Les 12 travaux numériques et audiovisuels d’Ayrault 1er

Le 18 mai 2012, Politique

Les dossiers s’accumulent déjà sur les bureaux de Fleur Pellerin et Aurélie Filipetti. Après l’épisode Frédéric Mitterrand, qui a provoqué la gronde des ...

Premier gouvernement Hollande, la culture du numérique

Le 16 mai 2012, Politique

Fleur Pellerin au numérique, Aurélie Filipetti à la culture et la communication, François Hollande a souhaité que soient représentés dans son premier ...

Facebook : Mauvaise publicité avant l’introduction en bourse

Le 16 mai 2012, Web 1,2,3

General Motors, troisième annonceur américain, va stopper toute publicité payante sur Facebook au motif que celle-ci est "inefficace". Une alerte ...

Free Mobile, la "passation" des 3 millions d’abonnés en vue

Le 15 mai 2012, Web 1,2,3

Premier point d’étape, Free Mobile a recruté 2,6 millions d’abonnés. Xavier Niel propose un rapprochement avec le réseau d’Orange. Iliad entend doubler ...

Le torchon brûle entre Activision et Electronic Arts

Le 22 Décembre 2010 dans Gaming par François Bliss de la Boissière

Féroce mais silencieuse jusqu’à maintenant, la concurrence que se livrent Activision (Vivendi) et Electronic Arts tourne à la foire d’empoigne publique. Au cœur de la crispation et d’un procès à 400 millions de $, c’est un jeu vidéo de guerre. LOGIQUES…

Voilà plusieurs mois déjà que les éditeurs Activision et Electronic Arts s’envoient des petites phrases par médias interposés. Depuis l’éviction brutale des deux fondateurs du studio Infinity Ward, à l’origine de l’ultra lucrative série de jeux Call of Duty, en mars 2010 par son propriétaire légal Activision, les accusations et procédures judiciaires s’accumulent. Les deux hommes en question, Jason West et Vince Zampella ont commencé par attaquer Activision en justice en réclamant 36 millions de $ de royalties non payées. Selon eux, l’éditeur les aurait évincés pour éviter d’avoir à leur payer leur dû. Activision de son côté les accusait alors d’insubordination et leur reprochait des négligences comportementales susceptibles de freiner le développement du prochain chapitre de Call of Duty.

Qui fait quoi

Forces créatives à l’origine du simulateur hollywoodien de guerre, West et Zampella ont aussitôt trouvé refuge chez Electronic Arts et créé le nouveau studio Respawn Entertainment. Dans la foulée, quarante salariés d’Infinity Ward ont rejoint la nouvelle entité. Activision s’est alors efforcé de minimiser l’impact de ces départs et la capacité de production du studio, qui aurait encore soixante-dix salariés de talent, selon son PDG Bobby Kotick. Le vin n’est cependant pas bu et, si le dernier épisode de Call of Duty (Black Ops) se vend aussi bien que son prédécesseur, il est probable qu’Activision commence à sentir les effets de la dispersion des membres d’Infinity Ward. Les problèmes techniques inhabituels rencontrés par la version PlayStation 3 de Black Ops pourraient en être un premier indice.

Escalade

Aujourd’hui le ton monte toujours. Activision précise sa plainte en reprochant à Electronic Arts d’avoir courtisé les deux hommes dès juillet 2009, alors que ceux-ci étaient sous contrat pour encore deux ans. Selon la plainte détaillée par le site Gamasutra, Activision accuse nommément Electronic Arts et son PDG, John Riccitiello, d’avoir conspiré avec Jason West et Vince Zampella en organisant des réunions et en cherchant à monter un studio de développement constitué de salariés d’Activision. L’agence CAA (Creative Artists Agency), intermédiaire, est elle aussi accusée d’avoir entrepris des négociations "secrètes" en sachant pertinemment que West et Zampella étaient sous contrat avec Activision. Enfin, la plainte reproche aux deux hommes d’avoir trainé les pieds, d’avoir refusé notamment de travailler avec le studio Treyarch à "l’unification" de la marque Call of Duty et, plus grave sans doute, d’avoir accaparé les primes versées au lieu de les répartir avec les employés d’Infinity Ward. La liste des accusations révèle une concurrence frontale entre les studios internes Infinity Ward et Treyarch qui, jusque-là et officiellement, travaillaient main dans la main. On apprend ainsi que le fait que la masse des joueurs achète les jeux en faisant confiance à la marque sans se préoccuper de qui réalise le jeu ne convenait pas aux créateurs du jeu, contrariés qu’ Activision sous-traite leur marque à un studio soutier. En tout état de cause, passant du profil d’agresseur à celui de victime, Activision réclame désormais 400 millions de $ de dommages et intérêts.

Logiques de guerre

En deux ans et deux épisodes, la série Call of Duty au cœur des enjeux est devenue la championne des records au box-office des sorties. Premier à franchir les lignes de démarcation, le chapitre Modern Warfare 2 signé Infinity Ward fin 2009 a rapporté 1 milliard de $. Bien que conçu par le studio suppléant Treyarch déjà habitué à la manœuvre souterraine, le chapitre Black Ops sorti en novembre dernier a lui aussi explosé les records en engrangeant plus rapidement encore 1 milliard de $. De son côté, Electronic Arts, qui avait la primeur des jeux de guerre avec la série Medal of Honor il y a quelques années, a tenté en 2010 de reprendre la main en relançant sa série. Malgré une polémique sciemment orchestrée (la simulation guerrière se déroule en Afghanistan et oppose forces américaines et talibans), le nouveau Medal of Honor ne s’est écoulé qu’à 1 million d’exemplaires (chiffre d’octobre). D’ailleurs, selon les critiques le jeu n’a pas atteint la qualité de son concurrent. Malgré ce demi échec, Electronic Arts est bien décidé à poursuivre son offensive. Les déclarations bravaches et quasi provocatrices de son patron, John Riccitiello, se succèdent. "En 2011 nous avons toutes les chances de reprendre le leadership" des FPS (First Person Shooters). "Dans les prochaines années, nous battrons définitivement Activision et Call of Duty" a surenchéri le responsable européen d’EA Jens Uwe.

Duel au sommet

Au-delà d’énormes enjeux monétaires, la susceptibilité d’entreprise existe aussi, même si elle ne sera jamais admise comme un critère managérial. Des hommes dirigent encore les méga-corporations et, en l’occurrence, le conflit entre Activision et Electronic Arts reflète aussi le duel de leurs patrons respectifs, Bobby Kotick et John Riccitiello. Récemment, dans le rôle d’un parrain plein de conseils, Kotick dénonçait la gestion d’Electronic Arts qui vampiriserait ses studios au lieu de les respecter : "Personne de qualité ne veut travailler chez Electronic Arts", ose-t-il dire en se réjouissant que les talents se dirigent plutôt vers son entreprise. "Je ne vois pas comment deux gars qui ne jouent probablement pas aux jeux, comme les CEO de Vivendi et d’Activision, peuvent annoncer tout de go que Treyarch est leur studio leader, comme si cela pouvait simplement se déclarer" lance John Riccitiello, entre autres amabilités. La chanson ne s’arrête pas là. Les deux géants du jeu vidéo s’affrontent aussi sur le terrain du jeu musical avec les séries concurrentes Guitar Hero et Rock Band, toutes les deux en perte de vitesse.

Image de Une © Medal of Honor / Electronic arts

Partager cette information

0 Commentaire

Ajouter un commentaire


modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)