Les 12 travaux numériques et audiovisuels d’Ayrault 1er

Le 18 mai 2012, Politique

Les dossiers s’accumulent déjà sur les bureaux de Fleur Pellerin et Aurélie Filipetti. Après l’épisode Frédéric Mitterrand, qui a provoqué la gronde des ...

Premier gouvernement Hollande, la culture du numérique

Le 16 mai 2012, Politique

Fleur Pellerin au numérique, Aurélie Filipetti à la culture et la communication, François Hollande a souhaité que soient représentés dans son premier ...

Facebook : Mauvaise publicité avant l’introduction en bourse

Le 16 mai 2012, Web 1,2,3

General Motors, troisième annonceur américain, va stopper toute publicité payante sur Facebook au motif que celle-ci est "inefficace". Une alerte ...

Free Mobile, la "passation" des 3 millions d’abonnés en vue

Le 15 mai 2012, Web 1,2,3

Premier point d’étape, Free Mobile a recruté 2,6 millions d’abonnés. Xavier Niel propose un rapprochement avec le réseau d’Orange. Iliad entend doubler ...

Le Web, ce porte-avion américain sur lequel Nicolas Sarkozy aime s’afficher

Le 07 Décembre 2011 dans Politique par Emmanuel Torregano

Nicolas Sarkozy est un atlantiste, adepte de l’attentisme économique. En 5 ans à la tête de l’Etat, son action dans le numérique ou les médias a oscillé entre l’approximatif et le rien du tout. Mieux, ou pire selon les points de vue, il fut aussi la cause de bien des tourments et des désillusions pour ceux qui pensaient être ses amis.

L’histoire de ce quinquennat débute avec la surprise du chef. Venu de nulle part, un projet de loi est inscrit en 2008 sur les tablettes de l’Assemblée nationale qui prévoit la suppression de la publicité sur les antennes de France Télévisions. L’idée en soi n’avait rien d’incroyable ou de totalement inepte, elle était d’ailleurs aussi partagée par la gauche - qui murmura un reproche pour la forme. Elle pris cependant tout le monde par surprise, car personne ne l’avait anticipée.
Une fois le premier effet passé, les analystes du secteur ont considéré que cette suppression allait forcément bénéficier aux autres chaînes, et notamment TF1 et M6, les rivaux. Le groupe TF1 pouvait se frotter les mains. Le cadeau était trop beau ! Et les mauvaises langues d’affirmer que le groupe Bouygues était à l’origine de cette loi. Peut-être bien, mais en fait, ce fut la douche froide ; la publicité sur France Télévisions ne fut pas totalement éradiquée, et le report des budgets vers la première chaîne imperceptible. La Une imaginant se refaire en augmentant sa surface sur la télévision numérique terrestre. Le rachat de TMC et NT1 allait dans ce sens, puis le groupe Bouygues comptait sur l’attribution d’un canal bonus. Pas de chance, l’Europe en a décidé autrement, et l’Elysée n’a pas été d’un grand secours. Depuis, TF1 traine sa peine de trimestriel en trimestriel...

Emir du Qatar

Dernièrement, la complicité supposée entre les grands groupes de l’audiovisuel et l’hôte de l’Elysée fut l’objet d’un autre coup de canif. L’arrivée du Qatar dans le jeu des droits audiovisuels pour la diffusion des matches de football est une véritable bombe. A coup de millions d’euros, et peu soucieux de la dépense, l’émirat avance ses pions en terre de France pour installer sa chaîne future : Al Jazeera Sport. Ce fut tout d’abord le PSG qui passa sous la houlette qatarie, puis une partie des matches de ligue 1, et maintenant, la Ligue des champions.
Al Jazeera n’a pas hésité à miser 61 millions d’euros, lorsque Canal Plus ne se voyait pas proposer plus de 35... Et TF1 ? La chaîne avait l’habitude de négocier une rétrocession de certaines rencontres avec Canal+. Cette fois, la facture sera certainement plus salée. Et qui avait fait signe à l’émir du Qatar ? Nicolas Sarkozy, bien évidemment, qui fit encore preuve d’une spontanéité malheureuse dans cette affaire, dont l’unique gagnant sera l’UEFA et un peu la LFP (ligue de football professionnel). Et les grands perdants : TF1 et certainement Canal+.
La liste des chausses trappes présidentielles se poursuit avec l’affaire du grand emprunt. Un peu plus de 4 milliards d’euros étaient destinés au numérique, dont une grande partie pour les fondations du réseau fibré qui doit rehausser la France au niveau des grandes nations asiatiques ou scandinaves. Le premier euro de cette cagnotte est toujours attendu... Et pour les autres dépenses, il n’en est plus question que dans les discours en forme de promesse.

Modèle gagnant-gagnant

Passons aussi sur les atermoiements actuels sur le dossier Hadopi. Epineux, "sparadresque", la haute autorité est aussi bien le punching ball préféré des élans démagogiques du locataire de l’Elysée, qui ne manque jamais une occasion de jouer sur le mea culpa devant les acteurs du Net, comme d’énoncer l’exact inverse face aux ayants droit et la culture réunis. Avec l’avantage pour celui qui a parlé en dernier au président, d’accrocher une déclaration en sa faveur. Alors qu’il est plus qu’évident que cette haute autorité, dont on peut critiquer l’axiome de base - qui voudrait d’une société qui considère acceptable un argument marketing justifié à coup d’amendes ? -, a depuis su proposer un modèle gagnant-gagnant auprès des industriels comme des internautes. Et cela sans effusion de sang, ni décision péremptoire ou judiciaire. Etrangement, ce bilan de l’Hadopi semble en fait bien plus partagé par la gauche qu’à droite - voir l’interview de Fleur Pellerin, responsable du numérique pour François Hollande.
Quel instinct guide alors l’action du président en matière de numérique ? Si l’on en croit les dernières déclarations, Nicolas Sarkozy se révèle en la matière ce qu’il a déjà montré sur la scène politique : un atlantiste convaincu. Un "gosse" affublé d’un T-Shirt "NYPD" impressionné par la réussite du grand frère américain, et dont les complexes sont criants dès qu’il s’agit d’avoir une action à l’encontre de son modèle. Alors, il est bien sûr respectueux d’avoir un tantinet d’admiration pour la réussite des héros économiques d’outre atlantique... Mais, est-il bien raisonnable de voir le bras de l’Etat hésiter, puis se raviser, lorsque le bien public est en jeu ? Nicolas Sarkozy mesure t-il vraiment les conséquences de ses mollesses dès qu’il s’agit de Google, Apple, ou Facebook ?

Cauchemars

Que d’occasions manquées... La taxe Google atomisée, le chantier de la TVA culturelle repoussé jusqu’au dernier moment avec le centre national de la musique, les investissements manquants pour relancer la concurrence nationale, ou encore le cafouillage sur le statut de jeune entreprise innovante, etc. Paradoxalement, Nicolas Sarkozy fut par son inaction ou son désintérêt de la chose numérique, l’un des facteurs les plus influents de la stagnation de la France en matière numérique. Il fallut que d’autres prennent le relai pour éviter la catastrophe, on pense aux quelques milliardaires du Net, comme Xavier Niel (actionnaire d’ElectronLibre, ndlr) et Marc Simoncini, pour les plus actifs.
L’inflexion Atlantiste de Nicolas Sarkozy pourrait aussi avoir d’autres conséquences plus dommageables encore. Car, il ne faut pas se leurrer sur les intentions des grands acteurs du numérique made in USA. Il y a 60 ans, Coca-Cola et Hollywood étaient les fers de lance de l’impérialisme culturel de l’oncle Sam. A l’orée des années 80, les chaînes d’information ramassèrent le flambeau, et CNN en tête, dont la bonne parole se répandit sur tous les continents. Aujourd’hui, aidée du puissant porte-avion britannique, l’Amérique bâtit sa domination et demain sa main mise grâce au numérique et l’Internet, dont la supposée neutralité n’est qu’un handicap de plus pour l’Europe.
Pour celui qui a l’oeil et la connaissance de l’histoire, la visite de Nicolas Sarkozy dans les nouveaux locaux de Google hier, ou encore la réception prévue à l’Elysée pour le lancement de LeWeb - une manifestation propre à filer des complexes à n’importe quel startupeur français, qui a été montée de toutes pièces par un personnage qui a été une figure de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy, maintenant exilé aux Etats-Unis (sic) - en compagnie des Net-entrepreneurs, a de quoi provoquer quelques cauchemars sur l’air du Yankee Doodley.

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