"Bakchich" renfloué par les actionnaires (MàJ)
Alors que l’avenir de Bakchich était plus qu’incertain, l’actionnaire est venu vendredi sauver in extremis le groupe, qui est passé devant le tribunal de commerce lundi et bénéficie d’un sursis jusqu’au 31 mars.
En redressement judiciaire, plombé par un déficit de 100 000 euros, Bakchich.info était sur le point d’être déclaré en liquidation (le dépôt de bilan date d’octobre dernier). La décision du tribunal de commerce, rendue ce lundi, permet au groupe de continuer ses activités jusqu’au 31 mars. L’apport de dernière minute de l’actionnaire (Club des Amis de Bakchich), est en effet d’un montant "suffisant pour tenir jusqu’en mars", explique Nicolas Beau, directeur de la rédaction. Le tribunal de commerce pouvait prononcer la liquidation du titre s’il estimait que l’entreprise était structurellement déficitaire mais il a préféré lui accorder le temps de continuer à chercher des investisseurs pour une recapitalisation plus importante. Quant aux trois repreneurs en lice, des négociations sont en cours mais aucun ne s’est encore déclaré officiellement.
"Manque de moyens et de visibilité."
La formule papier, hebdomadaire, lancée en septembre pour renflouer le site, n’a pas pris ni véritablement réussi à se faire connaître. Le dernier numéro de l’hebdo satirique, sorti le 23 décembre, s’est "bien" vendu, à 14 000 exemplaires, en regard des 8000 exemplaires écoulés du numéro précédent. Des ventes insuffisantes, néanmoins, par rapport à l’objectif initial de 25 000 exemplaires : « On n’avait pas le budget suffisant pour faire de la publicité, on est connu du petit milieu des journalistes mais pas du lecteur moyen. On a compté sur le bouche-à-oreille, mais 14 semaines pour s’installer ce n’est pas assez, » analyse Simon Piel, journaliste. “Nous avons fait une erreur de prix et au moment où on était le plus visibles, c’est à dire au début, nous n’étions pas les meilleurs, » estime Nicolas Beau. À cela s’ajoutent des exclusivités du papier moins reprises que celle du web, et une mise à l’écart de France Inter par Philippe Val.
Ballon crevé
Si certains estiment qu’on ne regonfle pas un ballon crevé, investir dans le groupe serait en effet peine perdue sans un changement de cap. Des moyens supplémentaires vont permettre à Bakchich de peaufiner une stratégie pour mieux développer le titre, le faire connaître et le vendre moins cher. Le manque criant de visibilité devrait ainsi être corrigé par de la promotion. Après une pause dans la parution de Bakchich Hebdo, celle-ci devrait repartir à zéro le 29 janvier. La version papier relancée sera « affinée », vendue cette fois au prix de 1 euro (au lieu de 2€) et sortira le vendredi. « La recapitalisation devrait permettre d’améliorer la qualité des articles et du journal, » espère Nicolas Beau. Un rééquilibrage de contenu et de maquette aura lieu, avec notamment plus de place accordée à l’international. « On se bat depuis trois ans, on a frôlé le précipice, maintenant il nous faut aussi de la chance. »
