Le nouvel organigramme de France Télévisions : Bompard, Farrugia, Mougeotte (màj sur les salaires)
Alexandre Bompard serait nommé PDG et Dg de France Télévisions. Dominique Farrugia prendrait les programmes. Davis Pujadas, Hervé Béroud et Patrick Roger se disputent la direction de l’information. Le nom d’Etienne Mougeotte comme conseiller continue de circuler.
Nicolas Sarkozy, proposera bien cette semaine Alexandre Bompard, le directeur général d’Europe 1 à la présidence de France Télévisions. Cette information révélée par mediapart fait suite à une confidence faite par Alain Minc à la cité de la réussite déclarant que les "choses allaient bouger très vite dans l’audiovisuel public". Patrick de Carolis, l’actuel président de France Télévisions n’a pas pu obtenir du Président de la République, l’audience qu’il réclamait la semaine dernière. Patrice Duhamel, numéro deux du service public, a seulement eu confirmation de ces nominations hier auprès de Matignon.
En pratique, Alexandre Bompard devrait cumuler les fonctions de Patrick de Carolis et de Patrice Duhamel, celles de pdg et de directeur général en charge des antennes et du développement. Ce qui lui permet d’occuper un poste équivalent à celui de Nonce Paolini, patron omniprésent de TF1, mais aussi et surtout de percevoir un double salaire. Les discussions entre Alexandre Bompard et l’Elysée ont longtemps achoppé car le patron d’Europe 1 qui perçoit 550 000 euros par an ne voulait pas voir ses émoluments baisser de moitié, le salaire du pdg de France Télévisions s’établissant, en effet, à 250 000 euros par an. Pour obtenir la parité avec sa situation actuelle, Alexandre Bompard a donc obtenu de percevoir la rémunération du président à laquelle s’ajoute celle du dg, ce qui va lui permettre d’atteindre 450 000 euros par an.
Cette nomination, si elle reçoit l’aval du CSA et des commissions parlementaires, entraînera un changement de tout l’organigramme de France Télévisions. Dominique Farrugia, devrait prendre la direction des programmes des chaînes publiques auprès d’Alexandre Bompard. Ce producteur qui fait partie de l’histoire de la télévision pour avoir été présent à la création de "les Nuls" sur Canal+ a participé à la création de la chaîne "Comédie" avant d’être l’éphémère directeur général de la chaîne cryptée. Son arrivée doit permettre un rajeunissement de la grille des chaînes publiques et accentuer la migration vers les supports numériques. Dominique Farrugia consacre, en effet, une grande partie de son temps à créer des émissions destinées à la fois au Net mais aussi à la télévision.
Plusieurs noms circulent pour prendre la succession d’Arlette Chabot à la direction de l’information. David Pujadas, présentateur du 20 heures, a officiellement démenti cette rumeur auprès de ses dirigeants qui considèrent néanmoins qu’il reste en course. Hervé Béroud, directeur de la rédaction de RTL, a également été pressenti ainsi que Patrick Roger, l’ancien directeur de l’information de France Info, patron actuel de BFM TV. Le choix de Davis Pujadas permettrait une transition plus facile, mais Alexandre Bompard considère que Patrick Roger et surtout Hervé Béroud, dont il a eu tout le loisir, en tant que patron d’Europe 1 d’apprécier les compétences professionnelles, re-dynamiseraient une rédaction qui en aurait besoin.
Clause de non-concurrence
Enfin, il semble se confirmer qu’Etienne Mougeotte, directeur des rédactions du Figaro, se serait vu proposer le poste de conseiller auprès de la Présidence de France Télévisions à partir du 1er juillet prochain. Celui qui a veillé, concocté et mis au point les programmes de la Une pendant vingt ans possède le profil idéal pour faire de France 2 une télévision populaire tout en évoluant, comme Le Figaro le démontre quotidiennement dans l’orbite du pouvoir. Deux éléments contrarient cette arrivée : la signature par Etienne Mougeotte, il y a cinq ans, d’une clause de non-concurrence de dix ans avec TF1 et le départ du Figaro que la détention de ce poste implique. On ne peut effectivement veiller au destin des rédactions du Figaro tout en étant le numéro 2 effectif sinon officiel des chaînes publiques.
Cela étant, le destin de la presse papier, et celui du Figaro n’est pas promis à un avenir plus radieux que celui de France Télévisions. La chute de la publicité sur le Figaro Magazine et surtout Madame est préoccupante et les ventes du quotidien flirtent avec les 95 000 exemplaires en diffusion payée, hors gratuits. De là à en tirer les conséquences à temps, il n’y a qu’un pas, que seul un homme avisé peut franchir.
Mais il s’agit là d’un dossier qui arrivera plus tard. Pour l’heure, l’annonce de l’arrivée d’Alexandre Bompard à la tête de France Télévisions va avoir deux conséquences. Interdire à Patrice Duhamel de mettre au point la grille de rentrée et permettre à Stéphane Courbit d’ouvrir une négociation directe avec ce nouveau patron pour racheter avec Publicis la régie des chaînes publiques.
Certes, le conseil d’administration de France Télévision va mettre fin ce mardi aux négociations exclusives qu’il a engagées avec Stéphane Courbit et Publicis prétextant un conflit d’intérêt et les dernières péripéties ne font que renforcer la détermination de Patrick de Carolis à refermer définitivement ce dossier. Si tel est le cas, le conseil prendra une décision au moment même où ses dirigeants seront désavoués, ce qui en fragilisera naturellement la portée. Il en va de même pour la négociation de la convention collective avec les syndicats qui devait être bouclée le 7 juin prochain et qui se retrouve brutalement interrompue.
