Les DRM, objets de toutes les négocations
Depuis des mois, le maisons de disques françaises et les plates-formes attendent le feu vert pour enfin proposer des titres sans mesures techniques de protection.
Mais que fait Apple ? Cela fait déjà plusieurs mois que les maisons de disques, essentiellement les majors, s’impatientent. Tout est prêt pour que les catalogues musicaux soient enfin proposés sur iTunes débarrassés des mesures techniques de protection, les fameux DRM, mais le fabricant californien tarde à donner son feu vert. Au point que certains s’inquiètent déjà que les filiales des labels français ne puissent pas être prêtes à délivrer les fichiers à la date prévue, soit pile lorsque la loi "Création et Internet" sera votée par l’Assemblée Nationale.
Comme d’habitude dans ce genre d’affaires, les maisons de disques et les plates-formes se renvoient l’une et l’autre la responsabilité. Les majors sont unanimes à déclarer qu’elles attendent le feu vert des Etats-Unis. La ritournelle est bien connue. L’américano-centrisme d’Apple fait des ravages, puisque, la décision de passer le catalogue vendu sur iTunes sans DRM doit être prise directement par Steve Jobs en personne. Ce qui est la vérité, mais il manque quelques détails qui ont leur importance.
30 centimes en plus
La fin des DRM sur les plates-formes de vente à l’acte de musique est envisagé comme un événement par chacun des protagonistes de cette histoire. Et tous veulent en tirer des bénéfices. Apple veut apparaître comme le "gentil" de l’histoire, tandis que les maisons de disques, de façon plus prosaïque, veulent de l’argent. La négociation a donc lieu à un très haut niveau. C’est Doug Morris, le Pdg d’Universal Music Group, Edgar Bronfman Jr, son homologue de Warner Music et Rolf Schmidt-Holtz, pour SonyBMG, quand ce n’est pas directement Howard Stringer, le patron de Sony Corp. qui parlent directement de tout ça avec Steve Jobs. L’avantage de ce genre de conciliabule, c’est évidemment que les catalogues seront ouverts sans DRM dans le monde entier et pas seulement en France, mais l’inconvénient, c’est que les filiales françaises ne maîtrisent pas le calendrier. Il faut aussi prendre en compte que les majors, exceptée Universal Music, n’ont qu’une seule base de données pour le monde entier, regroupant l’ensemble de leur répertoire. Cela permet de mieux contrôler les livraisons, en revanche cela entrave les initiatives locales.
Les discussions actuelles achopperaient sur le prix. Pour le comprendre, il faut revenir en arrière, lorsque EMI avait accepté de vendre ses titres sans DRM. Apple avait pratiqué une politique tarifaire surprenante, puisque les nouveaux fichiers avaient été vendus 30 centimes plus cher (1,29 euro contre 0,99) que la version avec DRM. Depuis, ce supplément a été supprimé de la plate-forme et les morceaux disponibles sur iTunes Plus sont commercialisés 0,99 euro. Les majors voudraient bien rééditer le même coup, pour toucher une part significative sur le rajout. Les maisons de disques veulent également se servir de la levée des DRM pour obtenir des plates-formes un "reporting" en direct sur les ventes, et non plus mensuel comme cela se pratique actuellement. Plus étrange, certaines majors auraient demandé que les fichiers soient "watermarkés" pour que figure le nom de la maison de disques...
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