Le SNEP dresse le bilan complet de l’année 2009
Comme chaque année à la même époque, le SNEP (Syndicat national des producteurs phonographiques) publie son guide de "L’économie de la production musicale", qui dresse un bilan détaillé de l’année écoulée, avec de nombreux indicateurs à la clé et, pour la première fois, des statistiques détaillées sur la consommation de musique digitale.
Avec un marché de la musique en baisse de seulement 3,2 % sur un an, l’année 2009 fut loin d’être aussi catastrophique que les années précédentes pour les producteurs phonographiques français membres du SNEP. Dans l’édition 2010 de son guide sur "L’économie de la production musicale", le syndicat de producteurs se félicite du net ralentissement de la baisse du marché physique en 2009. Un phénomène qui touche les principaux marchés européens, comme la Grande Bretagne (- 6,1 % sur le physique, contre - 3,4 % pour la France) ou l’Allemagne (- 5,2 %)
Le panorama que dresse le SNEP de huit années de crise du disque pour les quatre principales majors est vertigineux. Elles n’ont plus sorti que 973 albums en 2009, contre 2535 en 2002, soit une baisse de 62 %. Quant au nombre de singles commercialisés, il a été divisé par 6, pour passer de 784 en 2002, presque deux par jour, à 125 en 2009, à peine plus d’un tous les trois jours. Dans l’intervalle, le nombre de nouvelles signatures d’artistes a nettement diminué, pour passer de 171 en 2002 à 70 en 2009. Et depuis deux ans, le solde avec le nombre de contrats rendus (75 en 2002, 70 en 2009) est clairement négatif.
Redistribution des cartes
Le numérique, en baisse de 1,9 % en 2009, en raison d’une restructuration du marché français liée à la baisse des ventes de sonneries pour mobiles, s’est taillé une part de marché de 12,9 % l’an dernier, très en deçà de celle qu’il représente au niveau mondial (27 %). Le document du SNEP met en évidence quelques spécificités du marché numérique français. Le streaming et l’abonnement y représentent 24 % de parts de marché, contre 10 % en Grande-Bretagne, 7 % en Allemagne et 5 % aux États-Unis. Autre spécificité, qu’on ne retrouve qu’en Allemagne : la part du téléchargement d’albums dans les revenus du numérique (21 %) est supérieure à celle du téléchargement de titres à l’unité (19 %), qui représente 44 % du marché numérique aux États-Unis et en Grande Bretagne.
L’édition 2010 de "L’économie de la production musicale" recèle de nombreux autres indicateurs nationaux et internationaux sur les marchés physiques et numériques, sur le déclin de la musique à la radio et à la télévision, sur la redistribution des cartes dans la distribution physique en France, etc. Il s’attarde aussi sur les principaux chevaux de bataille du SNEP en 2010, dont l’application de la loi Hadopi et le lancement de la Carte jeune. Son évaluation des coûts du piratage en Europe reprend strito sensu les conclusions d’une étude de Tera Consultants qui fut pour le moins controversé.
Pour la première fois, cependant, le SNEP s’intéresse aux usages et consacre un chapitre entier à "La consommation de musique digitale" qui agrège les résultats de plusieurs études et dresse une photographie des canaux privilégiés par les internautes français et européens pour accéder à la musique sur Internet. Où l’on apprend, par exemple, qu’un tiers des visiteurs d’iTunes va sur Deezer, 25 % sur DailyMotion et 22 % sur eMule.
Télécharger le document complet : "L’économie de la production musicale", Edition 2010, SNEP.

