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Les vrais chiffres de France 24

Le 06 Septembre 2010 dans Old fashion media par Emmanuel Schwartzenberg

Le déficit de la chaîne d’information internationale ne serait que de 1,1 million d’euros mais les prochains résultats d’audience seraient, pour la première fois, à la baisse. Pour préserver l’avenir de l’entreprise, Alain de Pouzilhac entend préserver Christine Ockrent.

France 24 est en danger. Son avenir repose sur l’équilibre économique et financier et sur sa réussite en termes d’audience et de reconnaissance. Elle implique ipso facto que ses fondateurs ne se déchirent pas dans une guerre fratricide. Et le scénario, de ce point de vue, ne se présente pas sous les meilleurs auspices. La chaîne serait en déficit, l’audience en régression et l’opposition entre son pdg Alain de Pouzilhac et Christine Ockrent, directrice générale déléguée, donne un spectacle pour le moins affligeant à l’étranger.
Aussi insolite que puisse être cette analyse tant elle s’oppose à la version généralement donnée sur internet et dans les médias traditionnels, il n’est pas exact d’affirmer qu’Alain de Pouzilhac profiterait du probable départ de Bernard Kouchner du quai d’Orsay pour éliminer Christine Ockrent. Le changement de locataire à la tête du ministère des affaires étrangères ne s’accompagnera pas du départ, le lendemain, de la directrice générale déléguée de France 24.
Son départ de la chaîne déclencherait un vent de protestations au sein de l’opposition, voire de la majorité, dont le Parlement se saisirait pour remettre à plat la réforme de l’audiovisuel extérieur. Patrick Bloche, député PS de Paris, fervent opposant à la loi Hadopi, interviendrait sans nul doute dans le débat. Tout comme Christian Kert, député UMP des Bouches-du-Rhône, fin connaisseur de l’audiovisuel public. Tous mettraient alors en avant le fait que cette journaliste renommée a dû son poste à son époux et non pas à ses compétences. Ce qui donnerait la fâcheuse impression que cette chaîne est la simple émanation du gouvernement. Les garanties qu’Alain de Pouzilhac auraient obtenu de Nicolas Sarkozy à l’occasion d’une rencontre qui se serait déroulée au cap Nègre ne modifie pas cette donnée politique ?

Véritable déficit et nouveaux arbitrages

L’avenir de France 24 repose pour autant sur une gestion saine et sur une direction maîtrisée de la chaîne. De ce point de vue, le conseil d’administration du 28 juillet dernier au cours duquel Alain de Pouzilhac a repris le mandat de pdg opérationnel a fourni l’occasion d’un premier aperçu sur ces deux points.
Les finances ont fait état d’un déficit cumulé de la chaîne que certains ont chiffré à 5, millions d’euros et de nombreux départs ont été enregistrés.
Jean Yves Bonsergent, directeur délégué en charge de la technologie, Frédéric Geneau, directeur administratif et financier, est parti sur RFI, Béatrice Le Fouest, drh, Stanislas Léridon, directeur du multimedia ont quitté l’entreprise tandis que Frédéric Brochard, dg en charge des nouvelles technologies, a rejoint Canal+.
En fait, le véritable déficit cumulé se chiffre aujourd’hui à 1,1 million d’euros et non plus 8 millions d’euros comme des bruits l’avaient laissé entendre en interne. Cela contraint néanmoins Alain de Pouzilhac à procéder à des arbitrages afin que l’exercice 2010 soit à l’équilibre. Si aucune décision n’est encore prise, on peut néanmoins présumer que certains postes de travail seront concernés, ce qui aura malheureusement des conséquences sur la confection de la grille.
Certaines indiscrétions laissent déjà entendre que les enquêtes d’audience rendues publiques fin septembre et qui reposent sur le principe de la syndication ne seraient pas bonnes.

Audience en baisse de 6%

La chaîne aurait enregistré une baisse de 6% entre le second semestre 2009 et le premier semestre 2009 alors qu’elle avait enregistré une hausse de 32% entre le second semestre 2008 et le premier semestre 2009. Des enquêtes de notoriété feraient état de la même inversion de tendance, traduisant si cela était confirmé une désaffection des téléspectateurs et une dégradation de l’image. Les observateurs relèveront que c’est au cours du second semestre que la nouvelle grille d’antenne, confectionnée par Vincent Giret, sous l’autorité de Christine Ockrent, a été mise en place et que cet échec peut lui être imputable.
C’est cette situation générale qui a conduit France 24 à engager une procédure de licenciement pour mauvaise gestion à l’encontre de Vincent Giret, directeur de la rédaction, qui a été entendu la semaine dernière au cours d’un entretien préalable dont l’issue ne fait aucun doute. Vincent Giret incarne, toutes proportions gardées, le même rôle que celui de Raymond Domenech, considéré comme le seul responsable du désastre de l’équipe de France.
Alain de Pouzilhac, seul maître à bord, va s’efforcer de faire revivre le tandem qu’il a composé avec Christine Ockrent, et qui lui a permis de mener à bout, et non sans difficultés, la réforme de RFI. Afin de donner un premier signe d’apaisement, les dirigeants ont décidé de réintégrer au plus vite Albert Ripamonti, directeur adjoint de la rédaction, qui avait été écarté de l’entreprise et qui bénéfice de la confiance des journalistes. La recherche du consensus est devenue la nouvelle priorité de France 24.

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2 Commentaires

  1.  le 6 septembre 2010

    Qui a donné ces chiffres ? D’ou viennent-ils ? Avez-vous verifié ? Vous etes vous adressé aux salariés de la chaine pour savoir quels sont les repercution de ce que vous dites...



  2. neuville le 7 septembre 2010

    C’est pitoyable Ockrent 66 ans et on s’accroche...Que ce soit elle ou lui (Bernard !) aucune dignité, aucun respect de ce qu’ils ont été ou paru être mais bon sang jusqu’à quand ?



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