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Le label Fargo veut réinventer le disquaire de proximité

Le 22 Janvier 2010 dans So_cult’ par Jean-Sébastien Zanchi

Ouvrir un magasin de disque en 2010 : telle est l’idée, inconcevable pour certains grands groupes de distribution, du label français Fargo. Inaugurée cette semaine à Paris, la boutique prend à contre-courant la stratégie de certains vendeurs historiques de disques.

3000 références dont 1000 en vinyle, merchandising, livres et expositions : voilà ce que propose la boutique du label indépendant Fargo. Une idée qui peut paraître suicidaire alors que le marché français du disque a baissé de moitié depuis 2002. C’est pourtant celle de ce label, indépendant bien connu depuis dix ans des amateurs de rock, folk et country. Il a notamment importé en France la musique de Ryan Adams et Andrew Bird ou découvert la plus locale Emily Loizeau.
Signe des temps du désengagement du marché du disque, l’emblématique Fnac Musique implantée à côté de l’Opéra Bastille vient de fermer ses portes. Un contexte qui ne fait pas peur à Michel Pampelune, créateur du label : « On tire des conclusions trop hâtives sur le marché du disque. Des niches existent, notamment pour des labels avec une réelle image de marque comme le nôtre  », nous explique-t-il. Au contraire, le fait d’être une petite boutique indépendante est même un atout pour lui : « le disque peut redevenir l’affaire d’artisans et des commerces de proximité. À la manière des cavistes de quartier qui créent une vraie relation grâce à leurs vendeurs, contrairement aux rayons des supermarchés  ».

Garanties

Pour s’implanter dans ce quartier du XIe arrondissement de Paris (au 42, rue de la Folie Méricourt), Fargo a bénéficié de l’aide de la Société d’économie mixte d’aménagement de l’est de Paris (SEMAEST). Contrôlé par la ville de Paris, cet organisme aide notamment à la réimplantation de commerces de proximité. Ainsi, les locaux occupés par cette première boutique de Fargo n’étaient auparavant pas du tout ceux d’un disquaire. Une manière de diversifier le tissu commercial du quartier.
Pour Fargo, le pari n’est pas risqué pour autant. En cas d’insuccès de la boutique, le label ne serait absolument pas en danger selon Michel Pampelune : « Nous avons prévu les garanties nécessaires. Le but de ce magasin est d’aider stratégiquement le label en créant et développant des revenus alternatifs. Ils pourraient ainsi prendre le relais les mois où nous ne sortons pas de nouvelle référence.  » Une complémentarité est également mise en place avec le Fargo Store, magasin en ligne du label : « Il sera possible de commander un disque en ligne et de venir le chercher au magasin plutôt que de se le faire livrer. À l’avenir nous développerons également le site en permettant par exemple aux acheteurs d’un vinyle de télécharger gratuitement la version numérique de l’album pour leur iPod. Enfin, des éditions limitées exclusives aux boutiques numériques et physiques seront commercialisées. »

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8 Commentaires

  1. Benjamin F le 22 janvier 2010

    Chouette article. On est content de retrouver la plume du Zanchi :)



  2. Xavier S. le 22 janvier 2010

    Bravo Fargo, on a besoin de proximité et de support physique. on a aussi besoin de partager et de discuter avec un disquaire passionné.J’en profite pour faire la promotion de Ground Zéro, magasin indé rue sainte Marthe dans le 1Oème - ils ont la même philosophie que Fargo, promouvoir la caractère artisanal de leur profession. Longue vie à ce nouveau shop



  3. Olivier le 22 janvier 2010

    Il y aura toujours un marché pour avoir le conseil, des recommandations de qualité et la découverte de nouveaux talents.

    Dans un autre domaine, je vais toujours chez mon libraire BD pour faire mes achats, car je sais qu’il est de bon conseil et me fait découvrir des choses que j’aurai pas trouvées par moi-même. C’est un grand plaisir que d’y aller chaque mois sans savoir ce que je vais prendre, discuter 20mn avec le vendeur, et repartir avec 5 ou 6 BDs qu’on ma conseillé et auxquelles j’avais pas pensé et qui sont effectivement bien. Je ne trouve pas ça à la Fnac ni sur Internet.

    J’imagine que la même chose est vrai pour la musique, c’est une bonne initiative donc.



  4. Jean-Sébastien Zanchi le 22 janvier 2010

    A propos de Ground Zero, Michel Pampelune m’a dit très bien les connaître et se sentir proche de leur démarche effectivement. Un partenariat n’est pas à exclure dans un avenir plus lointain. On peut également citer la boutique Souffle Continu à Paris qui est sur le même credo.



  5. paul le 22 janvier 2010

    C’est une bien bonne nouvelle et surtout une bien bonne initiative ! Être disquaire, c’est tout un métier. Qui va tenir le magasin Fargo ? Les bureaux du label y sont-ils également ? Le stock vient-il d’une collection perso ?Si personne ne peut répondre, ce n’est pas grave, nous poserons directement les questions au disquaire car nous allons devoir ajouter ce magasin dans la tournée annuelle que nous organisons pour les étudiants de l’IMM. En général, ils finissent la journée regonflés en se disant « c’est quand même sympa le disque ». Petite recommandation dans ce même quartier : LE SILENCE DE LA RUE (39, rue Faidherbe, Paris 75011). Il vient de souffler sa 20ème bougie.



  6. Jean-Sébastien Zanchi le 22 janvier 2010

    Les bureaux du label n’y sont pas. Quant au stock, ce n’est pas une collection perso, mais bel et bien les références du label ainsi que celles d’autres labels "amis". Comme sur le Fargo Store en ligne. Merci pour la recommandation !



  7. hcTad1 le 26 janvier 2010

    L’avenir appartient aux petits (e-)commerçants.



  8. Amelie Lasnier le 27 janvier 2010

    Bonjour.

    Je vis sur la commune d’Ambazac dans le 87 et j’aurais souhaité ouvrir une boutique labellisée dans ma commune . j’aurais voulu savoir quelles sont les conditions requises.Cordialement.



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