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La video se vend mal, tandis que le P2P baisse

L’Alpa et GFK sortent deux études qui valident la baisse simultanée des usages du P2P et des ventes de vidéo en France. Une pierre de plus dans le jardin des ayant droit qui veulent renforcer l’arsenal juridique.


Les représentants du cinéma et de la vidéo réunis depuis hier pour les "Rencontres cinématographiques de Dijon", vont devoir chercher un autre coupable idéal. Le baromètre sur les usages du P2P réalisé par l’Alpa (Agence de lutte contre la piraterie audiovisuelle) sur le mois de septembre de cette année, qui devrait être publié prochainement, montre clairement une baisse sur la France. Alors que d’un autre côté, le rapport trimestriel de l’institut GFK sur les ventes de vidéo, essentiellement sur support DVD, indique un tassement des ventes, qui reculent de 8,5% (850,8 millions d’euros) en valeur d’une année sur l’autre et de 8% en volume. Difficile dans ces conditions d’accuser seulement le P2P d’être responsable de la morosité du marché.
Au mois de septembre, l’Alpa, qui mesure les échangent de fichiers sur quatre des plus populaires réseaux P2P (eDonkey, OverNet, Bittorrent et Gnutella) a recensé 343 000 téléchargements par jour, contre 470 000 en juin. Une baisse de l’activité du P2P en France qu’il est judicieux de comparer avec le sondage réalisé par BVA dernièrement et qui pointait également un tassement du pourcentage de P2Pistes en france (voir P2P des usages en pleine migration).


12% pour moins de 50 000 entrées

Sans surprise, les films américains continuent de tenir le haut du pavé de l’illicite avec Wall-E, des studios Disney, qui a réalisé un beau score en salle, et a été téléchargé 15 238 fois au mois de septembre. Kung-Fu Panda est second avec 12 002 téléchargements, tandis que Hancok (10 154) monte sur la troisième marche du podium du P2P. Les productions françaises sont en retrait comme d’habitude : "Bienvenu chez les Ch’tis" conserve sa place de leader avec 4714 téléchargements, devant Funny Games version américaine (4479) et Taken et ses 3655 téléchargements. A noter que Persepolis, qui était un surprenant dauphin du film de Dany Boon avant l’été, rétrograde en huitième position avec un peu plus de 1000 téléchargements. La proportion des productions américaines atteint le chiffre impressionnant de 77% de l’ensemble des téléchargements sur les réseaux P2P en France, les productions françaises obtennant une "part de marché" de 15% sur la même échelle de mesure.
Autre paramètre intéressant livré par cette étude : les films qui ont réalisé plus d’un million d’entrées ne représentent que 31% des téléchargements alors que ceux qui ont fait moins de 50 000 entrées comptent pour 12% ! L’étude de l’Alpa valide donc sur le cinéma et la vidéo le théorème de la long traîne. Et bouscule les interprétations faciles sur la nuisance du P2P sur les entrées salles.
En plein débat sur la riposte graduée, ou encore au milieu des agitations européennes sur l’opportunité d’un verrouillage juridique du réseau, ces deux études, si leurs résultats venaient à se confirmer à l’avenir, pourraient bien détoner dans le paysage des industries de la culture.

5 Commentaires. Ajoutez le votre +

vodman 11 octobre 2008

Emmanuel, pas d’amalgame. D’abord les mesures de l’ALPA ne sont pas exhaustives et ne prennent pas en compte l’envol des sites de streaming qui proposent désormais les films immédiatement après leur sortie en salles. Donc la baisse des entrées salles, la chute des ventes de DVD et le décollage lent de la VOD sont en partie, oui en partie, dus à une offre illégale galopante,en particulier en France. La piraterie des contenus audiovisuels est un fléau à combattre absolument. Alors inutile de chercher dans des mesures empiriques des explications scientifiques : pirater c’est voler.
P

Emmanuel Torregano 12 octobre 2008

C’est exact, bien que l’on manque de chiffres pour en être certain. C’est aussi pour ne pas oublier ces changements de comportements des internautes que je cite l’excellent papier de mon confrère Philippe Astor.

nouchema • http://nouchema.blog.lemonde.fr/2008/10/03/nos-pirates-des-temps-modernes-nous-menent-vers-un-monde-100-pub/13 octobre 2008

Et si c’était le système de la VOD qui était à revoir ?
le principe du "tout gratuit" mis en valeur par le téléchargement dit "illégal" conduit à repenser les offres légales d’aujourd’hui.
Pourquoi ne pas plutôt penser à un système de gratuité en VOD, avec pour financement de la publicité, AVANT (voire une coupure au milieu du film ?), lequel permettrait de réduire le prix de vente de la VOD ?
Ainsi, la VOD gratuite serait à arme égale avec l’offre gratuite disponible sur le net via le P2P.



voila ma note détaillant cette idée :

 14 octobre 2008

Bonjour,



je ne vois pas la note détaillant cette idée ?!

nouchema 15 octobre 2008

elle était à coté de mon PSEUDO
mais bon, pas très lisible c’est clair
la voila :



>http://nouchema.blog.lemonde.fr/2008/10/03/nos-pirates-des-temps-modernes-nous-menent-vers-un-monde-100-pub/>

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Le groupe socialiste devrait s’opposer à "Création et Internet"  –  19.12.2008

C’est en janvier que le parti socialiste va décider quelle position il adopte sur le projet de loi "Création et Internet". Lors de la discussion au Sénat, les socialistes emmenés par Catherine Tasca avaient voté le projet de loi de concert avec la majorité. Cette fois, l’opposition pourrait enfin jouer son rôle lors de la lecture au parlement qui devrait intervenir en mars prochain, au mieux. Selon le député Patrick Bloche, en charge de la culture, de l’audiovisuel et des nouvelles technologies au sein du groupe socialiste de l’Assemblée nationale, "une majorité de socialistes est contre ce projet de loi".

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Le fameux amendement 138, déposé par le député Guy Bono pour faire entrave à la loi "Internet et Création", a été retiré du Paquet Télécom à l’unanimité du conseil des ministres de l’Europe dans sa formation "télécom". L’ensemble des textes de loi composant le Paquet Télécom a été adopté à partir du compromis proposé par la France, représentée par Luc Chatel et Eric Besson. Et cela, malgré les efforts de la commissaire Viviane Redding de faire obstacle à la demande française.

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BitTorrent, départ du Pdg et incertitudes  –  12.11.2008

Ashwin Navin, le président et co-fondateur de BitTorrent, quitte la société. Basée à San Francisco, la start-up n’a pas réussi à transformer son audience, essentiellement composée d’utilisateurs de son application client d’échange de fichiers gratuit, pour aller vers un modèle payant. BitTorrent a lancé un service de video à la demande payant, qui n’a pas eu le succès escompté. 20% du personnel a également été contraint de quitter la société, soit 18 personnes. BitTorrent a levé pour un total de 46 millions de dollars, dont 17 millions avant l’été, et ne devrait pas mettre la clef sous la porte.

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jaimelesinternautes répond à jaimelesartistes  –  4.11.2008

La réponse à la communication orchestrée par le ministère de la Culture et de la Communication sur la loi "Internet et Création", via le site jaimelesartistes, ne pouvait venir que du Web. Le site Numerama vient de lancer jaimelesinternautes expliquant qu’"Il ne s’agit pas de défendre le piratage. Il s’agit de défendre les principes républicains les plus importants d’un Etat de droit. Aucun Etat quelqu’il soit ne devrait mettre en place une machine à condamner massivement ses citoyens (1000 internautes par jour !) sans apporter de preuve solide du délit supposé, et sans donner à l’accusé la possibilité de se défendre avant l’application de la sanction. Ni le piratage ni aucun délit ne justifie de contourner l’ordre judiciaire et les règles fondamentales des droits de la défense".

La CNIL critique Hadopi, comme prévu ...

La CNIL critique Hadopi, comme prévu ...  –  3.11.2008

Dans un rapport confitendiel, opportunément diffusé sur le site de La Tribune, la Commission nationale Informatique et Libertés (CNIL) apporte sa contribution critique au texte de loi "Création et Internet". La CNIL pointe ainsi le manque de précisions apporté par la loi, et estime que "les critères et les modalités selon lesquels l’HADOPI sera amenée à proposer une transaction (à l’abonné, pour éviter une suspension de l’accès au Net) devraient être précisés dans le décret en Conseil d’Etat". Toutefois, la CNIL note ainsi qu’une coupure de l’accès à Internet, pour un internaute fautif d’échanger des fichiers sans en détenir les droits, "adoptée par l’HADOPI ne saurait aboutir à suspendre les services de téléphonie et de télévision dont l’abonné bénéficie dans le cadre du contrat qu’il a conclu avec son FAI". Concernant les droits de la défense, autrement dit les possibilités de l’internaute de s’opposer à la décision de l’Hadopi, la CNIL se fait plus mordante, soulignant que "une telle disposition comporte un risque d’atteinte aux libertés individuelles, au rang desquelles figure la liberté d’expression, dans la mesure où elle donnerait la possibilité à l’HADOPI de demander à un intermédiaire technique de procéder au filtrage de contenus considérés comme portant atteinte aux droits d’auteur". Rappelons que l’avis de la CNIL est purement consultatif, et n’a aucune valeur contraignante pour le ministère de la Culture et de la Communication.

Le ministère communique sur Hadopi via le Web

Le ministère communique sur Hadopi via le Web  –  31.10.2008

La dernière tentative du genre s’était soldée par un fiasco. Il faut croire que cette fois, le ministère de la Culture et de la Communication de Christine Albanel a appris en partie sa leçon. Après un vote éclair de la loi "Internet et Création" au Sénat, la rue de Valois vient d’ouvir un site internet d’information sur les enjeux du texte. Jaimelesartistes.fr n’est pas sans rappeler lestelechargements.com, une initiative du même ministère mais lors du vote de la loi Dadvsi entre 2005 et 2006. Cette fois plus de place pour la discussion, point de forums ou d’emplacements pour les commentaires, comme l’avait voulu le ministre Renaud Donnedieu de Vabres, en son temps. Le message est univoque. Et il s’agit de "sensibiliser les 12- 25 ans à l’appauvrissement de l’offre de musique, de films, de programmes audiovisuels et de jeux vidéo en France", comme l’indique le ministère, "en raison du piratage des œuvres et du désastre économique qu’il entraîne dans chaque filière professionnelle". Mise à jour : comme le fait remarquer le site Macbidouille, aussi incroyable que cela puisse paraître le site ne mentionne pas iTunes dans les offres légales de musique ! Certainement une erreur ou un oubli... Mise à jour 2 : L’omission d’iTunes sera réparée dans l’après-midi. Il s’agit réellement d’une omission assure le ministère qui nous indique aussi que ce site n’a été créé que par la rue de Valois sans autres partenaires. L’opération de communication a fait l’objet d’un appel d’offre et a coûté 70 000 euros. Elle s’étale sur 2 mois et comprend outre le site web - conçu par l’agence "L’inconscient collectif" - la rédaction des contenus, des flyers, T-Shirts, la création de vidéos d’artistes et de professionnels de la musique, et la diffusion de bannières.

Riposte graduée : le Sénat maintient la coupure

Riposte graduée : le Sénat maintient la coupure  –  30.10.2008

L’amendement défendu par le sénateur Bruno Retailleau, qui prévoyait de sanctionner le piratage en ligne par une amende plutôt que par la coupure de l’accès à Internet, a été repoussé en séance cet après-midi à une large majorité, par 297 voix contre 15, lors de l’examen du projet de loi Création et Internet par le Sénat. L’UMP, les centristes, les radicaux et le PS ont voté contre d’une seule voix. Seul le PCF s’est abstenu. "La plupart des Français ont des abonnements groupés internet, téléphone et télévision ; il ne sera pas possible, partout, de couper seulement internet. Ne prévoir que la coupure comme sanction serait donc discriminatoire. L’existence de l’amende aurait aussi l’avantage de rendre inutile le fichier des contrevenants", avait notamment argumenté son rapporteur. "En instaurant des peines pécuniaires, on changerait de logique, a objecté la ministre de la Culture Christine Albanel  : le répressif l’emporterait sur le pédagogique." La commission des Affaires économiques du Sénat, à majorité UMP et saisie pour avis, avait adopté cet amendement mardi soir. Une initiative désapprouvée ensuite par le gouvernement, le groupe UMP et la commission des Affaires culturelles du Sénat.

Le SNEP est prêt à discuter des DRM mais prône encore l’interopérabilité

Le SNEP est prêt à discuter des DRM mais prône encore l’interopérabilité  –  29.10.2008

Le SNEP (syndicat national des éditeurs phonographiques) s’immisce dans le débat sur la loi "Internet et Création". Le syndicat vient de rappeler que "Il espère que ce texte pourra entrer en vigueur dès le début de l’année prochaine en intégrant les principales dispositions des accords de l’Elysée du 27 novembre 2007". Concernant la fin des DRM, comme nous l’annoncions, le SNEP campe sur ses positions et refuse une levée immédiate des verrous sur les fichiers vendus par les plates-formes légales. En revanche, le SNEP se dit prêt à discuter avec les plates-formes au sujet d’une levée des DRM, tout comme il réitère son voeu de voir apparaître des solutions "interopérables".

Le groupe UMP au Sénat désavoue la commission des Affaires économiques

Le groupe UMP au Sénat désavoue la commission des Affaires économiques  –  29.10.2008

La bataille autour du texte de loi "Intenet et Création" s’annonce homérique. Alors qu’un rapport préalable remis à la commission des affaires économiques du Sénat semait le trouble en préconisant de remplacer le dernier volet de la "riposte graduée" - celui autorisant une suspension de l’abonnement pour l’internaute fautif - par une simple amende, vidant alors de sa substance le projet de loi, le président du groupe UMP, Henri de Raincourt, vient se fendre d’un communiqué. Le député fait fi du rapport de la commission en expliquant que « dans le cadre d’une lutte efficace contre le piratage, nous préférons une solution pédagogique et juste vis-à-vis des abonnés plutôt que la seule logique de la répression ». Autrement dit, il n’est plus question d’une amende et c’est bien le texte du gouvernement que le groupe UMP votera - rappelons que l’UMP n’est pas majoritaire dans les rangs de la chambre haute. L’examen et le vote de la loi intervient ce soir à partir de 21H30.

Loi "Hadopi", retour à la case "Dadvsi"

Loi "Hadopi", retour à la case "Dadvsi"  –  29.10.2008

Le vote au Sénat de la loi "Création et Internet" s’annonçait comme une formalité pour le ministère de la Culture et de la Communication. Malheureusement pour Christine Albanel, la Commission des affaires économiques de la haute chambre s’est permise de réécrire l’une des dispositions phare du texte : la suspension de l’abonnement après deux récidives. La Commission a préféré la remplacer par une amende financière, de type procès verbal. Précisément ce qui avait été proposé trois ans plutôt lors du vote de la loi Dadvsi, puis qui avait été ensuite retoqué par le conseil constitutionnel. Le ministère de la rue de Valois va devoir donc ferrailler plus que prévu pour imposer sa vision d’une sanction contre les pirates.

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