Le CNC recommande de faire passer la VOD à 4 mois
Dans un document confidentiel distribué aux seuls professionnels du cinéma, le centre national de la cinématographie (CNC), propose d’abaisser la première fenêtre d’exploitation de la vidéo à la demande (VOD ou VàD) à quatre mois après la sortie en salle - ce délai serait le même pour les DVD.
Puisque la mode est au raccourcissement, le CNC suggère donc de revoir le délai imparti avant diffusion d’un film pour les chaînes cryptées comme Canal+. Il pourrait être ramené à 9 ou 10 mois au lieu des 12 actuels, et 6 pour les services de paiement à la séance. De même, et par un effet de domino, la première exploitation d’un film sur une chaîne gratuite qui est de 24 mois, serait avancée de 2 à 3 mois également. D’autant que, comme l’indique le CNC, "cette attractivité pourrait être accrue s’il était convenu d’un raccourcissement de la durée de la fenêtre de télévision payante, par exemple de 2 mois".
Ce n’est pas tout. Le CNC a également fait des propositions sur la catch-up TV, la fameuse télévision de rattrapage. Il recommande de limiter la fenêtre de catch-up à sept jours seulement, pour "l’arrimer à la diffusion télévisuelle, dont il doit constituer un droit d’exploitation secondaire et valorisé". La révision de la chronologie des médias se poursuit avec la VOD gratuite, celle qui serait financée par la publicité par exemple. Sur ce point le CNC est on ne peut plus clair : "La vidéo à la demande gratuite pour le consommateur ne devrait pouvoir intervenir qu’à l’issue de l’expiration des droits de première diffusion par une chaîne gratuite". Tandis que la VOD par abonnement commencerait en même temps que la diffusion sur une chaîne payante.
le temps presse
L’un des points les plus disputés entre exploitants, producteurs mais surtout les diffuseurs concerne non pas l’ouverture des fenêtres d’exploitation mais leur fermeture. Le CNC préconise donc une mesure radicale avec la fermeture définitive de la fenêtre plutôt qu’une succession d’ouvertures et de fermetures jugée "peu lisibles pour le consommateur". Si le législateur suit ce raisonnement le consommateur ne pourra profiter d’un film sur les services de VOD que pendant un maximum de deux mois. Enfin, pour ne pas trop froisser les exploitants, ceux qui diffusent les films dans les salles de cinéma, le CNC indique qu’il serait judicieux de "prohiber la promotion des films sur les services de VàD plus d’une semaine avant l’ouverture de la fenêtre correspondante". Même prudence vis à vis des éditeurs de chaînes payantes, puisque le CNC demande à ce que "les campagnes promotionnelles sur les sites de VàD pendant 4 à 8 semaines avant l’ouverture de la fenêtre de télévision payante" soient interdites.
Pour arriver à dresser cette liste de recommandations, le CNC a demandé à tous les professionnels du septième art et de la télévision le 31 octobre dernier de répondre à un questionnaire, dont il livre aujourd’hui la synthèse. Le ministère de la Culture et de la Communication a évidemment reçu ces conclusions. Celles-ci pourront encore être modifiées avant que la rue de Valois ne s’en serve afin de proposer une base législative lors des prochaines discussions avec les représentants du cinéma. Une refonte complète de la chronologie des médias, avec à la clef un resserrement des fenêtres de diffusion, apparaît aujourd’hui comme une compensation alors que le gouvernement s’apprête à défendre la riposte graduée devant les parlementaires.
Le temps presse puisque, depuis plus d’un an, le cinéma n’a plus de textes de référence pour définir la chronologie de médias sur la VOD. Le réalisation Luc Besson a dernièrement proposé de mettre la VOD en simultanée avec la sortie salle, pour contrer la diffusion pirate d’un film sur le P2P. Une proposition qui paraît peu crédible.
