Marine Le Pen adoubée par les médias comme Ségolène Royal en 2007
La place qu’occupe Marine Le Pen dans les médias n’est pas sans rappeler celle de Ségolène Royal dont les idées sont, bien évidemment, à l’opposé de celles de la candidate du Front National.
Marine Le Pen bénéficie actuellement d’une couverture média comparable à celle de Ségolène Royal l’année qui a précédé l’élection présidentielle. L’audiovisuel, la presse dans son ensemble n’ont pas été subitement acquis aux thèses de Front National, pas plus qu’ils n’étaient devenus socialistes il y a quatre ans. Mais ils considèrent que le sujet étant porteur et bénéfique, il convient de lui accorder la plus grande place possible.
La question ne sera jamais tranchée de savoir si cette couverture médiatique participe de la popularité ou si elle en rend simplement compte.
Le record du Grand Journal
Ce qui est certain, c’est que la présence de Marine Le Pen sur un plateau de télévision ou sur une couverture dope l’audience ou favorise les ventes.
En accueillant Marine Le Pen sur le plateau du grand journal de Canal+, Michel Denisot a battu son record d’audience avec 2,18 millions de téléspectateurs et 10,8% de parts de marché. Le précédent record était détenu par Ségolène qui avait obtenu un grand nombre de téléspectateurs mais seulement 8,3% de parts de marché. En accueillant sur Europe 1 la candidate du Front National le 23 mars, Jean-Pierre Elkabbach a été très écouté, tout comme RTL qui l’avait reçue le soir du premier tour des élections cantonales. Le Nouvel Observateur avait consacré son numéro du 7 mars au Front National titrant "qui a décontaminé le FN", et Marianne a consacré sa couverture et 24 pages au "séisme de Marine Le Pen qui menace d’écroulement la gauche et la droite". De nombreux observateurs considèreront qu’une telle présence dans les médias crédibilise Marine Le Pen et fait d’elle la grande triomphatrice des résultats du second tour. Il suffira, ensuite, qu’un institut de sondage la donne en première position du premier tour des élections présidentielles pour que les médias continuent de parler d’elle. A cet égard, Electronlibre avait estimé, fort du premier sondage la donnant présente au second tour de l’élection présidentielle, que la seule question qui se posait n’était pas celle de savoir si c’était bien le cas mais qui serait en face d’elle.
18% et non 15
A l’heure actuelle, nul ne peut le prédire. Les résultats du Front National aux élections cantonales qui ne lui ont jamais été favorables donnent, lorsqu’ils sont projetés sur l’intégralité des circonscriptions où le FN n’est pas présent, un score de 18% et non de 15%, le résultat obtenu. La barre des 20% devrait donc être franchie l’an prochain, compte tenu du fait que Marine Le Pen s’impliquera davantage puisqu’elle sera candidate et qu’il s’agit d’une élection présidentielle.
Dès lors, que peuvent et que doivent faire les médias ? Ne pas parler de ce phénomène, au risque de le découvrir au premier tour des présidentielles ? Le traiter abondamment tant cette situation mérite d’être comprise ?
En choisissant la deuxième option, les journalistes vont se trouver dans le box des accusés soupçonnés de favoriser la croissance du FN. On pourra dire, pour leur défense, que l’absence de Jean-Marie Le Pen de la plupart des émissions TV n’a pas enrayé la croissance du Front National. Et ElectronLibre participe aussi de ce phénomène...
