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Les services de musique en ligne à valeur ajoutée négative ont vécu, par Yves Riesel

Le 21 Mars 2011 dans So_cult’ par TRIBUNE LIBRE

La tribune d’Axel Dauchez dans le Monde n’en finit pas de susciter des réactions. Après le SNEP par la voix de David El Sayegh, puis Jonathan Benassaya, ex pdg de Deezer, c’est au tour de Yves Riesel, Directeur de Abeille Musique et co-fondateur du site de musique en ligne Qobuz.com.

J’étais isolé en affirmant que le streaming gratuit figurait un remède de gribouille pour guérir du piratage. Lire les échanges entre Axel Dauchez et David El Sayegh, réconforte : les idées reçues évoluent, lentement.
Axel Dauchez avance des bouts de diagnostics exacts, mais on hésitera à le choisir comme médecin de référence. Il souligne à juste titre les distorsions de concurrence entre sites internationaux et français : en matière culturelle, le patriotisme économique est aujourd’hui en effet essentiel et il passera par une lutte à armes égales - on en est loin. Cela sans compter les oukases de iTunes sur le paiement des abonnements.
Dauchez ébauche enfin l’idée d’une nécessaire gradation dans les consentements à payer – vive donc Deezer, si Deezer change ! Mais, gardien légitime des intérêts de son entreprise, il poursuit encore la défense indéfendable de la gratuité financée par la publicité, avec Bennassaya à la rescousse… au secours, il revient !
David El Sayegh quant à lui a raison de le marteler : la gratuité ne rapporte presque rien, et convertit peu, c’est une impasse. Bientôt, je l’espère, El Sayegh le dira : « L’abonnement à 10 euros est une impasse, il faut segmenter et augmenter ! ». C’est mon avis. Car convertir à 10 euros ne suffira pas, il faudrait convertir à bien plus.

Portillons librement ouverts

Combattre la délinquance du refus de payer son ticket de bus par la création de portillons librement ouverts et gratuits, tout cela pour faire rentrer dans le rang les délinquants, est une idée géniale ! Elle aurait séduit Monsieur de la Palice, et aurait du conduire Christine Albanel, ex-Ministre de la Culture et de la Communication, à la Présidence de la RATP ou à celle du Concours Lépine. C’est tout comme : depuis qu’elle a quitté ses lambris, à Versailles et rue de Valois, Madame Albanel, une admiratrice du modèle Deezer, n’est pas devenue la Présidente de la RATP, mais elle émarge chez Orange, où sa connaissance fine des nouvelles technologies et son profil culturel affuté et visionnaire font merveille à ce jour.
D’ailleurs, quelques mois après son arrivée, Christine Albanel chaperonnait le dispositif Deezer/Orange, qui consiste selon ses promoteurs à convertir des consommateurs, qui, nous affirme-t-on, ne veulent pas payer et n’accepteront jamais de payer, à des abonnements payants qu’ils ne paieront pas ou presque.

Puissants ou misérables

Avant d’aller plus loin, je me propose de donner deux chiffres approximatifs à garder en tête pour les lecteurs les moins informés. Si je me trompe, qu’on me démente - ce sera de très peu, et par volonté de faire clair en arrondissant :- ​Sur un abonnement vendu TTC 10 euros, environ 6 euros HT seront partagés entre tous les producteurs de toutes les musiques dans tous les répertoires qui ont confié leur catalogue au service. La répartition se fait au prorata du consommé avec des petites différences entre producteurs puissants ou misérables.- ​En outre, dans le cas d’un abonnement «  bundle » du type Deezer/Orange, les producteurs auront consenti un rabais de 50%. Le revenu est alors de 3 euros environ, pour tous les producteurs de toutes les musiques dans tous les répertoires qui ont confié leur catalogue au service, avec des petites différences entre producteurs puissants ou misérables - et je crois que c’est moins, en vérité.
Les majors, suivis d’indépendants, ont accepté en été 2009 cette dernière ristourne Deezer/Orange, en vue d’engager un processus de consentement à payer dont elles se désespéraient de voir même le début.
Cette concession fut un second Munich des droits des producteurs, des artistes et des auteurs, après l’acceptation jadis du «  gratuit publicitaire  », qu’on veut enfin défaire aujourd’hui, et pour lequel Axel Dauchez se bat encore, afin de préserver son business hors-Orange et garder ses millions de visiteurs qui ne paient pas.

Intérêt éloigné

Je me désole de voir l’ADAMI promouvoir des partenariats avec cette plateforme gratuite ou bon marché, alors que Deezer rince les revenus de ses adhérents sur le gratuit. Et je n’oublie pas non plus que c’est la SACEM qui a, la première fois, rendu fréquentable la start-up BlogMusik, née de la rapine du travail des artistes et des producteurs - alors que son modèle persiste à rincer aussi les auteurs.
Pour autant, en tant que chef d’entreprise, je ne jette pas la pierre à Axel Dauchez qui est dans son rôle, en se battant pour convaincre et faire exister son modèle, et je le sais suffisamment avisé pour ne pas sous-estimer la difficulté de la situation, et même inventer de nouvelles solutions créatrices de valeur - il l’évoque d’ailleurs dans sa tribune au Monde.fr. Mais son intérêt, hélas, est à ce jour plutôt éloigné de celui des ayants droit. Je voudrais qu’il change de point de vue pour examiner la situation que sa société a créée, et les conséquences qui en découlent.
Parce qu’il débute une timide convalescence, le marché de la musique enregistrée va vite devoir sortir d’une communauté d’intérêts qui était facile à atteindre lorsqu’il s’agissait de dire « non  » au piratage et au pillage.
Les majors ont d’autres moyens, d’autres réserves et d’autres actifs amortis que les autres producteurs. Ce qui est bon pour elles n’est pas toujours bon ou encore déjà bon pour les indépendants. Et encore faut-il séparer les indépendants à la mentalité indéfectiblement « variétés », de ceux qui sont engagés sur les répertoires culturels et fragiles : ce ne sont pas les mêmes logiques.
Depuis les débuts de la musique numérique, les indépendants ont été constamment, malencontreusement, suivistes. Ils auraient dû s’approprier plus tôt et professionnellement la distribution digitale B2B en envoyant aux pelotes les agrégateurs médiocres, en s’engageant sur la voie de création de métadonnées de qualité.
Ils auraient dû mieux aider à l’émergence de plateformes B2C performantes. S’ils n’en meurent pas tous, du moins leur rétablissement se fera, il faut le craindre, en marchant entre les cadavres, et avec des délais supplémentaires à chaque nouvelle erreur commise. Il est donc vraiment temps d’arrêter d’en faire. Et il faut réaliser que les monopoles qu’on n’a pas eu le temps de craindre sont aujourd’hui constitués. Retour aux rapports de force, comme au bon vieux tempo de la FNAC ou des hypers !
Aujourd’hui, la décision d’accepter de mettre sa musique là, et pas là, n’est pas un combat d’arrière-garde ringarde. C’est comprendre que les modèles du futur ne seront pas monolithiques, et que la segmentation des contenus est la clé pour reconstruire les revenus.

Madame Albanel y croyait

On nous assomme de communiqués pour nous convaincre que le modèle du « payant-gratuit » progresse et triomphe, et on nous annonce un million d’abonnés français chez Deezer. Je rappelle à nouveau qu’il s’agit d’abonnements à 3 euros pour tous les producteurs et tous leurs artistes. Le fait est que dans ces conditions, avec les abonnements bradés et subventionnés d’Orange, et la gratuité maintenue, Pascal Nègre a bien sûr raison, on n’en sortira pas. Mais il, et ses collègues majors n’auraient jamais du l’accepter précédemment : combattre le piratage par la gratuité fut une erreur qui a induit un peu plus le public en erreur – mais Madame Albanel y croyait !
A ce jour, Spotify est davantage crédible auprès de ses prospects pour leur vendre des abonnements à 10 euros car il a moins vanté le gratuit que Deezer.
La mauvaise nouvelle pourtant, lecteur, c’est que, malgré les effets d’annonce des uns et des autres, nous ne sommes vraiment pas sortis de l’auberge, ni avec les abonnements «  payant-gratuit », ni même avec les abonnements à 10 euros. Parce que le compte à ce prix n’y est pas, n’y sera pas, n’y sera jamais pour la masse des producteurs, et même les répertoires non-mainstream des majors – mais elles peuvent davantage faire la péréquation.
Je suis pourtant un supporter inconditionnel de la musique en ligne, cela va sans dire, du streaming, de l’abonnement et de ses commodités, et de son intérêt culturel.
Mais, le téléchargement à l’acte est le seul modèle à ce jour raisonnablement profitable aux ayants droit. On peut le considérer comme ringard pour des raisons esthétiques, techniques ou métaphysiques - mais en tous cas, modélisé avec une progression, il pourrait tous nous faire vivre.

Vente séparément

Le développement des abonnements à 10 euros ou en bundle va pourtant faire plonger le téléchargement en France, avant même que nous ayons pu bénéficier, comme aux Etats-Unis, de sa croissance un temps. Pourquoi ? Je voudrais rappeler le glissement étonnant qui s’est opéré entre « abonnement streaming » et téléchargement, par le développement de la fonction « offline » des abonnements, glissement qui s’est imposé en douce, et qui est pourtant aberrant puisqu’il transforme un abonnement de streaming en abonnement gratuit de téléchargement.
Un abonnement à 10 euros, à Deezer, à Spotify, ou à 13 euros sur mon propre site, Qobuz.com, offre non seulement l’accès en streaming à l’ensemble des catalogues quand connexion il y a - mais aussi un droit à téléchargement illimité en qualité généralement équivalente au MP3 320, sur ordinateur, téléphone ou tablette.
Dès lors, l’abonné à 10 euros (ou moins, chez Deezer/Orange), dispose d’un « eat all you can  » de téléchargement qui tuera d’un coup net le téléchargement traditionnel. Il faudrait être un parfait imbécile pour payer un produit de qualité strictement identique à celui qui est inclus dans son abonnement ! L’argument selon lequel le désabonnement fait perdre ses playlists est en l’occurrence de peu. Cette fonction offline devrait être vendue en supplément.
Mais, conscient de la nécessité de revenus pour les producteurs, et me préoccupant entre autres de ceux de mes frères indépendants, et parmi eux des répertoires les plus fragiles, je me demande où seront leurs revenus en France dans les deux ou trois ans à venir, à supposer que sur un plus long terme on ait trouvé d’autres solutions.
Car il n’y aura bientôt plus de revenus alternatifs : sur le front des CD, la FNAC ne sait plus faire que des retours, et ne sait plus captiver personne. Plus rien ne passe en caisse, puisque leurs magasins sont des poissons morts. On enseignera un jour dans les écoles de commerce le cas de cette marque de musique qui fut leader sur son marché, et comment elle aura sombré. Virgin ? On ne tire pas sur une ambulance. Les hypers ? Oublions.
Et donc ? La massification des abonnements de type «  payant-gratuit  » ou même de l’abonnement à 10 euros ne rémunèrera jamais de manière suffisante tous les producteurs qui y auront mis leurs contenus. Il faut inventer autre chose avec le streaming – car on n’imagine pas non plus qu’une clientèle de « jeunes » le choisirait pour pas cher, et une clientèle de « vieux » téléchargerait.
Ce scénario à 10 euros est une impasse dans laquelle s’engouffrent les membres aveugles de la secte du progrès en musique. Mais par la grâce du progrès, les choses ne se résoudront pas d’elles-mêmes, ouvrez les yeux !
Les solutions à mettre en oeuvre aujourd’hui sont :- ​Une augmentation du prix public facial : un abonnement comprenant toutes les musiques devrait théoriquement couter beaucoup, beaucoup plus cher !- Un changement du concept de l’abonnement, qui doit se segmenter et comporter des options – par contenu musical ou genre, ou sélection de catalogues, c’est-à-dire avec une assiette de perception pour les producteurs et leurs artistes plus profonde et moins large.- ​L’accès au offline par option.- La revalorisation du téléchargement par une amélioration réelle de la qualité des produits et de l’éditorial, la généralisation de la qualité CD et des formats haute-définition, des livrets numériques, au libre choix du consommateur et moyennant supplément.
Les producteurs doivent inciter, exiger des plateformes la création de formules d’abonnements différenciés, spécialisés, qui aboutiront à des consentements à payer diversifiés du consommateur, dans des assiettes de revenus limitées au niveau des répertoires, et donc plus élevées pour les producteurs.
Quelques chiffres simples, pour démontrer définitivement. Prenons par exemple le répertoire classique. Il représente, nous dit-on, 3,5% de part de marché numérique mais peu importe, disons 5%.
Je rappelle : revenu tous producteurs approximatif de 6 euros dans l’abonnement à 10 euros, et de 3,5 euros dans l’abonnement Deezer/Orange.- Abonnement Spotify ou Deezer à 10 euros = 0,30 cts pour tous les producteurs, majors ou indépendants, de ce répertoire !- ​Abonnement Deezer/Orange = 15 cts pour tous les producteurs, majors ou indépendants, de ce répertoire !

Revenus minuscules

Supposons : 10 millions d’abonnements en France Deezer/Orange (cela n’arrivera jamais, et de toutes façons les producteurs classiques seront crevés avant) : 1,5 million d’euros. Pour tous producteurs, majors ou indépendants, de ce répertoire !
Supposons : 20 millions d’abonnement en France à 10 euros (c’est pas demain la veille, et de toutes façons les producteurs classiques seront crevés avant) : 6 millions d’euro. Pour tous producteurs, majors ou indépendants, de ce répertoire !
Ces projections sont basées sur des objectifs à ce jour mirobolants, et pourtant, les revenus en sont minuscules. Elles ne permettent pas de financer la production. Elles ne permettent aucun investissement sur la valorisation des répertoires et l’amélioration des métadonnées. Elles ne permettent que de mourir.
Pour finir. On tape sur Deezer volontiers, et je n’ai jamais été tendre pour cette entreprise – je crois apporter les arguments qui justifient ma position. Mais Spotify, ne sera pas meilleur, ni sur le modèle économique vis-à-vis des producteurs, ni en termes de proximité de business. De plus, les majors ont les mains dans la confiture Spotify (les majors détiennent une part du capital de Spotify), et les décisions ne se prennent pas ici.
Rappelez-vous : combien de disquaires à la Fnac, il y a seulement 5 ans, pour promouvoir un dialogue entre les producteurs locaux et leur public ? Sans doute 500… Et, combien de disquaires aujourd’hui, pour le monde entier, chez iTunes ou Spotify ? 5 ? 10 ? 20 ? 30 ?
L’issue est donc la création de valeur par des approches qualitatives, segmentées, souvent localisées, qui déclencheront des consentements à payer nouveaux, et ciblés, sur des clientèles d’amateurs dans chaque genre musical peu importe ce qu’il est, la logique est similaire – des genres musicaux et des clientèles que nous avons tous les moyens avec Internet de connaître, et d’aimer.

Qualité de la musique

Les services de musique à valeur ajoutée négative ont vécu. Innovants techniquement un temps ils furent – mais ils sont des brêles, en matière de musique, et ils ne nous sauveront pas. Laissons-les continuer à s’occuper de Web, d’innovation technologique au service de leurs clients, laissons-les se débrouiller à leur en faire payer le prix, c’est leur affaire.
L’amélioration des services, du son, des données, l’enrichissement de l’usage séduiront bien sûr les utilisateurs désormais. C’est de la qualité de la musique qu’il faut se préoccuper enfin, de valorisation des artistes, des répertoires. Cette qualité a un coût, qui ne tient pas dans 3, 6, ou 10 euros par mois, voilà tout. Désolé de devoir faire cette révélation.



Photo : Jean-Baptiste Millot

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23 Commentaires

  1. Pierre Dortiega le 21 mars 2011

    Long et interessant, pour une fois on a l’impression qu’on va dans les détails des explications du dessous des cartes. Ce qui est incroyable c’est que le genre de service tel que Jiwa ou Deezer ne gagne pas d’argent, n’en fait pas gagner à ses actionnaires et n’en fait pas gagner non plus aux maisons de disques ! Et ils persistent dans leur politique commerciale avec l’énergie du désespoir à dire qu’ils ont raison et que les autres ont tort !



  2. Benjamin le 21 mars 2011

    Il est fini le temps des cathédrales .... faut vous y faire !!!

    Et les "clients" ne vous attendront pas.



  3. Pierlot le 21 mars 2011

    @benjaminça alors c’est un argument qui casse, petit ! T’es en quelle classe ?



  4. davinzz le 21 mars 2011

    Calculs un peu biaisés, il me semble...Les abo (deezer/orange, spotify) sont des abo mensuels...

    20 millions d’abo à 10€/mois = 240 millions €/an10 millions d’abo à 10€/mois = 120 millions €/an

    Le raisonnement a forcement moins de force



  5.  le 21 mars 2011

    bravo à davinzz d’avoir relevé le calcul biaisé.

    L’industrie de la musique a vécu une époque ou la technicité des investissements nécessaires à l’enregistremnt/distribution des oeuvres a favorisé la création de poles de "producteurs", ceux-ci concentrant dans un petit nombre d’acteurs le pouvoir de négociation à la fois sur les artistes et leurs clients. Ils ont su s’imposer en intermédiaires et se rendre incontournable en profitant de l’industrialisation de la filière.

    Aujourd’hui, grâce à l’évolution de la technique (dématérialisation à la fois des oeuvres et des canneaux de distribution) ce rôle d’intermédiaire devient plus difficile à justifier et la situation de rente que se sont crées les participant à l’oligopole n’a plus besoin d’être. L’artiste et son public ont à présent à leur disposition un canal direct que les artistes doivent s’approprier et faire fructifier.

    Pendant ce temps, les producteurs doivent se rendre à l’évidence, ils créent de moins en moins de valeur ajoutée pour l’artiste ou pour le public et devront se résoudre à devoir justifier leur existence sous peine d’apparaitre comme des sangsues.

    Quand je lis votre tribune, je ne vois que votre volonté de sauvegarder les producteurs ; je ne perçoit pas de volonté de redistribuer cette richesse aux artistes. Peut être devriez-vous nous faire comprendre le rôle des producteurs et ce en quoi ils seraient indispensables au "marché" de la musique ?



  6. Pierre Dortiega le 21 mars 2011

    enfin, pour que ces chiffres soient vrais il faudrait que les quantités supposées se réalisent.

    en même temps, 15 centimes par 12 ça fait 1,80 pour une année30 centimes par 12 ça fait 3,60 pour une année

    ... à rapprocher du prix d’un album à 9,99 et qui coutait souvent 15 ou 20 en CDet cela pour tous les labels.

    Soit ils vivaient come des émirs en cachette, par exemple les labels de classique, mais pour en connaitre un de jazz je n’ai pas l’impression, soit alors en effet il y a un problème quelque part !

    Ce qui est interessant dans cet article c’est que dans ces discussions de spécialistes qui n’en finissent pas et qui sont quand même assez compliquées, c’est la première fois que je lis ce qui me semble de bon sens : c’est que dans un système ou il y a tout pour un prix unique, les plus faibles seront toujours très mal servis.

    Or je m’en fiche de Universal, moi ce qui m’interesse c’est de savoir si les labels que j’aime y gagnent quelque chose pour travailler, ou pas. Il m’a toujours paru évident que les gens qui veulent absolument ne rien payer et supportent la publicité, doivent aussi écouter ce que la publicité paie, et pas le reste ! Et ils visent bas et se contentent d’écouter des conneries. En même temps les abonnements gratuits de telephone de Bouygues je crois, avec de la publicité , ne marchaient pas, donc si il y a plus de publicité sur Deezer, ils perdront leur audience.

    Pierre.



  7.  le 21 mars 2011

    Y a jamais eu en France 20.000.000 de personnes pour payer autant la musique, même à leur bon vieux temps de l’age d’or des CD les Français n’ont jamais autant payés, pourquoi ils réclament beaucoup plus d’argent maintenant qu’avant ?



  8.  le 21 mars 2011

    C’est peut-être cruel à dire mais jamais je dépenserais même 5€ par mois pour la musique. Pour un abonnement genre Netflix je veux bien payer 10€ par mois pour avoir mes séries en VOST en simulcast, mais pas pour écouter la radio, faut pas déconner.



  9. Florence Trocmé le 21 mars 2011

    Témoignage : suis abonnée à Qobuz depuis quelques mois, en suis enchantée, en particulier de la liaison avec mp3, me permet d’écouter des nouveautés, de faire des découvertes (autrement j’allais en bibliothèque) et a fait redémarrer mes achats, mais disposant d’une chaine de haute qualité, je reste fidèle au CD, à son petit livret illisible que j’adore... donc je fais aussi redémarrer l’industrie du disque.

    Je paie cet abonnement 13 euros par mois, je trouve ça plus qu’abordable (je n’ai eu aucun mal à convaincre plusieurs personnes de mon entourage de s’abonner) ; vous dites que c’est beaucoup trop peu cher, je veux bien le concevoir, mais en même temps si le prix augmente, les gens seront sans doute tentés de retourner au piratage, non (que je n’ai jamais pratiqué, je le précise à toutes fins utiles, donc je ne parle pas de moi ici) ? Je trouve pour ma part que les CD sont encore trop chers, ou que leur prix ne varie pas assez en fonction de l’amortissement supposé des enregistrements. Qu’une nouveauté à grand effectif orchestral se vende 15, ou 20 €, c’est normal, qu’un enregistrement ancien, à grand succès se vende 12 euros, c’est encore trop, il devrait se vendre entre 5 et 10 €. En tous cas pour que je l’achète. Pour ces disques là, il pourrait y avoir un téléchargement de fichiers à vraiment petits prix (voir dans le domaine éditorial, les expériences menées par la coopérative d’édition publie.net, avec des livres électroniques vendus entre 3 et 5 euros).

    J’écoute de la musique classique et contemporaine, mais via Qobuz j’ai découvert d’autres répertoires comme Agnès Obel ou Svante Henryson que j’ai acheté (ce dernier). Il me semble qu’il y a bien un lien entre l’écoute et l’achat, un peu à la manière de ce qui se passe pour les livres, quand on dit que les plus gros emprunteurs en bibliothèque sont aussi souvent les meilleurs acheteurs de livres. Je pense que cette boucle-là est aussi à prendre en considération.



  10. Philippe DUPUIS aka WEBENTERTAINER le 21 mars 2011

    Bien que supporter des offres Freemium car elles vont dans le sens du consommateur...qui est roi, je trouve ces propos intéressants.

    Mais les calculs sont erronés, c’est dommage car la démonstration est biaisée : à 0,15€/mois pour le classique, cela représente 18 millions à l’année.

    Si on retient 10 millions d’abonnés à 3€/mois, cela représente tout de même 360 millions €/an juste pour les abonnés...

    Dans un modèle vertueux, les offres de streaming par abonnement peuvent être créatrices de valeur, encore faut-il créer un réel système ROIste de conversion.

    Bien entendu, cela ne peut suffire à re-créer des conditions optimales de développement des producteurs indépendants, mais ça plus d’autres choses....



  11. Mubli le 21 mars 2011

    Bravo à Yves Riesel pour cette tribune.

    Après le temps de la découverte (en non pas celui "des cathédrales" comme j’ai pu le lire) Il est impératif de créer de la valeur autour de l’abonnement/ abonné, que chacune des options proposées soient désormais facturées au client final, quitte à en offrir certaines en fil des années pour le fideliser (comme Canal Plus ou les opérateurs Telecom).

    Abonnement Gold (accès au catalogue "hors nouveautés" streaming illimité) ..................... 10€/moisAbonnement Premium (accès au catalogue "Nouveautés + Golds" streaming illimité) ........ 12€/moisAbonnement Privilège (abonnement Premium + découverte d’exclusités avant sortie commerciale) ....................................................................................................................................... 15€/moisAbonnement Platinium (abonnement Privilège + Option "Offline") .......................................... 19€/mois

    Il faut également impérativement inventer des "Pass Family" destinés aux familles :Abonnement 3 Comptes / 4 Comptes

    Bref, le temps du Marketing est venu.



  12. Benjamin le 21 mars 2011

    @pierlotJe donne mon avis mon bon et deja vieux monsieur.

    Mais je vais pas m’étendre longtemps sur le probleme, cela a été fait maintes fois.

    Les producteurs veulent le même rendement qu’avant et se plaignent. Les "clients" ne mettent plus autant de pognon dans la musique ou la vidéo qu’auparavant .... p-e qu’ils s’aperçoivent kil y a d’autres choses à faire avec : se loger, manger, éduquer leurs enfants, mettredu gasoil dans la voiture, etc...



  13. nothing le 21 mars 2011

    Qbuzz ? Abeille musique ? qui connait , franchement ? Avec son discours ce type veut réinventer le minitel pour s’en mettre plein les poches. Va falloir changer de métier monsieur.



  14. chris de Palmer le 21 mars 2011

    Les revenus générés par le streaming payant sont loin d’être négligeables pour les labels et les artistes.J’ai écris un livre blanc sur ce sujet et j’y démontre, à partir de quelques hypothèses, que ces revenus sont équivalents à ceux du téléchargement au bout de 3 ans.Pour une base de 10 000 fans, abonnés au streaming "premium", un artiste indépendant peut espérer environ 50 000 euros de revenus en 3 ans et un auteur/compositeur environ 3/4000 euros.Dernière précision, je ne travaille ni pour Deezer, ni pour Spotify....Cette étude est disponible gratuitement sur http://palmrocksongs.com/publications.



  15. ouah ah ah ah le 21 mars 2011

    donc ceux qui payent actuellement de 5 à 10 € devrait payer 19€ pour la même chose... et ceux qui comme moi ne paient rien n’auront plus le droit à rien... Vous avez vraiment plus du tout le sens des réalités dans la musique au temps des CD les Français dépensaient 5,25€/mois pour la musique pas plus.



  16. ouah ah ah ah le 21 mars 2011

    Et maintenant je peux commander mes CD sur Internet pour 2 fois moins cher que ceux vendu en France, donc les 5,25€ sont devenus pour la même chose 2,625€. Sans compter qu’il est facile de copier un stream.



  17. ouah ah ah ah le 21 mars 2011

    Un peu beaucoup demandé par une industrie qui refuse de s’adapter, qui fait voter des lois extrêmement liberticide et anti-démocratique.



  18. ouah ah ah ah le 21 mars 2011

    Non Mubli nous n’avons pas oubliés la DADVSI, les DRM, l’hadopi ou l’ACTA.



  19. Sabine Aussenac le 22 mars 2011

    Merci, cher Monsieur, pour cette excellente tribune.

    Vous avez simplement oublié un détail : très peu de téléphones sont compatibles avec...l’option "gratuite" Deezer !! Je suis en bataille de choix pour abandonner mon paléolitique Nokia N je ne sais pas quoi, datable au carbone 14, et viens de renvoyer un Nokia X3-pourtant dernière génération-, pour buggs divers:il n’avait pas, de toutes manières, de compatibilité Deezer.

    Je vais craquer pour un Blackberry pearl...Il ne l’a pas non plus.

    Tant pis. Je continuerai à acheter des CDs et même, peut-être, un jour, trouverai-je une perle pour réparer ma vieille chaîne et écouter mes vinyls....

    Sabine Aussenac.

    www.sabineaussenac.com



  20. random() ; le 22 mars 2011

    Tiens ? Ça bouge encore ? Gag ! Moi qui croyait que la Culture était morte étranglée avec un câble modem lors du vaudeville Hadopi.

    Le gratuit légal doit il continuer d’exister ? Vaste blague... Pour profiter du service dont il est question il faut installer Flash, une technologie obsolète et très mal vue dans le milieu des ingénieurs informaticiens, bannie par Apple, google & autres sur les smartphones qu’ils équipent de leurs systèmes. Flash est un exemple de non interopérabilité, et d’instabilité chronique.Que trouve-t-on sur la fumeuse plate-forme ? De la pub, beaucoup de pub, trop de pub, à ce niveau là ça tiens plus de l’agression que de la communication. On y trouve aussi de la "musique", entre deux pubs sonores et quatre ou cinq bandeaux publicitaires. De la Musique nous dis-t-on, je n’y ai pas trouvé ce que je cherchais, je dois avoir des goût de chiottes, mais je n’y trouve même pas ce que j’entends à la radio... Par contre on y trouve tous les albums, compilations, remix, remix de compilations, compilations de compilations, de tout ce que la France compte de militants pro-hadopi. Le beau n’a rien à voir avec le bien ni avec le moral. Franchement des gens qui militent ouvertement pour l’abrogation du secret postal, la fin du procès équitable et le renversement de la charge de la preuve, peu importe leur talent, ça n’est pas exactement un argument de vente. 10 € /mois pour de l’écoute (instable) en ligne très peu pour moi, si on pouvait télécharger les morceaux en FLAC multipiste, ça pourrait passer, mais ça n’est pas possible.

    DADSI, HADOPI, ACTA, cosip & j’en passe sont autant de plaies qui saignent encore chez bon nombre de citoyens. Et bon nombre de mes proches, de mes collègues n’ont plus une once de compassion pour les anti-républicains à l’origine de ces mesures. Ces gens-là gravent un fichier pirate sur chaque CD, chaque DVD personnel ou professionnel par principe, ils là piratent par principe, pas en haute mer avec un AK47 mais sur internet avec une mule et un torrent. Par colère envers ceux qui ont osé s’assoir sur les principes de la république pour 0.99 € par morceau. Je ne vais pas continuer par là vous m’avez compris, l’industrie de la galette de polycarbonate fait la guerre à ses client, inutile d’être devin pour savoir comment ça va (mal) finir.

    Revenons à vos revendications tarifaires. Gag parmi les gags, Apple prends 30% de marge sur toute transaction qui passe par ses services et se réserve le droit de retirer (vos) les contenus si ils lui déplaisent. Je doute fort que google musique soit plus avantageux très longtemps. L’Europe en général et la France en particulier ayant la technophilie qu’on leur connait (IPRED, ACTA, DAVDSI, HADOPI) je doute fort que de nouveaux acteurs crédibles apparaissent & survivent (surtout si les montants garantis exigés restent calculés pour mener à la faillite toute entreprise qui se lance sur la musique sur internet). Donc il y a de fortes chances qu’à la fin (18-24 mois) faute d’interopérabilité et de formats standards, les géants du disque n’en seront réduis à chois à quelle sauce ils seront mangés.

    On vous a prévenus en 2006 pour DAVDSI

    On a continué de vous prévenir en 2008 lors du rapport Oliviennes

    On vous a encore prévenus en 2010 lors des joutes HADOPI

    On vous préviens encore grâce au (non)débat sur ACTA

    Vous allez dans la mauvaise direction,

    Vous faites beaucoup de mal aux principes fondamentaux de notre société

    Vous détériorez votre image

    Vous allez dans le mur.

    ...

    Alors à quelle sauce voulez-vous êtres mangé ?

    Bon je vous laisse, je suis en retard sur mon quota d’artistes à flageller avec des câbles RJ45.Puisque qu’on vous dit que les internautes vont tuer la culture...



  21. Julien Nakache le 23 mars 2011

    Personne ne sait calculer : ni dans l’article, ni dans les commentaires...10e par mois payés par plus de 10 M d utilisateurs en france, ca ferait 1,2 Milliard de CA annuel sur la distribution de zik online (au cout marginal de 0, sans aucun risque de stock, à la durée de vie illimitée, et au coût marketing proche de 0). Tu ajoutes à cela, le revenus sur le produits dérivés et les concerts et tu arrives à une industrie saine, où les artistes sont proches de leurs fans et les rihanna arrêtent de brasser des millions en faisant de la soupe. Il y a un phénomène dont personne ne parle qui est la chute significative des coûts de production de la musique depuis 15 ans : marketing, production, distribution etc... Et ca ne devrait pas s’arrêter là.



  22. Fred le 24 mars 2011

    Cet article est décevant. Son auteur y est incapable de réfléchir en terme de revenu par utilisateur et revient sans cesse à l’ancien concept de vente à l’unité. Mais l’argent généré à l’arrivée est le même ! L’abonné va consacrer 240 € par an minimum dans la musique... Si après, les professionnels de la musique sont incapables de se répartir équitablement les revenus, c’est tout simplement lamentable.Je n’ai jamais autant découvert de musique que depuis que je suis abonné Spotify. Il y a toute une communauté qui s’est formée avec des partages de playlists sensationnelles. Retirer ça serait du gâchis et contre-productif. Les vrais amateurs de musique continueront de toute façon à acheter (et non louer) de la musique qu’ils souhaiteront posséder.C’est d’autant plus pitoyable de la part d’un entrepreneur qui propose ce type de services, sans y croire...



  23. Xavier HAMON de Plug and Buzz le 29 mars 2011

    Cessons de calculer un moment. Arrêtons de comparer l’avant et l’après Internet. Les changements sont bien trop importants et les prévisions sont bien trop incertaines...

    Essayons de nous attacher un moment à l’idée de Monsieur Riesel : pour résumer très grossièrement : qualité et segmentation. Qobuz : une idée plutôt neuve à ma connaissance qui a le mérite de répondre à un besoin (OUAHH ne serait-ce pas le moyen de créer de la valeur ???? !!!!) pour tout passionné de musique.

    Encore une fois pourtant, c’est dans la réalisation où cela peine encore. Attiré par le concept, je me suis en effet abonné à Qobuz récemment. Malheuresement, l’offre n’est pas encore assez qualitative pour 13 euros.

    Les habitudes prises pendant de longues années de liberté font qu’on a souvent beaucoup de mal à repasser dans le droit chemin. Il faudra dont encore améliorer la qualité du son, des recommandations, des contenus annexes pour récréer cette valeur que tout le monde cherche.

    On est sur la bonne voie !



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