgets publicitaires.
Après ce résumé, il convient d’insister sur l’état peu reluisant d’un média radio dont les méthodes de mesures cachent certainement le véritable état de délabrement. Rappelons que ce sondage effectué sur 126 000 personnes dans l’année se pratique par téléphone en fin de journée. La méthode n’est pas condamnable évidemment, mais elle a ses défauts bien identifiés. En fait, un sondage Médiamétrie sur la radio fait par nature la part belle aux valeurs conservatrices, et à ce qu’on nomme le "top of mind", autrement dit, le nom d’une marque, ou d’une station qui vient en premier à l’esprit, ce qui n’est pas forcément en rapport avec l’écoute à un moment précis. Mais en l’absence d’une autre méthodologie, il faut bien s’en contenter, et vivre certainement avec une vision "pour madame la marquise" d’un média qui décroche inéluctablement.

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10 Commentaires

  1. Rémi Demange le 20 janvier 2010

    Je ne partage pas totalement ce point de vue. Un média qui est consommé chaque jour par plus de 80% des français ne peut pas être considéré comme "en déclin".Je pense que la radio souffre d’un mal plus profond, le manque de créativité. Depuis Lovin’Fun et le reformatage de Skyrock en 96, il ne s’est pas passé grand chose sur ce média et c’est particulièrement vrai sur le terrain des musicales.Un marché qui n’inove pas est un marché qui va stagner et décliner petit a petit et c’est bien ce qu’il se passe.Non le mp3 ne peut pas remplacer l’écoute d’un programme radio, mais écouter certaines musicales aujourd’hui est bien moins passionnant que d’écouter son Ipod...



  2. Emmanuel Torregano le 20 janvier 2010

    bonjour, et merci de ce commentaire ô combien éclairé. Nous avons surtout mis le doigt sur deux points : la baisse continue de l’audience du média depuis 2 ans maintenant. Et surtout l’iniquité de la méthodologie médiamétrie - qui à notre avis cache une partie réelle du désastre. Bravo pour les résultats de Fun, cela dit.



  3. Bingo le 20 janvier 2010

    Et encore une fois pas une ligne sur le réseau France Bleu. Vous citez France Inter comme le bateau amiral de Radio France ? Le réseau Bleu pèse aujourd’hui près de 30 pour cent dans les audiences du groupe Radio France, et frôle sur cette vague son record historique datant de 2002 ! La radio est un média en mauvaise forme ? Plus de 80 pour cent des français écoute chaque jour la radio, il y a encore une très grande marge avant de parler de danger, non ? Revoyez vos chiffres et arrêter de regarder TOUJOURS la vie de la radio avec un prisme parisien. Vos analyses n’en seront que meilleurs



  4. Bibliobsession le 20 janvier 2010

    Oui on ne peux pas du tout affirmer que la radio est en déclin, je suis bien d’accord avec le commentaire précédent ! Surtout si l’on ajoute le fait que selon Médiamétie :

    "Radio France se taille la part du lion. Les différentes antennes du service public ont suscité plus de 6 millions de podcasts en novembre. France Inter arrive en tête avec 3,664 millions de podcasts. Mais la véritable surprise vient de France Culture. La radio publique à l’Audimat confidentiel (1,8 % d’audience cumulée selon Médiamétrie) fait, en revanche, un tabac en version différée.

    En novembre, France Culture a enregistré 2,015 millions de podcasts. Mieux, elle se paie le luxe de devancer RTL. Avec 2 millions de podcasts, la station de la rue Bayard à Paris ne retrouve pas en écoute différée son rang de leader des radios en direct. En revanche, Europe 1 est devant avec plus de 3,6 millions de podcasts."http://www.lemonde.fr/actualite-med...

    On est plutôt face à un changement de mode d’écoute, d’un média de flux qui passe progressivement à un média "à la carte"...



  5.  le 20 janvier 2010

    merci pour ce point toujours très intéressant suite à la publication des chiffres radio

    à propos de méthodologie, il existe depuis plusieurs années déjà des méthodes plus modernes de mesurer l’audience comme par exemple une montre portée au poignet des panélistes et qui identifie toutes les stations écoutées dans la journée, y compris en voiture, dans des lieux publics etc. Cette technologie est maitrisée et la raison pour laquelle Mediamétrie ne s’y convertit pas assez obscure...

    Autre biais : l’écoute en podcast, vraisemblablement en progression très forte n’est toujours pas comptabilisée par Médiamétrie. L’intégration de ces chiffres permettrait peut être de limiter la baisse générale d’audience... et accroitre la suprématie des généralistes sur les musicales, moins impactées par ces nouveaux usages.



  6. Emmanuel Torregano le 20 janvier 2010

    Il est en effet assez étonnant de voir Médiamétrie laisser de côté la mesure mécanique de l’audience, sous des prétextes plus ou moins recevables. Aux US, la différence entre les audiences est de plus ou moins 20% entre la mesure par instruments et celle par téléphone (sondage jour). Aujourd’hui, il n’est plus pertinent d’analyser finement ce sondage, j’entends par là, que les variations de moins de 0,5 point sont certainement plus cosmétiques, et factices que réelle. En revanche, des vrais évolutions profondes de l’audience n’apparaissent que trop tardivement (effet top of mind).Quand à France Bleu, c’est juré, on ne l’oubliera pas la prochaine fois. Merci.ps : l’écoute par podcast est évidemment prise en compte par Médiamétrie, qui ne fait pas un sondage par source, mais interroge les personnes sur une journée.



  7. Rémi Demange le 20 janvier 2010

    Il serait sans doute très intéressant de connaitre les véritables motivations de Médiamétrie pour ne pas utiliser un nouveau système...Dest tests auraient déjà eu lieu chez Médiamétrie pour ensuite découvrir que le dit procédé serait trop cher !Il est bien connu qu’on n’essaie pas une Ferrari pour découvrir ensuite qu’elle est trop cher !Serait-ce donc pour d’autres rasisons ? Des audiences qui ne ressembleraient pas à ce qui est diffuser à l’heure actuelle ? Allez savoir...



  8. Kobe le 21 janvier 2010

    "La station n’est plus que l’ombre d’elle-même, et ce ne sont pas les performances en hausse de la matinale commandée par Nikos qui vont changer la donne. NRJ plonge."

    Le 6/9 de NRJ réalise la plus mauvaise audience d’une matinale depuis 2002 ! Et dans le même temps, il y a eu une communication autour de ce morning et de Nikos comme jamais dans l’histoire de cette radio !Comment on peut on dire que les performances sont en hausse !!

    Analyse intéressante mais parfois superficielle dans les chiffres !On ne peut pas bien analyser un media seulement en prenant le chiffre global sur la cible globale !En ce qui concerne les musicales : Pourquoi Fun a progressé ? Pourquoi Skyrock a régressé ? Est ce le Talk qui fait baisser Sky, ou la musique ? Ce sont des vrais questions !

    Pour Fun radio, quelques éléments, ils profitent : - De leur grosse com autour de l’événement Starfloor- du retour de l’électro- du laxisme autour de leur remix francophone pour passer dans les quotas.

    De plus chose intéressante, Fun vient grappiller de l’audience à Sky sur les - de 25 ans et en prendre dans le même temps à NRJ sur les 35-49 ! très intéressant !

    En ce qui concerne Skyrock, beaucoup moins de communication que l’an passé, pas de gros concerts ou évènements. Il subissent le déclin (tout relatif) du rap et r&b, et cela se voit en journée où Fun est au dessus. Dans les zones de talk (surtout le soir), Sky est toujours aussi puissant et écrase toute la concurrence.



  9. Emmanuel Torregano le 21 janvier 2010

    Cela fait des années que nous demandons une communication claire et précise de Médiamétrie, avec les audiences par quart d’heures de chacune des stations, ou bien à tranches horaires équivalentes, mais sans succès... Si vous savez comment faire, nous prenons !- ps : j’avais réussi il y a quelques mois à me procurer ces chiffres, mais la source s’est tarie. (ex :Le cas NRJ, c’est grave docteur)



  10. Poliakoff le 21 janvier 2010

    La radio Numerique Terrestre est torpillée par le lobby de TDF. En effet, le FM Dab permet à TDF de nombreuses antennes relais (près de mille). La RNT ne pourrait nécessiter que 100 antennes. On peut comprendre le manque à Gagner de TDF qui fait travailler une division de 600 personnes sur le sujet. Maintenant, d’un point de vue audiophile, la FM reste supérieure à la promesse d’un son numérique compressé.



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