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“Les Invincibles” : Arte soigne le mal par le mâle

Le 09 Mars 2010 dans So_cult’ par Clémentine Gallot

Pour se donner un coup de jeune et regonfler ses audiences, Arte lance une nouvelle série, Les Invincibles, un Sex and the city pour garçons, dont la première saison de huit épisodes débute ce soir.

Arte aussi a des cojones. Succédant à Venus et Apollon, Les invincibles, seconde série originale lancée par la chaîne franco-allemande célèbre, sur un ton potache et enlevé, l’amitié virile. Hassan, FX, Vince et Mano, quatre amis trentenaires, sont unis par un “pacte” : se débarrasser au plus vite de leur copine (la pleurnicharde, la castratrice etc) et se libérer du couple, fossoyeur de leur jeunesse. Ce discours libertaire esquissé dans le pilote promet quelques perles scénaristiques. Le prologue une fois mis en place, cette chronique de la quarter-life crisis mêle sitcom et faux docu, où les personnages se confient, face camera. Une allégorie maladroite des super héros de comics vient de temps à autre en plomber le rythme. Le tout sur fond de générique du duo web rigolo La chanson du dimanche.

Dude, où est ma série ?

Les Invincibles s’inscrit dans la lignée des dude shows, ou séries pour mecs, comme Entourage, qui ont émergé aux Etats-Unis en réponse, notamment, au succès de Sex and the city. Casting en forme de clique, comportements codifiée, situations ritualisées avec, toujours, la même nomenclature : tape dans le dos, rire gras, connivence, et chasse au jolies filles. Et toujours le petit écran pour dépositaire de la crise de la masculinité de ces héros modernes. Si les séries anglo-saxonnes n’ont pas le monopole de l’amitié virile, son versant franchouillard, y compris au cinéma, laissait jusqu’ici à désirer (cf la piteuse franchise Le Coeur des hommes 1 et 2).

Fiction française

Les Invincibles est surtout l’adaptation française d’une série culte québécoise, pays qui explore sa « crise de la virilité » avec des séries comme Minuit le soir et connaît une effervescence dans la production de séries télévisées. Son adaptation devrait venir intégrer le renouveau de la fiction française (Pigalle la nuit, Reporters..) plutôt que la veine du feuilleton made in France cheap et ringard (Plus belle la vie, et autres Clara Sheller). Derrière la caméra, deux réalisateurs, Alexandre Castagnetti (de La Chanson du Dimanche) et Pierric Gantelmi d’Ille et une jeune société de production, Making Prod, qui a su convaincre le directeur de la fiction d’Arte, François Sauvagnargue. Une équipe de tournage jeune et des conditions réduites ont permis de boucler déjà deux saisons. Un tournage qui a obéi à une « logique d´économie », explique un membre de l’équipe : la première saison tournée à Strasbourg en 60 jours, en décor réel et en HD, n’a coûté « que » 6 millions d’Euros (au lieu d’1 million d’Euros, traditionnellement, par épisode).

Audiences en berne

C’est récemment par le web qu’Arte a dépoussiéré son image (ArteLiveWeb et les WebDocus, entre autres) : une campagne Internet agressive et innovante a ainsi fait la promotion des Invincibles, à grand renfort de page web et de groupe Facebook. En guise de teasing, le premier épisode est visible en ligne gratuitement. La chaîne culturelle compte sur la série pour relancer des audiences qui s’effritent : 1,5% de part d’audience en février (contre 1,7% en 2009 et 1,8% en 2008). L’enjeu pour Arte, en s’éloignant de sa mission originelle, est aussi d’attirer un public plus populaire, d’où le lancement, à l’été 2008 de six séries.

Les Invincibles, 9 mars, 22h20 sur Arte. Episodes 1 et 2.

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