#LeWeb : LeBilan
Cette nouvelle édition du Web se termine sur une note peu satisfaisante. Les invités ont défilé sur scène pour débiter ce qu’ils savent par coeur et étalent d’ailleurs chaque jour sur le réseau. La platitude guette.
Entre networking, entertainment LOL et célébrités du web, on ne peut s’empêcher de se demander quel est l’intérêt de ce genre de manifestation si elle n’est pas le cadre d’une ou deux grandes annonces.
L’édition 2009 du Web, la grande messe de l’Internet aura au moins été un succès tant en termes de présence, avec 2000 participants et 200 000 internautes connectés au flux vidéo retransmis en direct, que d’organisation, le minimum vital (chauffage, accès web, petits fours) ayant été cette année assuré. Le contenu proposé était, en revanche, sans surprise.
Son fondateur, l’énergique CEO de Seesmic et blogueur exilé en Californie Loïc Le Meur (avec sa femme Géraldine), est toujours l’hôte attentif, voire carrément envahissant, de cette manifestation –ce qui ne l’a pas empêché de se faire traiter d’hypocrite sur scène. Pendant deux jours, les présentations se sont succédées, rythmées par une mélodie entraînante digne des plus beaux meetings de l’UMP.
Le thème de cette édition était le web en temps réel : d’autres tendances ont été évoquées, comme la géolocalisation et le mobile. Les annonces importantes, notamment celles faites par Google ayant eu lieu avant LeWeb, il ne restait que des miettes à se mettre sous la dent. On en retient : Chirp une conférence de développeurs pour Twitter, Firehose disponible à tous au 1er Trimestre 2010, MySpace qui ouvre ses API, JoliCloud en téléchargement, le lancement de MyTweetSense et Wasabi beta pour Netvibes. Parmi les absents, l’on comptait entre autres Spotify et Apple, violemment attaqué par l’équipe de TechCrunch (« ils traitent leurs développeurs comme de la merde ») pour la frilosité de l’AppStore, « qui refuse les expérimentations. » La star de cette édition, Jack Dorsey, le jeune CEO de Twitter, y a fait une démonstration presque ratée de Square, son système de paiement, et a mollement démenti l’achat de Twitter par Google.
Invités récalcitrants
L’essentiel du networking pour geeks et web entrepreneurs se déroulait backstage, pendant que ronronnaient sur scène les grands de ce monde, comme Marissa Mayer, de Google. Celle-ci a poliment refusé tout commentaire sur le très attendu GooglePhone (alias Nexus One, aussi) mais s’est exprimée longuement sur GoogleNews et Rupert Murdoch : « il faut repenser le rapport qu’entretiennent les internautes avec l’information en ligne, après on pourra parler de modèles lucratifs et de pay walls. Il faudrait également élaborer un flux d’informations personnalisé. » Chad Hurley de YouTube lui a succédé sur scène, vantant les “un milliard de videos vues chaque jour sur YouTube et 24 heures de contenu uploadé chaque minute.” L’avenir de YouTube se trouve, selon lui, dans le mobile. “Nous devons travailler à améliorer l’upload sur mobile, qui fait partie de notre stratégie.” Parmi les quelques Français (Jonathan Benassaya de Deezer, Freddy Mini de Netvibes, Tariq Krim de JoliCloud), Patrice Lamothe a présenté Pearltrees, « une organisation humaine du web », en expliquant « Twitter est un système nerveux, nous sommes la mémoire. » La reine twitteuse Rania de Jordanie a inspiré les masses avec son projet caritatif, 1goal, et NKM, « ministre de la société digitale » y a brisé le protocole en s’exprimant en anglais.
Qu’y a t-on vu d’autre ? Des invités récalcitrants (Andrew Keen, Paul Carr), quelques personnalités singulières à la langue bien pendue, Chris Pirillo de Lockergnome ou l’auteur Gary Vaynerchuk, la brillante chercheuse américaine de Harvard, Danah Boyd, qui a disserté sur la visibilité sur internet et la chroniqueuse du S.F Chronicle, Violet Blue, à propos de l’Open Source Sex."La science-fiction a popularisé l’idée du sexe futuriste, que l’on retrouve aujourd’hui avec internet, le cybersexe, les petites-amies virtuelles, tout cela est bien plus réel que "cyber," a t-elle expliqué. Tony Hsieh, vendeur de chaussures en ligne (Zappos.com) et saint patron des entrepreneurs, y a exposé ses recettes du bonheur corporate.
