Marché global de la musique : un rééquilibrage essentiellement favorable au spectacle vivant
L’IDATE a publié au mois de juillet dernier une étude sur les nouveaux marchés de la musique et distille quelques chiffres riches d’enseignements, qui donnent la tendance des rééquilibrages en cours dans cette industrie, essentiellement favorables au spectacle vivant.
Selon l’institut de recherche, le marché global de la musique pèse aujourd’hui 67 milliards de dollars au niveau mondial, une estimation qui se rapproche de celle effectuée l’an dernier par eMarketer.
L’IDATE décompose ce marché en trois segments : la musique enregistrée (33,5 milliards de dollars) ; le spectacle vivant (25,6 milliards de dollars) ; et l’édition musicale (8 milliards de dollars). L’institut estime que sa croissance sera de 4 % sur la période 2007-2011.
La crise frappe surtout, en partie, le premier de ces trois secteurs, à travers la distribution physique en particulier, dont la part de marché, de 44 % en 2007, ne devrait plus être que de 22 % en 2011. Le numérique devrait voir sa part de marché nettement progresser dans l’intervalle, de 6 % (grosso modo, son niveau actuel en France) à 19 % (ce qui est déjà le cas aux Etats-Unis).
Un marché physique toujours promis à un sévère déclin
Globalement, la musique enregistrée (physique et numérique) devrait donc voir sa part de marché décliner, de 50 % en 2007 à 41 % en 2011. En valeur, elle devrait peser 28,5 milliards de dollars en 2011 (41 % de 69,6 milliards), soit une baisse de 15 % sur cinq ans. Le marché physique, quant à lui, est toujours promis à un sévère déclin (- 48 % en valeur, à 15,3 milliards de dollars).
D’ici là, le marché de l’édition (publishing) devrait rester relativement stable en part de marché (11 % du marché global de la musique au lieu de 12 %) mais décliner légèrement en valeur (- 4,7 %).
C’est donc le spectacle vivant qui va bénéficier incontestablement des rééquilibrages en cours, avec une nette progression de sa part de marché, de 38 % en 2007 à 48 % en 2011. Elle sera alors plus de deux fois supérieure à celle de la musique enregistrée.
En valeur, la progression du marché du live devrait être de l’ordre de 31 % sur la période. Il devrait peser plus de 33 milliards de dollars en 2011, contre 25,5 milliards en 2007.
En résumé, le marché global de la musique devrait avoir progressé de 4 % en valeur entre 2007 et 2011, les revenus de l’édition étant promis à un léger recul (- 4,7 %) sur la période, et ceux de la musique enregistrée à une baisse sensible (- 15 %), avec un déclin toujours aussi sévère du marché physique (- 48 %), le secteur du spectacle vivant étant le plus porteur de croissance (+ 31 %) et le mieux à même de profiter des rééquilibrages en cours.
Une remarque, pour finir : alors que les majors du phonogramme et quelques gros labels indés s’orientent plus particulièrement vers l’investissement dans des catalogues d’édition pour sortir de la crise du disque, il semble que ce secteur, beaucoup plus assimilable à de la gestion de patrimoine qu’à de la création de valeur artistique, ne sera pas le plus porteur dans les années à venir.
Cette stratégie pourrait donc donner lieu à quelques désillusions. A méditer...
