Le Point quitterait Presstalis
Le départ du magazine représenterait un coup dur pour Presstalis qui va devoir proposer des offres commerciales très attractives si elle veut conserver les autres titres. La rentabilité économique de l’entreprise est donc en jeu.
Après une longue réflexion, le magazine détenu par François Pinault est sur le point de quitter Presstalis. Après Marianne, Le Point serait donc le deuxième magazine qui partirait. Plusieurs facteurs ont joué pour ce départ : les conditions que les Messageries Lyonnaises de Presse lui auraient proposé sont nettement plus avantageuses que celles des ex NMPP et l’incertitude qui pèse sur l’avenir de ce groupe n’a pas été de nature à rassurer les patrons du Point.
Certes Cyrille Duval, président du Point, rencontrera Anne-Marie Couderc la semaine prochaine pour l’informer officiellement de son désir de partir mais cette rencontre sera de pure forme, sauf si la directrice générale de Presstalis formule une contreproposition. Aligner son offre sur les MLP la contraindrait à l’étendre à tous ses partenaires de la presse magazine et, par là même, à baisser ses tarifs d’au moins 5%. Le déficit de Presstalis en serait singulièrement accru.
A trois mois de l’échéance
A trois mois du départ de Lagardère comme actionnaire et comme opérateur, alors que l’entreprise n’a pas encore obtenu le moindre euro de recapitalisation, le départ du Point constitue un coup très dur porté à l’encontre de Presstalis.
Les magazines concurrents du Point, et toute la presse en général, regarderont la qualité du service rendu par les MLP et, si celui-ci est satisfaisant, ils pourraient être nombreux à sauter le pas. Jusqu’à présent, la plupart des titres qui avaient reçu des offres de Presstalis les trouvaient très attractives mais ils n’avaient pas été plus loin car ils se demandaient s’ils allaient être bien servis.
Lorsque l’on connaît les exigences de l’équipe dirigeante du Point, cette question sera bientôt résolue.
Cette nouvelle va conduire Presstalis à ouvrir une réflexion encore plus large sur son avenir. Si cette entreprise de distribution veut survivre, elle devra repenser intégralement son modèle pour offrir des propositions commerciales véritablement concurrentielles. Ce qui implique peut-être la séparation définitive entre la distribution des quotidiens et celle des magazines.
L’an dernier, en réduisant le nombre des salariés au siège social, Presstalis a effectivement réalisé, et Anne-Marie Couderc peut le revendiquer, des économies, mais celles-ci ont été absorbées par la baisse du chiffre d’affaires de l’entreprise.
En 2010, le transfert des titres au MLP qui s’est accompagné de la baisse des ventes des journaux a pesé sur les comptes de Presstalis. Tout indique qu’il en sera de même cette année.
