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Les américains se détournent du téléchargement illégal, et de l’achat de musique

Le 04 Mars 2010 dans Peer2peer par Philippe Astor

Les internautes américains sont de moins en moins nombreux à télécharger de la musique sur les réseaux P2P, selon le cabinet d’études NPD, mais ils sont également moins nombreux à en acheter.

Selon une étude de NPD Group présentée lors du Digital Music East Forum, de moins en moins d’internautes américains téléchargent de la musique sur les réseaux peer-to-peer. La proportion de ceux qui ont téléchargé au moins un titre illégalement dans l’année est passée de 19 % en 2006 à 14 % en 2009, soit une baisse de 25 %.

Parmi les raisons invoquées par les personnes interrogées, pour justifier le fait qu’elles se détournent désormais du téléchargement illégal, figure en premier lieu la crainte d’attraper un cheval de Troie ou un virus informatique. Vient ensuite celle de faire l’objet de poursuites, alors que la RIAA (Recording Industry Association of America) a cessé de traîner des particuliers en justice.

La qualité des fichiers audio récupérés est également en cause, de même que la possibilité d’écouter directement de la musique en ligne, sur Pandora, MySpace ou par l’intermédiaire de services de streaming gratuits financés par la publicité.

"Beaucoup de gens se sont déjà constitué une collection personnelle,
a commenté Russ Crupnick, analyste sénior chez NPD. Ils l’ont alimentée à la fois avec de la musique légale et illégale. [...] Leurs besoins ne sont plus les mêmes." Au point que 24 millions de consommateurs de musique manquaient à l’appel en 2009 aux Etats-Unis par rapport à l’année précédente, toujours selon NPD, dont un million d’acheteurs de musique en téléchargement.

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6 Commentaires

  1. French Ketchup le 4 mars 2010

    Personellement, je vis aux Etats-Unis, et je fais la difference entre "ecouter un album" et l’"acheter". Il y a plein d’endroits en ligne notamment ou l’on peut "ecouter un nouvel album", et je ne l’achete que si je le veux sur mon ipod.

    En fait maintenant j’achete surtout des chansons precises. Si j’achetais tous les albums de tous les artistes que je suis, je me ruinerais !



  2. Philippe Astor le 5 mars 2010

    "En fait maintenant j’achete surtout des chansons precises. Si j’achetais tous les albums de tous les artistes que je suis, je me ruinerais !"

    Oui, de + en + d’actes d’achat mais sur des titres à l’unité, pourtant les ventes d’albums en téléchargement progressent elles aussi aux US, le marché semble cependant atteindre un palier. Ceux qui ont vu leur pouvoir d’achat fondre en raison de la crise se contentent du streaming (24 millions de consommateurs de musique en moins en 2009, dont 1M en moins pour le téléchargement, c’est bcp).

    "Personellement, je vis aux Etats-Unis, et je fais la difference entre "ecouter un album" et l’"acheter"

    Et pour cause, puisque l’écoute est gratuite, et l’achat payant. En dehors de la mobilité et de l’absence de publicité, les consommateurs ont encore du mal à saisir la valeur ajouté du premium. Question de prix, certainement (10 dollars par mois, vs l’utilisation qu’on en fait, c’est cher et ça ne peut intéresser qu’un public limité). La proposition de valeur du payant (de simples commodités supplémentaires) ne se démarque pas assez du gratuit.

    Cela dit, personnellement, je n’achète plus de musique, je suis abonné à des services d’écoute en ligne depuis plusieurs années, à Spotify depuis + d’un an, et la valeur que je produis moi-même à l’utilisation de ce service repose surtout sur la librairie musicale que je me constitue (playlists + sélections d’albums).

    De ce point de vue, le logiciel est encore en deça de mes attentes (la gestion de la librairie laisse à désirer, en particulier, et il manque une dimension sociale intégrée ou interfacée avec les réseaux sociaux que j’utilise), mais je peux emporter ma musique sur un mobile ou un baladeur wifi, l’écouter en wifi ou hors connexion grâce à la synchronisation, pas besoin d’acheter la musique.

    Par contre, cette librairie musicale (qui constitue un historique de ma relation personnelle avec la musique) ne peut pas être exportée vers d’autres services (sociaux ou de musique), elle reste confinée à spotify, et je ne peux pas échanger des playlists, par ex., avec un utilisateur de Deezer. De ce point de vue, il y a encore beaucoup de gisements de valeur à explorer.



  3. Jean le 5 mars 2010

    Bibliothèque ou sonothèque mais pas “librairie” :-)



  4. galunto le 6 mars 2010

    Il serait intéressant de faire une analyse qualitative sur la satisfaction ressentie par les auditeurs en fonction de la manière dont ils se sont procurés la musique.

    Je m’explique en évoquant mon cas personnel : j’achetais beaucoup de CD avant que les techniques de téléchargement illégal n’existent, puis j’ai progressivement arrêter d’en acheter pour me mettre à télécharger en masse, un peu tout et n’importe quoi. J’ai constaté deux choses : tout d’abord, je téléchargeais tellement que je n’avais pas le temps de tout écouter, et pour la musique téléchargée que je prenais le temps d’écouter, je n’en retirais pas autant de plaisir que lorsque j’achetais des CD. J’ai essayé de comprendre qu’est ce qui pouvait expliquer ce phénomène. Il me semble que c’est la notion d’accessibilité à la musique qui donne le meilleur éclaircissement. La musique gratuite, obtenue rapidement, sans contrepartie financière et sans effort, ne suscite pas d’attente particulière ou de convoitise chez l’auditeur ; il sait que pour évaluer tel morceau ou tel album, il lui suffira de vouloir l’écouter. Rien de plus. Il n’aura de son côté rien à consentir pour accéder à cette musique. A partir de là, c’est plus à de la consommation quantitative de musique qu’on a affaire (remplir son iPod), qu’à une écoute en mélomane. D’où une perte d’intérêt progressive pour la musique.

    Pour revenir à mon cas, je ne télécharge plus (illégalement) de musique, j’en écoute moins qu’auparavant, mais celle que j’écoute je l’apprécie plus.



  5. Lulu77 le 10 mars 2010

    Et le taux d’épargne, la crise.....



  6. Julien le 26 avril 2010

    Et on oublie les échanges de disques dur dans la cour de récré ?



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