Pour "Libé" 2009 est l’année de tous les dangers
Rentrée 2009 chargée pour Libération. Le quotidien doit non seulement trouver un remplaçant à son directeur général, mais encore mettre en place un plan d’économies qui passe par la signature d’accords sociaux.
A Libération, on attend toujours l’annonce du nom du remplaçant de Denis Pierrard. Le gérant et directeur général du titre, chargé depuis le début de l’année 2007 de redresser le journal aux côtés de Laurent Joffrin, directeur de la rédaction et de la publication, avait annoncé son départ le vendredi 28 novembre. Il rejoindra en février, le groupe de médias IPM, éditeur notamment de La Libre Belgique, dont il fut le directeur général dans les années 90. Au moment où le journal annonce certes un redressement spectaculaire, mais aussi de grands défis pour l’année 2009, plusieurs noms circulent déjà. Celui d’Anne-Marie Finkelstein a notamment été évoqué, mais l’ex-directrice générale de DI Group, qui a fondé récemment la société de conseil Promédia Conseil, a d’ores et déjà refusé. Philippe Clerget a également été évoqué, même si l’hypothèse d’un retour de celui qui codirigea Libé entre juin 2006 et février 2007, soit juste après le départ de Serge July, est assez peu probable.
Rigueur
Bien que le titre ait ramené son déficit à 1 millions d’euros à la fin de l’année 2008, contre 13 millions en 2006, la "crise financière [...] oblige [...] à une rigueur accrue", souligne Laurent Joffrin dans un édito du 15 janvier 2009. Le programme d’économies portera principalement sur les piges et les CDD. En outre, sans que la direction n’affirme vouloir remettre en cause l’accord sur les 35 heures, elle demande aux salariés de renoncer à 10 jours de congés en 2009, ce qui sera discuté aujourd’hui avec l’ensemble des syndicats. L’ensemble des salariés semble avoir conscience que l’année 2009 sera difficile, même si certains se demandent s’il sera vraiment possible de revenir à la normale en 2010 et dénoncent la forte augmentation des salaires de la hiérarchie.
Enfin, aux problèmes économiques et à la crise financière est venue s’ajouter en décembre la disparition de Carlo Caracciolo, actionnaire italien de Libération, qui s’apprêtait à participer à une augmentation du capital aux côtés d’Edouard de Rothschild. Augmentation qui aurait permis au quotidien de souffler pendant quelques mois, mais aujourd’hui en attente, Rothschild recherchant un nouveau partenaire.
