Le iTunes de l’info débarque
Cinq éditeurs de presse, News Corp, Hearst, Conde Nast, Time Inc et Meredith s’allient pour former une compagnie qui délivrera le contenu de leurs journaux et magazines en format digital. Un kiosque en ligne qui ressemble fortement à un iTunes pour l’information.
Chacun veut sa part du gâteau dans la bataille de l’information et se débat pour garder le contrôle d’un marché -des lecteurs dispersés- qui leur file entre les doigts. Les éditeurs de presse américains, convaincus que l’union fait la force face à la dissémination de l’information, finalisent ces jours-ci un nouveau consortium indépendant de sociétés de presse pour la vente digitale de leurs titres. Cela afin de ne pas rater le coche à la prochaine génération de e-readers, mais aussi de contre-attaquer face aux e-readers déjà présents sur le marché.
La rumeur se précisait depuis quelque temps, et devrait être annoncée officiellement en début de semaine, avec des détails qui restent à déterminer. On ignore encore le nom de cette « joint venture » et la technologie envisagée. La plateforme mise en place pourrait d’ailleurs précéder le support idéal pour lire la presse et se contenter, au début, de délivrer du contenu pour mobiles, e-readers et web payant. Time Inc a fait la démonstration cette semaine d’une version digitale de Sports Illustrated pour une hypothétique tablette Apple, une technologie n’existe pas encore pour l’instant…
Le péril Kindle
Ce kiosque en ligne devrait proposer des éditions digitales, compatibles avec tous les supports, des titres du groupe comme Cosmopolitan, Time, Vogue, Vanity Fair ou le Wall Street Journal, dans une boutique en ligne qui permette d’acheter à l’exemplaires ou à l’abonnement, mais aussi des éditions papier. La nouvelle équipe par intérim, dirigée pour l’instant par John Squires, vice-président de Time Inc, travaille à une application commune de lecture, une plateforme de publication “robuste”, un kiosque digital et une série d’opportunités “immersives” pour la publicité, selon le Financial Times.
Les éditeurs de presse réagissent aussi face au péril que constituent pour eux les e-readers, Kindle et autres Sony Reader, qui se sont appropriés le contrôle des lecteurs de presse sur ces supports. Il s’agit pour le consortium de récupérer cette audience, en effet le Kindle d’Amazon conserve aujourd’hui 70% des bénéfices sur la vente de journaux et de magazines ainsi que les informations concernant les clients. Un sacré manque à gagner.
La nouvelle de ce kiosque digital a été accueillie avec scepticisme, l’on se rappelle que la musique avait tenté l’expérience avec Musicnet et Pressplay il y a quelques années, sans succès. Les éditeurs sont souvent de piètres commerçants du net.
