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Manœuvres d’été dans le « cloud » : Google dans les starting blocks (2/4)

Le 03 Septembre 2010 dans Web 1,2,3 par Philippe Astor

Le nuage musical d’Internet a été le théâtre de nombreuses manœuvres au cours de l’été. Analyse en quatre volets de l’état du marché en cette rentrée, alors qu’Apple vient de décevoir les attentes de ceux qui pronostiquaient, sans trop y croire, le lancement par la firme de Cupertino d’un service de streaming ou de « locker » sur abonnement.

En attendant qu’Apple se détermine (voir le premier volet de cette série d’articles), de sérieux challengers pointent le bout du nez, au premier rang desquels Google, qui a annoncé le lancement de sa propre offre de musique en ligne avant la fin de l’année. Le projet de Google, dont le système ouvert Android tente de concurrencer celui d’Apple dans l’environnement des smartphones, va cette fois-ci beaucoup plus loin qu’une timide intégration d’offres de streaming existantes, limitée à une seule écoute gratuite par titre, dans les résultats de son moteur de recherche.
Cette intégration reste au cœur de la stratégie de Google. Mais elle engloberait désormais la vente de musique en téléchargement et une offre de radio personnalisée de type Pandora financée par la publicité. Selon Mediapost, Google a déjà mis une équipe sur la conception de plusieurs formats de publicités audio de 10, 15 et 30 secondes, destinés à venir alimenter ses flux audio personnalisés.
Fin juillet, le New York Post faisait état de négociations en cours avec les éditeurs de musique américains, dont l’agence Harry Fox, ce qui laisse supposer que des discussions se sont également engagées avec les labels. Au même moment, Google débauchait l’avocate d’affaires américaine Elisabeth Moody, du cabinet Davis Shapiro Lewit & Hayes, spécialisé dans les négociations entre start-up de musique en ligne de la Silicon Valley et industriels de la musique, pour l’assister dans ses discussions.

A la recherche d’un "Music Chief"

Au sein de Davis Shapiro Lewit & Hayes, Elisabeth Moody a eu à traiter les dossiers de clients comme Spotify, MySpace Music, iMeem, MOG, iLike, Bebo ou encore Playlist.com. C’est un signe que les choses sérieuses ont commencé.
Google en est d’ailleurs à rechercher activement son « music chief », celui qui, à la tête de Google Music, sera chargé de piloter l’ensemble du projet : en chassant des têtes du côté de quelques vétérans de l’industrie musicale, parmi lesquels on avance le nom de Ted Cohen, ex-vice président en charge du numérique et de la distribution chez EMI Music aux États-Unis, ou de jeunes « golden boys » de la musique en ligne comme Ian Rogers, ancien directeur général de Yahoo Music et fondateur de la plateforme « direct-to-fan » TopSpin, ou encore Rio Caraeff, qui fut en charge des développements numériques au sein d’Universal Music avant de prendre la direction du site de vidéo musicale Vevo.
Mais proposer du téléchargement dans Google et sur Android et une radio Pandora-like pour booster les ventes de singles à l’unité (Pandora est le premier affilié d’iTunes aux États-Unis et sa présence sur le iPhone a accentué encore plus ce leadership) ne suffira pas à constituer une véritable offre de musique dans le « cloud » parfaitement intégrée, même si Google rachetait Pandora, ce qu’il ne faut pas exclure.
Pour Google, obtenir des licences pour ces deux types d’exploitation ne pose en effet aucun problème. Celles du téléchargement sont déjà bien rodées, et celles du streaming non interactif de type Pandora relèvent de la gestion collective aux États-Unis. Pas besoin de recruter Elisabeth Moody pour si peu. Comme pour Apple, on a donc encore de quoi s’interroger sur ce que sont, au delà, les véritables intentions de Google.

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